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Chasse à l'homme I

 :: Les Chapitres :: Chapitre 7 :: Hors-série Izikel
Mar 13 Nov - 14:41

Hors série

Izikel

Chasse à l'homme I ;

Il était seul. Enfin seul. Et cela ne lui était pas arrivé depuis bien longtemps. Trop longtemps même. Ce voyage était une véritable renaissance pour lui. Il ne faisait pas ce qu'il voulait mais en même temps, qu'aurait-il fait sans cette quête ? Ce voyage lui donnait un but, quelque chose pour lui vider l'esprit et c'est précisément ce dont il avait besoin.

Le voyage en bateau ne fut pas désagréable. Le capitaine lui avait accordé une cabine et il passait son temps entre le mess, le pont et sa cabine. Il disputait des parties de cartes avec l'équipage et admirait les mers qu'ils traversaient. Il avait très vite perdu la notion du temps mais ne regrettait pas son choix. En un peu plus d'une dizaine de jours, ils étaient à Darwin. Deux membres d'équipage l'avait accompagné à terre dans un petit zodiac. Le plus compliqué avait été de passé la douane. Mais il avait finalement réussi. Il avait donc loué une voiture tout terrain et avait prit la route en direction de ses coordonnées GPS, de la façon la plus directe possible. Il s'arrêtait dans des stations services et de petits motels pour passer la nuit et manger quelque chose sans puiser dans ses réserves, qu'il étoffa un peu d'ailleurs. Il dormait quand il en avait besoin, pas nécessairement toutes les nuits, mangeait quand il avait faim. Il se déconnectait doucement du monde pour s'enfermer dans le sien et prendre un rythme tout autre. Pour ne pas se laisser avoir par ce faux rythme, il avait programmé une alarme tous les deux jours sur son téléphone satellitaire. Il pouvait appeler Kwaïgon de façon fixe de cette manière... Il lui laissait souvent un message d'ailleurs et le coréen lui répondait de la même manière, par messagerie vocale. Pour l'instant, l'éthologue n'avait rien à raconté au coréen, mais en revanche, Kwaïgon lui donnait des nouvelles du Haras. L'équipe s'était remise au travail avec ardeur et une nouvelle organisation. De nombreux chevaux avaient besoin de se remettre sérieusement au travail et le programme qu'avait établi Logan et Liam ne leur laissait que peu de répit. D'ailleurs, le moniteur de saut, soulagé de revenir, avait aussi été presque abasourdi de l'état dans lequel il retrouvait l'équipe. Il avait bien vu que Liam avait du mal à reprendre pied et avec Ezra, ils avaient reprit l'équipe en main. Le coréen évitait toujours de parler de Louna et s'enquérait souvent de l'état d'Arès auprès de Tom ou d'Inna, et Izikel lui en était reconnaissant.

Pour l'instant, ce voyage lui faisait le plus grand bien. Il avait du temps pour réfléchir mais il essayait de rester concentré sur son voyage et de ne penser à rien. Il se vidait la tête, admirait le soleil se coucher quand il le pouvait. La route jusqu'à Warburton, sur route goudronnée, lui prit deux jours. Ensuite, il suivi des pistes en terre rouge, s'enfonçant peu à peu dans le désert de Gibson. A cette époque de l'année, le printemps laissait doucement place à l'été cuisant. La journée, le soleil illuminait sans une seule ombre le ciel d'un bleu éclatant au dessus de sa tête. La nuit, le ciel était clair mais il y faisait frais et il supportait très aisément son sweat. Il fit un jour entier de route de plus pour trouver le point exact donné par le GPS. Et une fois arrivé, il ne put s'empêcher de sourire. Il se trouvait devant une falaise de roche rouge, abrupte. Il gara son tout terrain à l'abri, et établit rapidement son camp. Il avait fait des réserves d'eau et de bois dans la voiture et il installa un feu de camp qu'il alluma. Le soleil se couchait, il n'allait pas fouiller les lieux maintenant, se serait inutile. Il était à une dizaine de mètre du point exact et il avait trois solutions : soit il devait aller au dessus, soit en dessous, soit à l'intérieur de la falaise. Dans tous les cas, il n'y parviendrait pas dans le noir. Il profita de ce temps de repos pour faire une première observation des lieux. Quelques plantes poussaient à l'ombre de la falaise et celle-ci comportait pas mal d'aspérités. Un peu plus loin se trouvait un trou, sorte de fin canyon qui devait capter sans mal l'humidité de l'air. La végétation était un peu plus foisonnante dans cette espace. Il pourrait s'y glisser au besoin mais il ne voyait pas où menait le canyon. Il décida donc de jeter un oeil à la carte satellite et constata vite qu'il ne pouvait pas faire le tour de cet obstacle en quelques heures. Et dans tous les cas, il devrait abandonner son tout terrain pour passer, ce qu'il ne voulait pas. Au dessus de lui, en haut de la falaise, c'était la plaine rase. Il était donc peu probable que quelque chose se trouve là haut. Il devrait donc trouver le moyen d'aller sous terre ou de s'enfoncer dans la falaise. Il soupira en arrivant à ce constat. Il aurait pas mal de boulot le lendemain. En attendant, il mangea un peu et s'allongea, plongeant rapidement dans un sommeil léger...



Le jeune homme se réveilla quelques temps avant le lever du jour. Son feu s'était éteint, l'air autour de lui était immobile. Il se leva doucement et s'étira avant de mettre un peu d'ordre dans son camp de fortune. Il éparpilla les cendres par précautions et se débarbouilla comme il pu. Il fini par enfiler ses vêtements et des chaussures alors que le soleil pointait à l'horizon. Les chaussures que lui avait trouvé Alejandro étaient parfaites pour son aventure. A mi-chemin entre la chaussure d'escalade et de randonnée. Il fini par faire quelques étirement et parti courir aux alentours. En même temps, il observait les parois de la falaise, cherchant une faille ou un indice permettant de savoir où se trouvait le point qu'il devait rejoindre. Il ne trouva rien de probant et revint doucement au camp. La seule solution qu'il avait était de passer par la faille qu'il avait repéré la veille et qui formait une sorte de fin canyon. Il s'équipa donc en conséquence : son couteau de chasse sur une hanche, ses piolets de part et d'autre de ses hanches, sa corde, ses mitaines aux mains. Il rempli également les poches de son treillis de tout le petit équipement dont il pourrait avoir besoin : ses mousquetons et des accroches pour l'escalade, sa lampe frontale, ainsi que le téléphone et sa gourde d'eau. Il rangea complètement le camp, glissant les clés de la voiture dans sa poche et s'avança vers la faille rocheuse.

La forme naturelle de cette anfractuosité emprisonnait l'humidité. Le sol était en légère pente, en sable rouge, et les quelques plantes qui poussaient au pied des rayons de soleil étaient un peu plus vivace que celles au dehors. La faille n'était pas très large. En moyenne, il y avait un mètre. Parfois plus ou parfois moins, mais souvent moins. Le sol était relativement plat mais partait parfois en pente douce. Un faible courant d'air froid lui balayait les joues. Il avançait avec prudence dans la veine rocheuse, à l'affût de la moindre opportunité. Après quelques mètres, il repéra, à moins d'une dizaine de mètres au dessus de lui, une sorte de grotte. S'il continuait, il s'éloignait de son objectif. Il décida donc de rejoindre la grotte en s'appuyant contre les parois de roche pour grimper. La montée ne fut pas de tout repos ; la roche était lisse mais pas spécialement glissante, mais outre ce fait, il n'avait pas l'habitude de grimper autant et de cette manière. Il prit donc le temps de faire une pause arrivé en haut et observer ce qu'il venait de trouvé. La grotte s'enfonçait dans la roche en une sorte de tunnel rocheux. Des rayons de lumières tombaient ça et là, donnant au tunnel une faible luminosité. Le sifflement du vent se faisait entendre par rafale. Il n'y avait aucun autre bruit, pas même celui d'un animal.

Le jeune homme avança donc le long du tunnel. Il s'enfonça sur plusieurs mètres à l'intérieur de la roche. Il avançait lentement, plié en deux à cause de l'étroitesse du tunnel. Il devait parfois ramper ou enjamber un trou. Après une bonne heure d'avancée, il déboucha sur un espace un peu plus grand, complètement clos. Un cul de sac. Avec un soupir il s'assit le long de la paroi et sorti son téléphone de sa poche. Avec une certaine surprise, il constata qu'il était pile sur le point GPS qu'il cherchait à atteindre. Il farfouilla donc autour de lui, avec sa lampe de poche et il ne tarda pas à trouver des inscriptions gravée dans la roche. Il y avait des noms, des cœurs et autres déclarations d'amour. Ce lieu aux allures de grotte isolée et difficile d'accès ne l'était finalement pas tant que cela... A moins que ce ne soit encore une ruse ? Une inscription en particulier attira son attention : les initiales d'Ale et Pierce ainsi qu'une suite de lettre sans aucun sens. Ce n'était que le début de l'alphabet et au vu du nombre de lettre, il pensait à de nouvelles coordonnées GPS. Il ne lui fallu pas longtemps avant de décrypter et enregistrer les coordonnées dans son satellitaire. Le sud du Chili, sa toute pointe. Il soupira et restait un peu perplexe. Tout cela lui semblait pour l'instant trop facile...

Il resta un moment dans la fraîcheur de la grotte, avant de sortir, refaisant avec précaution le chemin inverse. C'est en sortant de la grotte qu'il remarqua une petite chose. Juste en face de lui, sur le rebord au dessus de la faille de départ se trouvait un ancrage d'escalade. Un piton, scellé dans la roche. Et un peu plus au dessus, à environ un mètre, se trouvait un autre piton. Son regard balaya la roche et il découvrit un chemin de piton allant vers le haut en diagonale. La configuration des lieux l'empêchait de voir au delà d'une dizaine de mètres ce qu'il y avait, mais le tout avait piqué sa curiosité. Il se prépara donc à escalader tranquillement. il n'avait qu'un seul tenant de corde mais assez long pour s'en faire un harnais ainsi que deux pendant qui serait ses cordes de sécurité. Il fixa un mousqueton à chaque bout et commença son ascension en prenant appuie sur les parois qui étaient encore assez étroites. L'ascension le mena, au bout de deux bonnes heures d'efforts, à une terrasse rocheuse. Là haut, l'air était plus chaud et plus sec. Il se posa un instant pour regarder aux alentours et découvrit un nouveau tunnel. Avec précautions, il descendit le long du boyau rocheux pour déboucher sur une nouvelle terrasse sans issue. Comme précédemment, il explora ce qui se trouvait autour de lui avec attention et ce fut payant. Dans un repli de roche, un morceau de plastique, renfermant un bout de papier. Il tira délicatement sur le tout pour dégager le papier et lu le message. Enfin... S'il pouvait appeler cela un message... Cette fois, il ne pouvait pas le décrypter sans l'aide d'Ale. Il entreprit donc de redescendre avec autant de précautions qu'à l'aller, faisant une pause arrivé en bas, profitant de la fraîcheur ambiante. Quand il se glissa hors de la faille, son campement était toujours là et la journée était bien avancée. Il se débarrassa de son équipement, rangea ses affaires et reprit la route en sens inverse pour rejoindre Warburton.

Il lui fallu une journée et demi pour rejoindre la petite ville. Il trouva sans mal un motel et après avoir prit une bonne douche et un peu de repos, il se décida à appeler Kwaïgon. Il n'eu pas à attendre longtemps avant d'entendre le coréen à l'autre bout du fil.

Kwai — Salut ! Tu es en avance d'un jour !
Walig — Salut ! Je sais, mais j'ai trouvé quelque chose. Je n'allais pas attendre demain.
Kwai — Ah ! Tu es déjà revenu de ton crapahutage dans le désert ?
Walig — Oui. Je ne suis resté qu'une journée sur place. Ce n'était que beaucoup d'escalade mais rien de très compliqué.
Kwai — Parfait alors ! Qu'as-tu trouvé ?
Walig — Oui ! Deux choses : une gravure, des coordonnées GPS et un message papier à l'attention d'Ale. Sans lui je ne peux pas le comprendre.
Kwai — Ale est avec moi, je te mets sur haut parleur...

Izikel hocha de la tête et attendit. La voix du coach d'élevage ne se fit pas attendre.

Ale — Et bien ! Déjà de retour !
Walig — Oui, avec un message pour toi. C'était un papier caché.
Ale — Je t'écoute.
Walig — "AC - En second ton lieu de formation"... Ça te parle ?
Ale — Euh... Un peu. Tu as autre chose ?
Walig — Des coordonnées GPS qui donne une pointe de falaise à l'extrême sud du Chili.
Le jeune homme entendit l'américain soupirer et il attendit quelques minutes sans faire un bruit. Le coréen restait aussi dans l'attente, silencieux. Finalement, l'américain s'éclaircit la gorge et reprit.

Ale — Tu peux m'envoyer une photo du mot et les coordonnées ? Pour l'instant l'un et l'autre n'ont que peu de sens. Essaie de voir s'il y a de l'encre invisible sur le papier en le passant sous une lampe UV ou à la chaleur d'une flamme.
Walig — Je peux.
Ale — Alors on se rappelle bientôt dès qu'on en sait plus l'un et l'autre.
Walig — Ok ! On fait ça. La bise à tout le monde. Bonne soirée.
Ale — Merci à toi aussi !
Kwai — Bye Walig !

L'éthologue sourit et coupa la communication. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire à présent... Un petit tour en ville pour trouver du matériel...



Halloween

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