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May-Rose Sauvignac

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Mer 14 Nov - 11:50

May-Rose Sauvignac

A la recherche de ses racines...

Nom ; Sauvignac
Prénom ; May-Rose, Tiana
Date de naissance ; 31.01.97 à New York
Orientation sexuelle ; Hétéro
Origine ; Américaine
Statut ; Célibataire
Métier ; Cavalière

▬ Caractère ; C'est difficile de décrire un caractère. C'est si complexe qu'on en oublie toujours un peu... Si je devais me résumés, j'oublierais de donner mes défauts... Mais il faut savoir être juste dans la vie non ?

En premier lieu, je dirais que je suis une fonceuse. Une compétitrice. Je n'aime pas perdre, c'est un fait. Je suis sans doute mauvaise joueuse en plus de cela ! J'ai des tendances à marmonner quand je perds un jeu ou une compétition. Mais j'ai dans l'esprit qu'il faut toujours se relever après une défaite. C'est ce que Pierre et Craig m'ont appris. Il faut toujours voir le côté positif des choses, surtout lors de la défaite. Chose qui n'est pas toujours simple, je vous l'accorde, mais qui est possible, dès lors que l'on prend du recul sur ce que l'on vient de vivre.

Il faut aussi savoir que j'accorde très peu et très mal ma confiance. Mes amis se comptent sur le doigt d'une seule main et ce n'est pas pour rien. J'ai cessé d'être timide, pour devenir même plutôt sociable, je peux me montrer sympathique, drôle, compatissante, et tout ce que vous voulez, mais dans une certaine limite et surtout, si j'en ai envie et si c'est sur du court terme. Les relations à long terme, amoureuse ou non, sont très difficiles pour moi. Non pas que je ne les conçois pas, mais déjà, je n'ai pas rencontré beaucoup de gens qui méritaient une longue route à mes côtés, et en plus, j'ai toujours peur de perdre la personne en question. Quand on s'attache à quelqu'un ou quelque chose, on fini toujours par le perdre. Un être vivant meurt, un objet se dégrade et s'use... Je ne veux pas subir de nouvelles pertes. Alors je ne m'attache pas. Le reste découle de cela !

Je suis plutôt fêtarde, c'est vrai. Mais je n'en fais pas tout un foin. Si un soir je ne sors pas, ma soirée ne sera pas gâchée pour autant. J'aime aussi mes moments de solitude. Se retrouver seule au coin d'un feu avec un bon livre et un café au lait fait parti de ces petits plaisirs qui ne se refusent pas et qu'il faut savoir savourer. Je n'ai jamais vraiment su profiter des petites choses de la vie et je suis bien décidé à m'y mettre !

Je suis un peu déprimée en ce moment, la remonté de la pente n'est pas toujours facile, mais la vie continue paraît-il, alors je poursuis la mienne. Malgré tout, cela ne m'empêche pas d'être un peu narcissique et de toujours profiter de mon image. Je sais que j'ai des tendances à attirer la gente masculine -et féminine- et je sais en profiter. Je ne me laisse pas abattre pour autant en somme ! Mais je ne suis pas hypocrite. Je déteste l'hypocrisie et le mensonge. On est ce que l'on est, pas besoin de se cacher derrière une histoire. On me reproche d'ailleurs d'être trop franche parfois. Je l'assume. Si les gens ne veulent pas entendre leurs quatre vérités, cela ne tient qu'à eux, ils n'ont qu'à pas tendre des perches...

Je ne me trouve pas très drôle. Dans le sens où je fais preuve de peu d'humour, bien que le comprenne très bien et le prenne très bien lorsque l'on m'en fait. Mais j'aime taquiner. Mais je n'aime pas trop que l'on me taquine...

Je ne suis pas très bon public. Je déteste les comédies romantiques et affectionne les drame et les comédies dramatiques. La musique aussi et les bonnes choses en général. Je déteste être malade également -qui aime ça d'un autre côté ? Je n'aime pas la pluie mais j'adore la neige. Le froid ne me fait rien, tant que c'est un froid sec. Par contre, je n'aime pas lorsqu'il fait trop chaud, je trouve que c'est étouffant. De ce fait, je n'aime pas trop l'été comme saison, et je me plais à l'hiver et aux mi-saisons.

Je crois avoir fait le tour... A moins que vous ne vouliez savoir autre chose ?

▬ Goûts ; Très classique : elle n'aime pas la mayonnaise et les artichauts mais autrement, rien d'extraordinaire. Elle aime écouter du jazz en lisant un bon roman (particulièrement s'il y a un peu de romance et d'aventure dedans).

▬ Phobies ; La peur de perdre encore une fois ses proches.

▬ Loisirs ; Elle en a peu mais... Elle aime bien faire des puzzles et des jeux d'énigme quand elle en a le temps et l'occasion.

▬ Quel genre d'endroit le fait rêver ? ; Une bibliothèque avec un grand feu de cheminée et du chocolat chaud à volonté

▬ Quel genre d'endroit lui hérisse le poil ? ; Les endroits où se déroulent des manifestations

▬ Où pourrait-il passer tout son temps libre ? ; Dans une bibliothèque

▬ Quel genre de personne lui correspond le plus ? ; Des personnes patientes et indulgentes, capable d'encaisser ses sautes d'humeur. Avec elle, mieux vaut ne pas se vexer trop vite. Elle n'est pas méchante en soit, mais certaines de ses répliques peuvent être tranchantes.

▬ Quand est-il le plus abordable ? ; Quand on prend le temps de la découvrir.

▬ Et le plus mal luné ? ; Souvent, bien que c'est en fait un moyen d'auto défense

▬ Sa couleur préférée ; Le fuschia

▬ Un porte bohneur ? ; Une croix qu'elle porte souvent au cou, en argent.

Taille ; 1.67 / Corpulence ; Normale à fine / Cheveux ; Brun / Yeux ; Noisette / Autres ; Piercing dans le nez

Histoire ; Tout le monde a une histoire. Personne ne peut le nier. Et chaque histoire, commence de la même façon. Pour tout le monde. Ne croyez pas que vous êtes différent. Au départ, nous sommes tous pareils. Des êtres fripés, rouge-rosé et criards à souhait. En somme, tout ce que je déteste. Ceux qui vous disent qu'ils se souviennent de leurs naissances sont des charlatans. Qui peut se souvenir d'un moment aussi lointain, confus et traumatisant ? Personne. C'est un moment que chaque être s'est empressé d'oublier, de reléguer au fond de sa mémoire pour ne plus jamais le revivre. C'est ce que j'ai fait aussi. Mais pour moi, contrairement à d'autres, personne n'a pu me raconter ce jour, plus tard. Lorsqu'on est grand, nos parents se complaisent à nous raconter le jour de notre naissance, en présence d'amis bien sûr. On sourit en hochant la tête sagement, comme si on partageait le même souvenir. Mais quand on a pas de parents pour nous raconter, comment sait-on ? On ignore... Et on ne pose pas de question...

New York est une ville splendide. Si on sait y vivre convenablement. J'ai apprit cela lorsque j'ai eu treize ans. Mais avant d'en arriver là et de pouvoir contempler Central Park depuis la fenêtre de ma chambre, j'ai fait un morceau de chemin. La plupart des gens gardent peu de souvenirs de leur jeune enfance. Entre zéro et cinq ans, les choses sont futiles, encore banales. Puis on entre à l'école. La maternelle nous laisse quelques souvenirs, et le primaire encore plus. Mais peu à peu, les souvenirs s'estompent. Mais vous remarquerez que les gens qui ont eu une enfance troublée retiennent bien mieux leurs jeunes années. Ils les gardent dans un tiroir secret, pour les ressortir plus tard, et s'en servir. C'est ce qu'on appelle l'expérience. Elle est plus ou moins difficile a acquérir, plus ou moins longue à acquérir. Mais chacun l'acquiert. A différents degrés bien sûr. Mais tous les êtres humains ont une "expérience de la vie". Je peux vous raconter la mienne. Mais elle serait trop longue dans le détail. Alors je vais seulement vous faire un résumé des faits, se sera plus simple.

Quelques heures après ma naissance, j'ai été déposée sous le porche d'une église. Née d'une mère anonyme et d'un père encore plus qu'anonyme. J'ai été recueillit par le prêtre de la paroisse et sa femme. Des gens sympathiques en tout point de vue d'ailleurs. Ils voulaient me garder à la base. Mais les services sociaux n'ont pas voulu. Ils ont seulement eu le droit de me garder durant les premiers mois de ma vie. Jusqu'à ce que je puisse manger "seule", autre que du lait en poudre en somme. Puis j'ai été intégrée dans un orphelinat peu avant mes trois ans. J'étais une gamine effacée et discrète. Mais comment être autrement ? Les prémices de l'éducation que j'avais reçu avec le prêtre ne laissait guère de place aux enfantillages, même s'ils étaient très tendres. De plus, un enfant aussi jeune séparé de ce qu'il considère comme ses seuls parents, c'est une traumatisme. Un enfant normal réagit comme moi, il s'enferme dans une bulle et commence à construire une carapace. Il se fait discret, obéissant, et surtout, il s'attend au pire. Il ne s'attache pas, car il a peur qu'on le déplace encore. Il attend. Infiniment...

La vie à l'orphelinat m'a laissé peu de souvenirs. Surtout au début. Je ne connaissais personne, je m'ennuyais à mourir et j'avais peur constamment. C'est une période de ma vie que j'ai sans doute préféré oublier, pour ne pas en garder les stigmates plus tard. J'ai été rapidement adoptée. J'avais à peu près comprit le principe. Surtout dans ses grandes lignes : "soit sage, et une famille te prendra avec elle". Je suivais ce conseil, même si je ne comprenais pas vraiment en quoi cela consistait. Je ne connaissais pas encore le concept de "famille". Je n'en avais jamais eu et je n'osais pas demander d'explications à qui que se soit. De peur de me faire rejeter. Cette peur me poursuivi longtemps d'ailleurs. Et encore maintenant, je n'aime pas être rejetée et mal aimée. J'aime être adulée, éblouir. Le commun de beaucoup d'enfants dans mon cas. Être aimé pour donner la garantie de ne pas être abandonné, une fois de plus...

Mais un jour, peu après que je fête mon troisième anniversaire, une famille se présenta à l'orphelinat. Je ne les avais encore jamais vu. Mais je savais qu'ils étaient différents des autres parents. Je les trouvais très beaux et tout de suite, je fus attiré par leurs sourires et leurs manières. Mais surtout, par le petit garçon qui les accompagnait. Il était brun, deux yeux vert que je ne pouvais lâcher du regard tant ils ressortaient sur sa peau métis et des traits angéliques. Je ne m'en rendais pas véritablement compte, à mon âge, mais ces gens là m'impressionnaient. Le père, un homme grand, d'une grande prestance, s'était approché de moi. Lui aussi était brun avec les yeux clairs, d'un bleu-vert un peu translucide, comme les eaux turquoises de certaines mers et la peau caramel. Il s'était accroupi devant moi et m'avait sourit. Je serrais contre moi un ours en peluche qui me quittait rarement. Il m'avait tendu la main pour me dire bonjour. Je la lui avais serrée mollement, comme on me l'avait apprit, mais aucun son n'était sorti de ma bouche. Près d'un an plus tard, j'emménageais avec eux, dans un somptueux appartement donnant sur Central Park, au coeur de la grande pomme...

J'avais donc un grand frère, Craig, lui aussi adopté. Il avait deux ans de plus que moi. J'étais très attirée par lui mais aussi très timide. J'avais encore peur de changer de maison, après avoir eu peur qu'ils ne tiennent pas leurs promesses et qu'ils ne reviennent pas me chercher. Mais ils étaient revenus. La mère, Carrie, était une jeune femme splendide. Elle avait rencontrée son époux, Pierre Sauvignac, lors d'un dîner de charité. Ils s'étaient fiancés peu de temps après et avaient officialisés par le mariage. Pierre avait une florissante entreprise de cosmétique, qui avait une renommée internationale et sa femme était sa plus proche partenaire. Ils travaillaient ensemble depuis leur rencontre. Chacun actionnaire de la société, chacun ayant son domaine de juridiction. Carrie se prêtait même au jeu de la photo quand celles des mannequins n'étaient pas satisfaisantes. Il fallait avouer que c'était une très belle femme, très douce et d'une gentillesse envers ses enfants exceptionnelle. Mais c'est avec une main de fer qu'elle dirigeait la société avec son mari.

Le jeune couple avait rapidement eu envie d'avoir un enfant, mais Carrie s'était avérée stérile. Son mari avait refusé de lui faire subir un quelconque traitement long et fastidieux et aucune opération chirurgicale. Il lui avait proposé d'adopter. Carrie avait longtemps hésité. Elle se voyait mal avec dans les bras un bambin venu de l'autre bout du monde. Elle se refusait à adopter dans un autre pays, même si les démarches étaient plus faciles et que pour les gens "de la haute" comme eux, c'était à la mode. Pierre avait été complètement d'accord avec elle et ils avaient écumés les orphelinats de la ville à la recherche d'enfants qui leur conviendrait. Ils avaient entamé toutes les démarches possible et s'étaient même proposés comme famille d'accueil au début. Mais les pontes de la ville étant dans leur petits papiers, ils n'avaient pas de problèmes concernant l'acceptation de leurs dossiers -mais Carrie mettait toujours un point d'honneur à ce que les choses soient bien faites.

Après un an de recherche, sans trouver d'enfant qui leur plaisait, le destin leur servie Craig. Le jeune garçon avait un an à ce moment là. Il était l'enfant d'un couple de leurs amis proches, tragiquement décédés dans un accident de voiture. Le testament des parents stipulait que le garçonnet revienne aux Sauvignac. Sans prendre cela comme un fardeau ou un coup du sort, ils avaient accueillit l'enfant comme si c'était le leur. Et quelques années après, il leur paru normal d'adopter l'enfant. Cependant, par respect, il lui laissèrent son nom de famille originel, en plus du leur. Cinq années s'écoulèrent avant que Carrie n'ai envie d'avoir un autre enfant. Ils reprirent donc leurs recherchent. C'est comme ça qu'ils sont tombés sur moi, quelques mois plus tard.

Pierre et Carrie voulaient construire une famille unie. Et c'est dans cette optique qu'ils élevèrent leurs deux enfants. Ils avaient engagés une nounou, car ils étaient souvent en déplacement, mais elle inculquait à Craig et moi-même les même valeurs que nos parents. Je suis entrée dans une école privée pour fille, alors que Craig était dans la partie "garçon" de l'établissement. Il ne manquait jamais de m'aider pour mes devoirs et venait me chercher à la sortie de l'école, accompagné de notre voiturier. Il était devenu un protecteur pour moi. Un ami sur qui compter avant d'être véritablement un frère. C'est grâce à lui que je pu croire en cette nouvelle vie, et que j'arrêtais de craindre pour mon avenir...

Mes premières années avec les Sauvignac ne furent pas toute rose bien sûr. Il y a toujours des hauts et des bas dans une communauté. Mais dans l'ensemble, la vie était facile. Nous étions bien traités, aimés et "sages". C'est à mes sept ans que je commençais l'équitation. Craig m'avait aidé à choisir un sport dans le panel que m'avait présenté Carrie. Elle tenait à ce que nous ayons deux activités extra-scolaire, pour développer notre carnet d'adresse et nos compétences. J'avais choisi de faire du cheval -malgré les grimaces de Pierre- et du piano. Craig lui était parti sur de la guitare et du football américain. J'aimais beaucoup le cheval et c'est avec plaisir que je montais. J'appris à me lâcher un peu plus et sortir de ma coquille. Mais j'avais tellement l'habitude de me faire marcher dessus que je n'osais pas trop. Mais à cheval, il fallait savoir s'imposer et c'est ce que je devais faire. Encouragée par Craig, je commençais à développer un grand sens de la compétition. Je commençais les concours poney avec les équidés du club où je montais et je découvrais vite que la victoire était un délicieux sentiment. Surtout, il me propulsait au dessus du monde, au dessus de tous et m'amenait dans des sphères que je ne connaissais pas encore. C'est à peu près à ce moment là que les gens avaient commencé à me regarder autrement. J'étais une petite fille mignonne, mais je commençais à devenir une adolescente plus que mignonne. Je n'avais pas encore conscience du pouvoir que je pouvais avoir. De l'attrait que je pouvais exercer, et de la jalousie que je pouvais faire naître. Je l'appris un peu plus tard, pour ne plus jamais l'oublier...

Peu après mon treizième anniversaire, Pierre me proposa de me faire participer à un casting photo pour son entreprise. Il avait eu l'accord de Carrie, qui était plus que fière que sa fille -toute adoptive soit elle- suive ses traces dans le monde du mannequinat. Pierre et Carrie portait un culte au corps et à la beauté qui m'était devenu familier. Chacun faisait attention à ce qu'il portait et à l'image qu'il renvoyait. Et même si Carrie refusait que je ne me maquille avant mes quinze ans, elle faisait toujours attention à ce que je portais. Et moi aussi par la même occasion. Craig n'échappait pas à la règle. D'ailleurs, plus il grandissait et plus il devenait un jeune homme désirable pour les filles de son âge. Mais lui avant moi avait prit conscience du potentiel de son corps et avait déjà apprit à s'en servir, même s'il avait encore du chemin à faire.

La relation que nous entretenions allait au delà de la relation de simple frère et sœur, sans pour autant que cela n'aille trop loin. Du moins, nous étions trop jeunes encore pour penser à quoi que se soit d'autres que nos jeux et nos enseignements. Ceci dit, il avait bien comprit lui et était d'accord avec nos parents. J'entamais donc une carrière dans le monde du mannequinat, et posais rapidement pour des marques enfantines et adolescentes. Le début d'une grande histoire... Le monde de la mode est cruel, mais je le devenais tout autant...

Plus jeune, je me faisais tout le temps marcher dessus. J'étais timide, effacée, et il était "facile" de faire ce que l'on voulait de moi. Grâce à Craig, et au fil du temps, j'ai prit de l'assurance. De la confiance en moi. Voir mon image partout dans New York, recevoir les compliments des autres, et voir des têtes qui m'avais asservies venir à moi, juste pour ma toute nouvelle notoriété m'amusais beaucoup.

Je n'avais pas beaucoup d'amies. Je trouvais les filles de mon école très hypocrites et trop sûres d'elles. Elles étaient les reines du collègues et deviendraient les reines du lycée. Se dandinant dans leurs somptueuses robes de bal de fin d'année. Elles me révulsais, toutes autant qu'elles étaient. Pas une ne rattrapait l'autre. Vivre en permanence avec des filles peut vous retourner l'esprit. J'avais résisté jusque là sans trop de mal. J'avais le soutien de Craig. J'étais mignonne, je le savais, mais je ne prenais pas grand soin de moi. Je ne me mettais pas autant en valeur qu'elles, bien que Carrie fasse très attention à mes tenues. Je n'attirais donc pas plus le regard que cela. Je restais penchée dans mes bouquins la plupart du temps et j'avais gagnée par là même cette réputation "d'intello" que l'on donne aux gens comme moi ; un peu à l'écart et souvent à la bibliothèque.

Heureusement, j'avais des "bols d'air". Craig d'abord, permanent puits de réconfort pour moi, et l'équitation. Je découvrais là un monde un peu plus simple et moins éprit pour le paraître. J'avais quelques amies et amis cavaliers, mais nous ne nous rencontrions jamais en dehors des séances d'équitation, deux fois par semaine. Cette situation m'attristais, mais j'avais encore plus de plaisir à les revoir semaines après semaines et mois après mois. Ils étaient un réconfort pour moi et une thérapie par le rire. Bien sûr, nous étions tous de grands compétiteurs et les taquineries allaient bon train. Mais l'ambiance était bonne et enfantine. J'aimais cela.

A partir du moment où j'ai commencé à prendre un peu de notoriété donc, le regard des autres sur moi à changé. Au début, on me regardait drôlement. On me comparait. On se demandait où est-ce que l'on m'avait vu. Puis les photos se sont enchaînées et le rapport se faisait de plus en plus vite. De plus, je grandissais et commençais à me mettre plus en valeur. J'appris l'art du maquillage et en usais tout ce que je pouvais, sans en abuser. Et je commençais à jouer. Ou plutôt, à me venger...

C'est aussi à ce moment là, aux alentours de mes quinze ans, que j'ai commencé à m'intéresser aux garçons. Je regardais les copains de Craig, parce qu'ils étaient souvent fourrés à la maison et qu'ils étaient beaux. Des jeunes hommes de dix-sept ans tous issus de bonnes familles et faisant parti de l'équipe de football américain, j'aurais eu tord de m'en priver. Mais cette situation ne plaisait pas beaucoup à Craig. Pour ce qui est de l'avis de nos parents, ils n'en avaient pas vraiment, ils n'étaient pas très souvent à la maison. Nous n'avions plus de nounou mais une femme à tout faire qui s'occupait surtout de la maison. Nous étions assez grands pour nous "garder tout seul"...

Je suis sorti avec un des copains de Craig. Un certain Damian. Un brun ténébreux au regard sombre. Nous ne faisions que flirter. Je rendais jalouse la bande de filles qui était mes "amies" et c'est ce qui me faisait le plus plaisir dans cette histoire. J'avais enfin ma revanche ! Je ne les enviais plus ! C'est de ma situation qu'elles avaient envie, de ma vie ! C'était un réel plaisir que je savourais à chaque instant. J'étais devenue une peste, sans cœur, certes, mais je jouissais d'une liberté et d'une autorité qui ne me lâchais plus et que j'appréciais plus que tout. J'avais cette reconnaissance que je n'avais jamais eu, et c'est un sentiment qui me plaisait plus que tout autre.

Mon histoire avec Damian n'a pas duré longtemps. Il était plus vieux que moi et nous n'avions pas les même attentes de cette relation. Il ne voulait qu'une partie de jambes en l'air, j'étais effrayée par une telle chose. Malgré toute la confiance en moi accumulée et l'autorité qui transpirait de moi, je n'en restait pas moins une petite fille, trop vite grande pour son âge. Ainsi, certaines situations m'inspirais terreur et mal être. Mais je faisais en sorte de les éviter. Je me confiais à Craig, et il faisait de même. Ou presque. Je savais qu'il y avait des choses qu'il ne me disait pas. Il disait que c'était pour mon bien. J'étais malade qu'il me cache quelque chose. J'en crevais de jalousie intérieurement. Mais lui aussi était jaloux. Jaloux de ne pas pouvoir m'avoir pour lui seul, d'être obligé de partager avec d'autres...

J'ai perdue ma virginité à seize ans. Lors d'une soirée en commun entre l'établissement de Craig et le mien. Le garçon en question ne compte pas vraiment. C'est ce qu'il s'est passé qui compte. Et ça c'est mal passé. On se fait tout un film de notre première fois. En se dis que se sera magique, qu'on sera bien... Heureusement, c'est le cas pour certains. Mais ce ne fut pas le cas pour moi. Je n'ai pas été maltraitée ni violée. Jamais dans ma vie. Mais sur cette soirée, je ne sais pas si j'étais véritablement consentante ou pas tout à fait. J'ai peu de souvenirs. J'avais ingurgité une quantité d'alcool que j'atteignais rarement en ce temps là et je n'avais plus toutes les idées bien en place dans la tête. Je l'ai suivi sur un coup de tête, sans trop savoir où on allait et ce qu'on allait faire, même si j'avais une petite idée sur la question. Ce dont je me souviens, c'est la rudesse de ses coups de reins, et mes larmes sur les épaules de Craig jusqu'à la fin de la nuit. Je n'ai jamais plus revu cet homme.

La fin de mes études ont été plus calmes que leurs débuts. J'avais fait quelques expériences désastreuses, mais je m'en étais relevé à chaque fois. A chaque fois plus forte. L'équitation était toujours mon bol d'oxygène, même si je n'y allais plus qu'une fois par semaine, et Craig était toujours là. Il était entrée dans une université de la ville alors que je terminais mes années de lycée. Je le voyais un peu moins souvent qu'avant -il passait pas mal de temps sur le campus- mais cela me suffisait. J'étais toujours autant occupé qu'avant, avec un emploi du temps presque trop chargé et je ne me rendais pas compte de ce qu'il devenait. Jusqu'à ce que je fasse à mon tour mes premiers pas à l'université...

Après avoir décroché mon Bac, je prenais le même chemin que Craig. Il avait redoublé sa première année d'étude et quand je suis entrée en L1 de commerce, il était en L2 de droit. D'un commun accord, nous avions tous les deux prit une chambre sur le campus et c'est non sans une certaine horreur que je découvrais la nouvelle vie de mon frère...

Nous étions très proches. Nous nous aimions plus qu'il ne le fallait. C'était malsain pour la plupart des gens, c'était banal voir même vital pour nous. Nous nous comprenions. Nous avions vécu presque les même choses. Nous étions soudés, comme de véritables âmes-sœurs. Sauf que la fac avait changé Craig. Il n'était plus le même. Il passait son temps dans le lit de filles qu'il connaissait à peine et avait commencé à fumer des produits plus qu'illicites. Mais il poursuivait sa route, et surtout, il prenait très à cœur son rôle de grand frère. De protecteur. Pas un de mes petits amis ne passaient pas un quart d'heure en tête à tête avec lui. Ils en ressortaient pâles et craignaient mon frère mais ils restaient quand même. Je m'amusais de cela. C'était une situation qui me plaisait. Il avait certes un certain contrôle sur ma vie amoureuse, mais il me préservais des pires déboires. Il me préservait aussi de tout ce que lui avait fait comme erreurs. Il me tenait loin de cette drogue qui le transformait. Il jouait son rôle. Mais ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il prenait aussi de la distance avec moi, sans vraiment le savoir...

Tout le monde connaît le deuil au moins une fois dans sa vie. Les premières expériences à ce sujet commencent par la perte de son animal de compagnie en général. Un lapin, un hamster, un chat ou un chien... Un poisson rouge même.

Le deuil est un sentiment que je ne connaissais pas jusque là. Je n'étais pas pressé de le "rencontrer". J'avais toujours peur que les gens ne m'abandonnent, même si j'avais trouvé ma place dans une famille, dans une société. J'étais faite de faux semblant et d'une certaine hypocrisie, j'exécrais pas mal de monde, je faisais envie à beaucoup d'autres et certains m'aimaient pour ce que j'étais. Mais malgré cela, j'avais peur. Une peur sourde, permanente. Peur que tout cela s'achève. Peur que le monde bascule et que je sois de nouveau seule. Je détestais être seule. Je ne voulais que personne ne m'abandonne. Et celui qui l'a fait le premier, était celui que j'aimais le plus parmi tous les hommes...

Craig est décédé un soir de janvier, juste après les examens de premier semestre. Il avait fait la fête et j'avais rejoint son groupe peu de temps avant avec mon petit copain du moment -qui n'était presque jamais le même d'un mois sur l'autre. J'avais trouvé Craig étrange. Il n'était pas le même que d'habitude. Et pour cause. Il avait trop bu, trop fumé, trop sniffé et s'était trop piqué. Un cocktail aussi mortel que la chute de quatre étage qu'il a faite ce soir là. De toute façon, quoi qu'il ai fait, il serait mort dans la nuit.

Cette perte à été la chose la plus terrible que je n'ai jamais vécue de toute ma vie. Je me suis rendu compte à ce moment là que je l'aimais, plus qu'un frère. Que je l'aimais comme il m'aimait. Depuis le premier échange de regard on s'est aimé. Et jusqu'à mon dernier souffle de vie je l'aimerais...

J'ai peu de souvenir de cette année là. J'ai fait une dépression. J'ai arrêté la fac, et je restais cloîtré chez moi. La seule chose qui me donnais encore envie de sortir de mes couettes était le cheval. Je passais le plus clair de mon temps entre ma chambre et le club où je montais. Je montais à cheval seule, et j'avais arrêté les concours, n'ayant plus aucun goût pour rien. Je stoppais aussi la photo et me laissais aller sans ne plus faire attention à ce que je devenais. La situation à duré un an. Carrie aussi était en dépression. Mais elle avait accepté de faire une thérapie. Ce que je refusais catégoriquement. Pierre avait accepté, à la condition que je continu le cheval. Lui avait bien vu que c'était la seule chose qui me réconfortais. Je lui en serais éternellement reconnaissante.

Un an et demi après, lorsque la saison des réinscription est arrivée, Pierre m'a demandé ce que je voulais faire. J'allais mieux, il fallait que je reparte selon lui. Que je recommence une vie. Nous avions longtemps discuté ce soir là. Carrie n'était pas là. Il nous avait ouvert une bouteille de vin rouge, avait ressorti de vieux albums photos et avait commandé un repas chez le traiteur du coin -mon préféré. Je ne le voyais pas beaucoup, je me confiais très peu à lui, mais je savais que je pouvais compter sur cet homme comme je comptais sur Craig. Et encore une fois, il me le prouvait.

Il m'avait proposé diverses fac, mais je les avait toute refusée. Je ne voulais pas remettre les pieds sur un campus, revivre ce que j'avais vécu. Sans Craig, se ne serait pas possible. J'avais besoin d'autre chose. Et c'est Pierre qui l'avait comprit, bien avant que moi je ne m'en rende compte. Nous avons discuté toute la nuit et au petit matin, il m'a donné un dossier en me disant que c'était mes racines. Que si je voulais avancé, retrouvé celle que j'étais, il fallait que je les rencontre. C'était ma famille biologique. Malheureusement, il n'avait pas pu retrouver la trace de tout le monde. Seulement celle de mon père, décédé bien des années plus tôt, et de mon demi-frère. Demi-frère qui faisait parti d'une académie équestre nomade... J'ai réfléchi longuement, lisant et relisant le dossier de ce demi frère inconnu, cherchant à savoir si c'était vraiment ce que je voulais, retrouver mes racines... Et j'ai finalement choisi de tenter le coup et d'aller à la rencontre de ce frère inconnu. Tourner une page de ma vie et en reconstruire une nouvelle...

▬ Le petit mot de son créateur ; May est un personnage complexe, qui ne restera sans doute pas toute sa vie au Haras. Mais pour l'instant elle est au coeur d'une intrigue particulière et restera parmi les personnages principaux !


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