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Chasse à l'homme VI

 :: Les Chapitres :: Chapitre 7 :: Hors-série Izikel
Mar 13 Nov - 15:13

Hors série

Izikel

Chasse à l'homme VI ;

Walig — Liam ?
Liam — Je t'entends mal mais ça va... Il y a un problème ?
Walig — Oui... Je ne vais pas pouvoir rentrer tout de suite. J'emmène les chevaux avec moi pour quelques temps.
Liam — Tu quitte le Montana ?
Walig — Oui.
Liam — Et tu vas où ?
Walig — Je ne peux pas te le dire.
Liam — Bon... Fais attention à toi.
Walig — Ne t'inquiète pas.
Liam — La maison est vendue ?
Walig — Oui, un fermier m'en a proposé un bon prix.
Liam — Et tu gardes le champagne alors ?
Walig — Pour l'instant oui.
Liam — C'est une bonne nouvelle...
Walig — Merci. Passes le bonjour à tout le monde pour moi !
Liam — Je n'y manquerais pas ! Reviens nous vite quand même...



Le désert qui s'étendait à perte de vue. Les montagnes se détachant dans le lointain, un ciel bleu, sans aucun nuages, un air pur, mais malgré le manque d'humidité, frais. Le désert d'Acatama au Chili est réputé le plus aride au monde. Il y pleut moins d'un millimètre par an... Mais lorsqu'il pleut, le désert entier se couvre de fleurs colorés, qui n'attendaient que quelques goûtes d'eau pour sortir du sable brun. Malgré qu'il soit sec, il n'est pas chaud, la température moyenne à l'année oscillant entre seize et vingt degrés. Autant dire que c'était pratiquement l'endroit idéal pour ceux qui aimait le soleil sans la chaleur excessive... Des plaques d'eau stagnaient en altitude, laissant des dépôts blanc sur le sable. Des observatoires et des mines parsemaient son paysage. Il n'y avait pas grand chose d'autre à part les trois cent mille habitants se partageant trois ou quatre villes disséminés près de la côte. Ils étaient arrivé par l'aéroport d'Antofagasta, Andrès Sabella Galvèz, et avaient ensuite prit en ligne droite vers l'est, à travers le désert, à cheval. Ils cherchaient à rejoindre Toconao, une petite ville pittoresque planté au milieu d'une oasis, au pied des montagnes.

Naïg était perché sur Rise, le quarter horse champagne, dont Izikel avait fait le débourrage en accéléré. Heureusement, le champagne n'était pas difficile et s'était laissé posé une selle sur le dos sans rechigné. Quand le jeune homme avait posé ses fesses dans la selle, le jeune étalon avait tourné la tête pour lui sentir les pieds, avant de soupirer. Il avait eu un peu de mal à se mouvoir au début mais le poids plume de Naïg ne semblait pas le gêner. Le jeune éthologue n'avait pas eu le coeur de lui mettre un mors dans la bouche, il était donc en licol en corde, celui-là même qu'il lui avait fabriqué en arrivant dans le Montana. Quand à lui, il était sur le dos d'Insane, le nouvel ibérique de Liam. Il passait plus de temps à marcher à côté de lui que sur son dos, l'étalon étant complètement démusclé, il voulait l'épargné, mais lui aussi se montrait plutôt calme.

L'air frais du désert rendait la traversée agréable. La terre presque plate et rocailleuse n'était pas trop difficile à appréhender. Ils mirent tout de même une vingtaine d'heure à traversé, s'arrêtant seulement quelques instant pour manger quelque chose de plus consistant que des barres de céréales et donner une ration de grain aux chevaux. L'inquiétude et l'adrénaline gardaient Izikel éveillé et plus remonté que jamais. Naïg avait commencé à sentir le poids de la fatigue et du stress peser sur ses paupières quand le soleil avait disparu à l'horizon. De toute leur journée de marche, ils n'avaient croisé aucune âme qui vive hormis quelques animaux sauvages, de petite taille. Les chevaux marchaient sans broncher, se montrant plus brave et courageux que le jeune éthologue ne l'aurait imaginé. Ils était en vu du village, à une demi heure encore environ, quand la voix de Naïg flotta dans l'air, à peine plus forte qu'un murmure. Ils marchaient côte à côte, Izikel à pied, comme la majeure parti de son voyage.

Naïg — Izikel... Pourquoi tu... viens à notre secours ?

Le jeune homme ne répondit pas immédiatement. Il était surpris de l'entendre et au départ, il s'était même demandé si ce n'était pas une hallucination auditive. Il tourna son regard gris vers elle, et comme elle le fixait, il fut certain que cela venait d'elle. C'était pratiquement les premiers mots qu'elle prononçait depuis une dizaine d'heures. Il inspira profondément et pris quelques secondes pour bien choisir ses mots.

Walig — Et bien... Ta grande sœur a toujours été là pour moi, quand j'en ai eu besoin. Alors c'est à mon tour d'être là pour elle.

Il fixa de nouveau le village, droit devant lui. Il était plus de minuit et les lumières filtrant des maisons s'éteignaient peu à peu. Mais il en restait une dont le seuil restait baigné de lumière, phare dans leur nuit fraîche.

Naïg — Merci...

Il croisa son regard et lui adressa un fin sourire. Elle ne dit plus rien jusqu'à ce qu'ils atteignent la maison. Elle se laissa mollement tomber par terre alors que sa grande soeur se précipitait sur elle sans un mot, se contentant de l'étreindre. Elles restèrent là, à genoux dans la poussière, pleurant en silence sur l'épaule l'une de l'autre. Pierce apparu sur le seuil et échangea un regard triste avec l'éthologue. Tout deux savaient très bien que la suite des événements ne serait pas bien joyeuse. Izikel mena les chevaux à l'arrière de la maison, dans un petit abri et s'occupa d'eux, avec application. Quand il franchit enfin la porte de la maison, seul Pierce se trouvait dans le salon, assit dans un fauteuil, devant un feu de cheminée mourant. Il était endormi. Quelqu'un avait laissé une couverture sur le canapé. Avec un soupir, il se blotti dedans et se laissa emporter par ses divagations. Il savait qu'il ne pourrait pas s'endormir, pas dans l'état d'alerte dans lequel il était. Mais il s'efforça de se détendre pour se reposer un peu. Et une bonne heure plus tard, le sommeil l'emporta enfin...



Lorsque le jeune homme ouvrit les yeux le lendemain matin, il était seul dans le salon. Au dehors, le soleil commençait à peine à se lever. Il n'avait dormi que quelques heures et la longue journée de marche qu'il avait eu se rappelait douloureusement à lui. Avec un soupir las il s'assit sur le canapé qui lui servait de lit et s'étira avec précautions. Les coudes sur les genoux, il se frotta la tête de ses mains avant d'observer calmement ce qui l'entourait, le menton dans les paumes de ses mains. La petite maison en pierre avait des murs épais, recouvert d'une sorte de crépis blanc, le même autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Les fenêtres n'étaient pas grande et pourvu de volets en bois intérieurs. Une cuisine rustique occupait tout un angle, à côté de la porte d'entrée. Une table en bois, de belle essence, prenait place dans la suite de la cuisine. En miroir, en face, il y avait la cheminée, dont les cendres étaient désormais froides, deux fauteuils de cuir style club, trônant face à la cheminée, sur un tapis moelleux, puis une table basse de la même essence sombre que la table de salle à manger et enfin, le canapé dans lequel il était, assorti aux fauteuils. Un buffet en bois habillait le mur de l'autre côté de la cheminée, un vase empli de morceaux de bois flotté distillant des senteurs forestières était sa seule décoration. Au fond, un escalier se trouvait au centre du mur, faisant face à la porte d'entrée, était entouré de deux portes en bois. Il n'y avait aucune décoration, et le tout était d'une propreté sans pareille. Le sol en tomette rouge portait quelques traces de pas, mais rien de plus. La maison était silencieuse, sombre dans ce petit matin. Le plafond en bois nu, strié de poutres, renforçait cette impression.

Rien, si ce n'est le bruit des chevaux au dehors, ne venait troubler le silence de la pièce. Pas même le ronronnement d'un appareil ménager. Pourtant il y avait bien un frigo, mais il restait silencieux. Un ordinateur gris métallisé, posé sur la table basse attira son attention. Mais il se retint de tendre le bras ; il n'avait pas envie d'avoir des nouvelles du monde, pas avant que tout cela ne soit terminé. Un frisson le parcouru. La fraîcheur matinale n'était pas qu'une illusion. Il se leva, perclus de douleur, et serra les dents pour en faire fi. Avec des gestes lents, en essayant de faire le moins de bruit possible, il vida la cheminée de ses cendres et fit un nouveau feu. Une chaleur douce irradia rapidement du brasier, l'enveloppant d'un sentiment de sécurité bienvenue. Il sorti, pour aller voir les chevaux. Tout deux étaient affairé à manger une balle de foin et ils avaient encore de l'eau. Ils levèrent vers lui leurs têtes gloutonnes avant de replonger le nez dans leur foin. Il ne les sollicita pas et retourna dans la chaleur de la maison.

Il y faisait un peu plus clair, mais le silence était toujours de mise. Un regard sur l'écran de son téléphone lui apprit qu'il n'était pas encore six heures. Dans cette parti du monde, le soleil se lèverait vraiment dans une grosse heure, pour l'instant, il ne faisait qu'éclaircir le ciel sans nuage. Le jeune homme avait dormi quelques heures à peine, mais il savait que le sommeil ne le cueillerait pas de nouveau. Pas avant le soir en tout cas. Il soupira donc et se laissa tomber mollement sur un fauteuil face à la cheminée, contemplant l'âtre sans réellement la voir. Son tour du monde l'avait finalement conduit ici, pour Moïra. Jamais il n'avait imaginé, une fois Pierce mit en sécurité, qu'il ne pourrait pas rentrer au Haras dans l'immédiat. Mais surtout, qu'il y aurait encore un peu d'action dans cette aventure. La douleur physique, le pression psychologique qu'il avait subit durant ce voyage commençaient à être un mauvais souvenir quand un coup du sort l'avait remit sur les rails. Le destin ne voulait-il donc pas qu'il se repose enfin ? Certes, il en avait assez de toutes ces aventures improbables, des cauchemars qui hantaient ses nuits, des fantômes de ceux à qui il avait ôté la vie... Mais il ne pouvait pas abandonner Moïra. Pas après tout ce qu'elle avait fait pour eux. Pas après tout ce qu'elle avait fait pour lui... La tueuse à gage était un membre à part entière de leur équipe, même s'ils ne la voyaient pratiquement jamais. Elle était toujours là pour eux, alors pourquoi lui ne le serait pas pour elle ? Il ne s'imaginait pas l'abandonner ici...

Perdu dans ses pensées, il ne vit pas la jeune femme s'approcher silencieusement de lui. Elle portait un pull noir près de corps, troué, sous lequel on voyait la bande blanche d'un pansement. Un jean noir, près du corps lui aussi, habillait ses jambes. Elle était en chaussettes, s'entourant de ses bras, ses cheveux bruns en bataille. Sans un mot elle prit place sur les genoux du garçon et se blotti contre lui. L'irlandais l'entoura de ses bras et posa ses lèvres sur son crâne. Peu à peu, les tremblements de la jeune femme cessèrent et elle fini par se détendre dans les bras de l'éthologue. Ils n'échangèrent pas un mot ; ils n'en avaient pas besoin pour se comprendre. Elle parlerait quand elle en éprouverait le besoin.

Il restèrent ainsi durant une bonne heure. Le soleil eut le temps de se lever et inondé la pièce de lumière. Pierce se leva quelques minutes après le lever de soleil et le charme de leur étreinte fut rompu. Moïra se dégagea doucement de lui, déposant un baiser sur sa joue et lui adressant un sourire empli de gratitude et disparu dans la pièce de droite, qu'Izikel comprit être une salle de bain. Pierce était sorti de celle de gauche, sa chambre et Moïra était venu de l'étage. Le plan de la maison commençait à se former dans son esprit, mais ce n'était pas ce qui comptait. Il se leva, s'étirant doucement et serra la main de Pierce qui se dirigeait déjà vers la cuisine.

Pierce — Je ne pensais pas que l'on se verrait aussi vite.
Walig — Moi non plus...
Pierce — Mais je suis heureux que tu sois là.
Walig — Merci...

Pendant qu'il parlait, le vieil homme sortit une vieille cafetière italienne d'un placard et la rempli d'eau. Il versa ensuite du café, qu'il tassa avec attention avant de mettre le tout sur le feu.

Pierce — Tu veux bien aller chercher le pain ? La voisine a dû le déposer dans la boite aux lettres déjà.
Walig — Ok j'y vais.

Ils échangèrent un sourire et le jeune homme sorti d'un pas vif. L'air extérieur s'était un peu réchauffer et il y avait un peu d'activité au dehors. Des travailleurs partaient aux mines ou rejoignaient des échoppes d'un pas lent, discutant entre eux. Une grosse boîte en bois blanche plantée sur un poteau se tenait à quelques mètres de la maison. Quand le jeune homme l'ouvrit, il découvrit un gros pain rond, enveloppé dans un torchon bleu. Il était encore chaud au touché, certainement frais du jour. L'éthologue emporta le tout et découvrit à l'intérieur que Moïra était de retour, les cheveux un peu plus coiffé, le teint plus frais. Elle aidait Pierce à dressé la table du petit déjeuner. Quand le jeune homme entra, elle croisa son regard.

Moïra — Avant que l'on prépare quoi que se soit, il faut que tu prévois le rapatriement des chevaux au Haras. J'ai eu Kwaï au téléphone hier pendant votre trajet.

La nouvelle le surprit un peu, mais il ne sourcilla pas. Il déposa le pain sur la table et attrapa le couteau que lui tendait Pierce.

Walig — Ok, pas de soucis.

Ce ne serait pas une mince affaire mais il ne semblait pas avoir le choix. En attendant, ils s'attablèrent à la table du petit déjeuner, n'attendant pas les autres. Izikel apprit que Sophia était dans sa famille pour quelques temps. Naïg resterait pour aider Pierce jusqu'à ce que Moïra et lui règle les comptes de la famille Abraams et trouvent une solution pour la jeune fille...

L'irlandais se plia à la volonté de Moïra tout au long de la journée. Un coup de fil à Liam lui permit d'organiser le déplacement des chevaux et de contacter divers transporteurs pour le trajet jusqu'à l'aéroport. Il accompagnerait ses chevaux, puis ils prendraient chacun un vol différent. Ce serait Liam -ou d'autres membres de l'équipe- qui réceptionnerait les chevaux une fois arrivé à Dunedin. Ils arriveraient un peu avant Louna, ce qui leur permettrait de faire la quarantaine et à l'équipe de récupéré tout le monde en même temps. Organiser tout cela lui prit toute la matinée et il s'accorda une pause pour le déjeuner. Entre temps, Moïra faisait sa propre préparation, tandis que Naïg et Pierce s'occupaient de leur côté à coup de lecture et partie d'échec ou de dame. La journée fut paisible malgré l'anxiété qui habitait Moïra et se propageait chez tout le monde.

Ce ne fut que le soir, après un après-midi partagé entre le soin aux chevaux et une sieste réparatrice, que le jeune homme pu en savoir un peu plus sur le plan de la jeune femme. Naïg et Pierce s'étaient éclipsé, invité chez une voisine pour le dîner.

Moïra — Ce ne sont que des gens que tu ne connais pas et que je ne nommerais pas spécialement. Tu n'as pas besoin de connaître leurs noms. C'est la mafia ukrainienne qui cherche simplement à se venger. Un contrat été sur la tête de leur ex-chef et je l'ai prit. Ils cherchaient à se venger depuis plusieurs années, ils ont réussi à remonter ma trace en torturant mon employeur de l'époque et ont tué mes parents. Naïg a réussi à s'enfuir et je l'ai envoyé à toi. Je veux simplement me venger à mon tour et dissoudre ce réseau mafieux. Tous les abattre, sans exception. La bonne nouvelle c'est qu'on m'a donné un contrat pour ça.
Walig — Qui t'as mandaté ?
Moïra — Le gouvernement américain. Enfin, une de ses organisation. Ce groupuscule est gênant et ils n'arrivent pas à les piéger. Donc ils passent par les voies détournés que nous sommes, tueurs à gage... C'est aussi simple que cela.

Le jeune homme soupira. Ce n'était pas bon du tout tout cela. Et de très loin. C'était même une très mauvaise idée. Mais il avait donné sa parole à la jeune femme et il ne faillirait pas. Cela pouvait lui coûter son âme. Il n'en avait plus rien à faire. Rien d'autre à part elle comptait à partir de maintenant. C'était vital pour lui de s'ancrer cela dans la tête. S'accrocher à son partenaire comme à sa vie... Et puis il ne fallait pas oublier qu'il lui devait beaucoup. Sans doute plus que ce qu'il s'imaginait lui devoir... Ses yeux gris restèrent un moment fixé sur les siens avant qu'il ne soupire doucement.

Walig — Très bien... c'est quoi ton plan ?
Moïra — C'est une infiltration type. Un immeuble en chantier, ils ont réunion de famille au cinquième étage. La zone sera gardé par leurs hommes, une trentaine. Aucun prisonniers Walig.

De nouveau il soupira. Dans quoi s'était-il encore embarqué ? ...



Halloween

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