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Rencontre Daria / Nobu

Messages : 51
Date d'inscription : 20/02/2017
Mar 26 Sep - 21:16
La nissan filait sur les routes de campagne japonaises. Avec grâce et fluidité, elle avalait les kilomètres qui la séparait de la villa en haute montagne du clan Tanaka. Perchée au bord d'une falaise à pic de quelques cinq cent mètres de haut, reliée à la montagne par un unique pont de bois rouge vif, cette grande maison traditionelle japonaise, sur sa petite terrasse montagneuse, donnait l'impression d'un ancien temple reculé du monde, isolé de tout mal. Ou en tout cas, c'est toujours cette impression qu'avait eu le coréen en allant là-bas. Un sentiment de solitude mêlée à une peur viscérale et une admiration sans borne. Il le savait, dans cette demeure, il y avait peu d'habitants. Nobu, bien sûr, y séjournait nuit et jour, ainsi que deux gardes en permanences dans les locaux. Une équipe de quatre qui tournait, toute les six heures. Une cuisinière était là en journée, un jardinier passait trois fois dans la semaine pour entretenir les deux hectares de parc qui s'étalaient derrière la demeure, et une gouvernante, qui faisait office de facteur, femme de ménage, et infirmière... Les personnes autorisées à pénétrer dans ce sanctuaire se comptait sur le doigt d'une seule main. Mais aujourd'hui était un jour spécial. Ce qui ne faisait qu'exacerber les sentiments du coréen à propos de ce lieu...

Les nuages bas, qui cachaient la vallée en dessous de la route ainsi que la maison, et le ciel de plomb au dessus d'eux, donnait au lieu un air encore plus sinistre qu'à son habitude. Heureusement, le bâtiment aux boiseries rouge vif apportait toujours autant de vie à cette montagne aux pants acérés. Dans quelques virages, il le savait, ils déboucheraient devant le pont de bois. Ils auraient un aperçu de la maison, avant de devoir faire le tour du parc pour pouvoir rejoindre l'entrée. Avec une certaine apréhension, Kwaïgon jeta un bref regard à Daria, assise à côté de lui. La gorge serrée, il reposa les yeux sur la route. A l'intérieur de son crâne, une féroce bataille faisait rage. Avait-il fait le bon choix ? Ou était-il en train de faire la plus belle erreur de sa vie ? Il ne doutait pas quant à son désir d'épouser Yennefer. Mais il doutait de tout le reste, et en particulier de ce moment. Daria allait rencontré Nobu. Et au vue de la virulente réaction qu'elle avait eu lors de leurs propre rencontre, il avait peur pour celle-ci. Il redoutait les réactions de Daria autant que celles de Nobu. Misako lui avait dit de ne pas être inquiet... Qu'il saurait gérer, quoi qu'il se passe... Mais il en doutait sérieusement. Il soupira, en prenant le dernier virage menant à la demeure. Soudain, les nuages bas s'éclipsèrent pour laisser apparaître, en plein milieu du brouillard, comme flottant sur un nuage, la maison. En bois, de facture traditionelle japonaise, mêlant le rouge et le beige, elle trônait à flanc de falaise, fière. Des drapeaux aux couleurs du Japon, mais aussi du clan, claquait au vent de chaque côté du pont. Une immense arche en bois rouge en marquait l'entrée. Prudemment, le coréen engagea la voiture sur le pont, évitant de regarder en bas. Avec tout les nuages de toute façon, ils n'auraient rien vu. En retrouvant la terre ferme, il vira à droite, et la maison disparu de leur champs de vision.
Ils s'enfoncèrent dans une dense forêt d'épineux avant de suivre un chemin sinueux le long d'un mur de roche avant de débouché sur un chemin plus large, encadré de cerisiers en fleur. Il ne leur fallu que quelques minutes pour arrêter la voiture dans le parking. Le coréen se gara à côté d'une jeep noire, appartenant à l'équipe de garde, avant de couper le moteur et jeter un dernier regard à Daria. Il voulu lui dire un mot, mais il en fut incapable. Un léger pincement des lèvres apparu sur son visage, qu'il aurait voulu être un sourire, avant qu'il ne sorte de la voiture.

Le vent plaquait ses vêtements contre lui et ébourrifait ses cheveux. Il ne semblait pas y avoir âme qui vive en ce lieu, mais il savait pertinement qu'ils étaient observés depuis leur entrée sur le chemin privé grimpant dans la montagne. Il attendit Daria pour grimper avec elle jusqu'à l'entrée : une porte en bois en arc de cercle à deux battants. A peine avaient-ils gravi les quelques marches du perron de bois qu'un des battants s'ouvrait sur une petite femme vêtue d'un kimono noir, aux traits sévères. Son chignon, très serré, maintenu par deux baguettes, ne faisait qu'accentuer cet air sévère et dur. Elle s'inclina très bas devant eux, les invitant d'un geste à se déchausser. Kwaïgon répondit à son salut, avant d'abandonner ses chaussures et sa veste sur une commode de l'entrée. La gourvernante, une femme entre deux âges, les attendit avec patience, sans un mot, les yeux à demi clos et les mains jointes dans les manches de son kimono. Toujours sans un mot, elle les invita à les suivre, parcourant à petits pas rapide un long couloir au sol de bois et aux murs de papiers. Elle fini par les mener dans un vaste salon assez peu meublé. Une table basse en bois sombre, une longue console du même bois le long du mur du fond -le seul mur solide, à la chaux blanche- et des coussins moelleux tout autour de la table. Un carré, creusé à même le sol, bordé de pierres hautes, délimitait un foyer fumant. Un trépied maintenait suspendut au dessus des braises une théière en fonte. Les pants de papier et de bois donnant sur l'extérieur étaient grands ouverts mais malgré cela, le vent ne rentrait pas dans la pièce et il n'y faisait pas froid. Dans l'encadrement, le regard vers l'extérieur, se tenait un homme en kimono traditionnel bleu marine. Les bras croisés dans le dos, le regard tourné vers la montagne imposante qui se dessinait devant lui, il semblait perdu dans ses pensées. Kwaïgon s'avança de quelques pas dans la pièce mais resta respectueusement à l'entrée, observant Nobu en
silence. Ce n'est que le claquement sec de la porte que la gouvernante refermait qui le sorti de ses rêveries. Il se retourna avec lenteur pour leur faire face, un léger sourire sur les lèvres. Il les considéra tout les deux un instant avant de les saluer, en s'inclinant.

Nobu - Kwaïgon-sensei... Et... Madame Badowski. Soyez les bienvenue. Asseyez-vous, je vous en prie...

Daria était restée silencieuse pendant tout le temps du trajet, entièrement perdue dans ses pensées. Elle avait demandé au coréen que cette rencontre se déroule sans la présence de sa fille. Une condition qui souleva le mécontentement de Yennefer, mais qui dut se résoudre à l'accepter. Elle n'arrivait pas à définir son ressenti, ce n'était pas de l'inquiétude ou de l'appréhension... Elle ne connaissait même pas ce fameux Nobu, mais elle savait que son passé était rempli de démons... Et elle ne pouvait pas prévoir sa réaction face à eux.

Sa réaction fut vive quand son regard se posa enfin sur le visage du japonais, une paralysante peur s'illumina dans ses yeux. Elle était horrifiée, faisant un pas en arrière en agrippant avec une lourde angoisse le bras du coréen dont elle serrait d'une force incontrôlée. Il ne fallait pas être un fin observateur qui voit les signes et l'intensité de sa terreur. A la vive réaction de la polonaise, les deux hommes échangèrent un regard intrigué. Mais l'un comme l'autre restèrent interdit face à la situation. Nobu s'immobilisa, mains jointes devant lui, calme, et Kwaïgon laissa faire Daria, levant doucement les bras comme pour faire barrière entre elle et Nobu.

Daria - Non... Non... Non... Comment m'as-tu retrouvé...

Sa voix n'était qu'un murmure à peine audible... L'effroi vibrait dans l'intonation de sa voix, si les mots étaient difficiles à comprendre, l'émotion qui était bien criante. Le coréen tentant de croisé son regard, mais c'était en vain. Il prononça son prénom, dans l'espoir d'attirer son attention, mais elle semblait enfermée dans la soudaine terreur qui la paralysait.

Daria - Kyoshi...

Des larmes d'angoisses s'écrasaient sur ses larmes, elle était toujours agrippée au coréen, se servant littéralement de lui comme une barrière de protection entre elle et le japonais dont le visage ressemblait à son démon de jeunesse, malgré les années qui avaient marqué son visage. C'était lui... Cela ne pouvait être que lui. Cette fois, le visage de Nobu se fit déconcerté. Ses mains glissèrent pour s'étendre de chaque côté de son corps, ballant et il croisa le regard du coréen, murmurant à son tour, perdu.

Nobu - Mon frère...

Il ne fallu pas plus au coréen pour faire un lien. Il serra les dents, s'arrachant vivement à l'emprise de Daria pour lui faire face et la prendre fermement par les épaules, faisant écran entre elle et Nobu pour pouvoir enfin capter son regard.

Kwai - Daria ! Ce n'est pas Kyoshi. C'est son grand frère, Nobu... Je vous promets que ce n'est pas Kyoshi. Daria, regardez moi ! Ce n'est pas... Kyoshi...

Il ne pouvait pas faire grand chose de plus. Nobu, pour ne pas envenimer les choses, restait sagement en retrait, observant la scène avec calme, les bras toujours ballants...

Daria - Non... Non... Il sait mentir... Il est très doué pour ça... Il...

Elle s'était agrippée de nouveau au coréen, cherchant involontairement à le secouer comme si elle voulait lui faire comprendre qu'elle avait raison. Elle était prise dans une angoisse grandissante qui provoquait un comportement illogique... Cependant, dans sa terreur elle lâcha la vérité, ses secrets...

Kwai - Non... Non Daria, c'est Nobu. Ce n'est pas Kyoshi...

Il essayait de la raisonner, en gardant un ton calme, mais au vu du regard et de l'emprise de Daria sur lui, il sentait que c'était pour l'instant peine perdue. Elle était plongée dans une telle détresse que cela lui serrait plus encore le coeur. Il sentait qu'il perdait pied face au chaos qui se peignait dans ses yeux.

Daria - Il a tenté de tuer Yen ! Il m'a empoisonné quand il a appris que j'étais enceinte ! Il voulait la tuer... Il voulait tuer ma fille... Il...

Elle tremblait légèrement, sa respiration était devenue chaotique à l'image de sa panique. Son regard s'était voilé, fixant avant paralysie le japonais.

Kwai - Quoi ?

Le coréen était incrédule. Il avait du mal à comprendre. Derrière lui, Nobu se retourna avec lenteur pour se diriger vers la console basse le long du mur. Il s'agenouilla devant elle et ouvrit un tiroir, fouillant à l'intérieur avec rapidité.

Daria - Il a voulu me tuer... car j'ai découvert qu'il empoisonnait... J'ai dû fuir... Il a menacé toute ma famille... Il....

Sa voix se brisa... Une partie de son passé n'était que mensonge, elle a vecu dans la peur et la solitude. L'horreur vint se peindre sur le visage du coréen et sans s'en rendre compte, il desserra son emprise sur sa belle-mère. Il était surprit, mais également déconcerté. Il ne s'était pas attendu à une telle réaction et à de telles révélations. Il fixait Daria en étant incapable de dire quoi que se soit, bouleversé par ses paroles... Nobu s'approcha en douceur, tenant une photo dans sa main. Il la plaça de façon à ce que Daria puisse la voir, tout comme Kwaïgon s'il tournait un peu la tête, mais ne s'approcha pas trop prêt d'eux, respectueux. Il s'adressa à Daria avec calme, mais une certaine fermeté dans la voix.

Nobu - Regardez. Regardez cette photo. Elle a été prise il y a une vingtaine d'année... Il y a mon frère, mon père et moi. On se ressemble beaucoup avec mon petit frère. Mais je suis plus grand que lui... Et nous n'avons pas la même bouche... Regardez.

Avec une certaine prudence, il lui tendit l'image, sans geste brusque, attentif... Elle resta paralysée plusieurs minutes avant d'oser détourner son attention vers la photo, comme si elle craignait qu'en le lâchant du regard, il puisse la blesser. Elle reconnut directement le père de Yennefer, sur cette photo il ressemblait à l'homme qu'elle avait connu... Son regard allait de la photographie à Nobu...

Daria - Il vous envoie me tuer ! Vous aussi vous voulez tuer ma fille !

La panique reprit de plus belle, elle fit plusieurs pas en arrière...

Kwai - Non ! Daria...

Le coréen réduisit rapidement la distance que la poloaise avait mit entre eux, l'attrapant fermement par le bras pour l'empêcher d'aller plus loin. Nobu ne bougea pas, mais reprit d'une voix calme à la suite de Kwaïgon.

Nobu - Je ne veux pas vous tuer. Ni vous ni Yennefer. Et mon frère n'a en rien le droit ni le pouvoir de me demander quoi que se soit. Cela fait des années qu'il n'appartient plus au clan... Je vous le jure. Je ne vous veux aucun mal... Ni à vous ni à Yennefer... S'il vous plait... Calmez vous...

Il perdait patience, d'une certaine façon. Pas envers Daria, pour qui il gardait un regard doux, un ton calme. Mais une certaine forme de ressentiment teintait ses paroles quand il parlait de son frère. La haine était toujours là, latente... Si elle avait peur de Kyoshi, lui le haïssait, au plus profond de son être.

Kwai - Daria, il ne vous fera aucun mal. Je suis avec vous... Il ne fera rien... S'il vous plait...

Son regard n'arrivait pas à se fixer sur le coréen, malgré qu'il la retenait fermement. Elle les avait entendu, mais il fallut du temps pour qu'elle accepte de les comprendre... Sa peur ne lui permettait pas de sous-entendre la colère latente de Nobu.

Daria - Il m'a menti... Il m'a dit qu'il ne me ferait pas de mal, qu'il était content d'apprendre qu'il allait être père... Mais... Il m'a empoisonné en secret...

Sa voix était moins tremblante, bien que son visage était toujours marqué par l'effroi de ses souvenirs. Elle allait probablement se répéter, peut-être pour se rassurer d'une certaine manière... Mais surtout, car elle vivait avec le poids de ce secret depuis trop longtemps... Nobu, toujours imobile avec sa photo à la main, hocha tout doucement de la tête.

Nobu - C'est tout à fait son genre... Mais ce n'est pas ce que je ferais. Ce n'est pas ce que je veux.

Il se tut, la regardant avec une certaine gravité, attendant simplement que le temps passe pour qu'elle se calme et retrouve une certaine contenance. Le coréen pour sa part, la gorge serrée et le coeur lourd, tenait toujours Daria avec une certaine fermeté. Il attendit, lui aussi, que de longues minutes ne s'écoulent en se plongeant dans ses pensées et ses propres souvenirs, avant que le japonais ne reprenne la parole d'une voix douce.

Nobu - Kwaïgon, Daria, s'il vous plait, venez vous asseoir...

Respectueusement, il fit quelques pas en arrière, pour laisser à la polonaise le champs libre jusqu'à la table basse, de façon à ce qu'elle ne doive pas croiser sa propre route. Daria resta très proche du coréen, un comportement qu'elle n'arrivait pas à raisonner malgré les paroles du japonais. Cependant, elle accepta de venir s'assoir en restant toujours dos à la sortie, comme si ainsi elle pourrait plus facilement s'échapper... Nobu attendit patiemment qu'ils s'installent, en silence, soulagé qu'ils ne partent pas en courant finalement. Le coréen s'installa, tremblant, à côté de Daria, consentant enfin à lui lâcher le bras. Il restait silencieux pour l'instant, attentif, émergeant doucement de ses pensées.

Daria - Nous... n'etes pas Kyoshi...

Ses paroles était destinée à elle-même, comme si elle devait se l'entendre dire pour le comprendre et l'accepter. Sa respiration était toujours tremblante, mais elle s'était osé à plonger son regard dans celui du japonais.

Daria - Je... Désolé...
Nobu - Ce n'est rien.

Avec lenteur et une certaine faiblesse dans ses gestes, les traits tirés par la fatigue, le japonais s'installa avec eux, en face de la polonaise, de l'autre côté de la table, laissant une certaine distance entre eux, dont elle aurait sans doute besoin.

Nobu - Nous nous ressemblons beaucoup avec mon frère, bien malheureusement. Mais de ce que j'ai comprit de vos paroles, je comprends mieux votre réaction.

Il soupira, avant de faire un geste de la main. Aussitôt, sa gouvernante apparu dans la pièce en portant un plateau de pâtisseries traditionnelles. Elle le posa en délicatesse sur la console, avant de faire des aller et retour entre la console et la table pour disposé devant eux une multitude de petites assiettes garnies. Une fois ceci fait, elle fit le tour de la table pour leur donner à chacun une serviette humide et chaude. Quand elle s'éclipsa, le japonais reprit doucement la parole, s'adressant à Kwaïgon cette fois.

Nobu - Puis je te laisser t'occuper du thé ? Normalement il en est à sa seconde infusion déjà.

Le coréen, sa serviette chaude dans les mains, hocha doucement de la tête. Il regarda cependant gravement Daria un instant, avant de déposer sa serviette et se lever, pour aller chercher avec précaution la théière en fonte. Daria tourna son regard vers lui, en serrant ses mains sur ses genoux... Elle tenta de maitriser sa peur de le voir s'éloigner.

Kwai - Je ne savais pas que le père de Yennefer était un Tanaka... Vous auriez dû me le dire Daria...

Il aurait peut-être pu mieux anticiper cette rencontre... Ou tout le reste. Est-ce que ses décisions auraient été différentes s'il avait su plus tôt ? Dès le départ ? Il se souvenait encore de cette conversation qu'il avait eu avec elle lors de son retour au Haras, retour d'entre les morts... Est-ce que tout ce qu'il avait fait ensuite aurait été différent s'il avait su ? Certainement... Elle secoua la tête avant de répondre du bout des lèvres.

Daria - Il ne s'est pas présenté comme un Tanaka... Il m'a donné le nom de Kondo, mais il a toujours été très secret avec sa famille... Au début, je ne savais même pas qu'il était marié, ce n'est que plusieurs mois après que...

Elle baissa la tête en soupirant, replongeant dans sa jeunesse et sa naïveté. Elle avait été trompée dès le début, il s'était amusé d'elle.. Elle qui était seulement âgée de seize à peine. Le coréen servit le thé, avant de s'installer à nouveau à sa place, écoutant Daria avec attention. Nobu fixait la polonaise avec sérieux et calme, plus attentif que jamais.

Daria - J'aurai dû me rendre compte que tout n'était que mensonge avec lui...
Nobu - Vous ne le pouviez pas... Kyoshi est l'être le plus fourbe et le plus cruel que je n'ai jamais connu. Et pourtant, ce n'est pas rare dans la famille... Nous avons tous beaucoup de tempérament.

Le coréen eut un léger rire jaune à cette réflexion. Il ne pouvait qu'être d'accord avec le japonais. Il attrapa sa tasse de thé de ses deux mains, pour la porter à ses lèvres et souffler sur la surface brûlante avant de le siroter à petites gorgées.

Nobu - Kondo était le nom de jeune fille de sa femme. Il n'est pas très imaginatif, mais vous ne pouviez pas savoir d'où il venait et ce qu'il faisait. Il a été banni du clan suite à...

Il détourna un instant les yeux, sa gorge se serrant soudainement. Il serra également les poings, à tel point que ses articulations en blanchirent.

Nobu - Suite à...
Kwai - Il a commandité le meurtre de Kaori, le femme de Nobu. Il a été banni et exilé suite à cela. Pas seulement du clan, mais aussi du pays.

Le japonais eut un regard reconnaissant envers le coréen, qui se remit à siroter son thé avec calme. Elle remarqua alors la haine qui pulsait dans le corps du japonais, une colère qu'elle n'avait pas pu voir avant d'apprendre cette tragédie et qui eut le mérite de la convaincre totalement qu'elle n'était pas en face de son démon... Qu'il n'y avait pas de mensonge possible... Cette haine, personne ne peut la faire naitre pour donner l'illusion. Comme sa terreur à elle qui était viscérale.

Daria - Raison de sa présence en pologne... Je suis désolée...
Nobu - Merci... Mais ce n'est pas votre faute...

Elle avait soufflé du bout des lèvres, plongeant son attention vers sa tasse.

Daria - Vous savez où se trouve-t-il en ce moment ?

Elle avait vécu et vivait toujours avec l'inquiétude d'être retrouvé un jour. Bien qu'avec les années, elle se demandait bien ce que son existence ou celle de sa fille pourrait, le gêner... Maintenant qu'elles avaient disparu loin de chez elle. Elle représentait rien, qu'une grain de sable dans sa vie.

Nobu - Non je... Je l'ignore... Il...
Kwai - Il est à Cuba.

Le coréen avait répondu entre deux gorgées de son thé, d'un ton neutre et égal, le regard légèrement perdu dans le vide. Le silence de Nobu après cela lui fit développé un peu sa déclaration. Elle était légèrement soulagée, bien que de nombreuses questions subsistent encore. Peut-être qu'un jour, elle pourrait retrouner en pologne... Voir sa famille. Mais elle voudrait être certaine qu'il ne la recherche pas malgré les années...

Kwai - Je ne pouvais décemment pas le laisser libre après ce qu'il avait fait. Et plus encore maintenant. Je l'ai fait suivre dès qu'il a mit les pieds dans l'avion qui l'a conduit hors du pays.

Nobu acquiesça doucement, prenant sa propre tasse de thé pour en boire une gorgée, pensif.

Kwai - Ce n'est pas l'envie qui me manque de le vaporiser de la surface de cette planète. Mais tu as toujours refusé.

Nobu serra les dents face à ce reproche à peine masqué, se refusant à répondre. Se serait inutile... Il se força à un léger sourire envers Daria avant de reprendre sur un ton un peu plus joyeux.

Nobu - On dirait bien cependant que Yennefer est ma nièce alors !

Elle blanchit soudainement à ses paroles, avant de braquer son regard vers Kwai.

Daria - Elle ne doit pas savoir... Non... Non... Je ne sais pas comment elle pourrait réagir... Je lui ai menti toute sa vie. Elle pense que c'est à cause de ma famille qui rejettait ma grossesse que je suis partie en amérique... Elle va m'en vouloir de lui avoir mentir... Je ne peux pas... Je ne veux pas qu'elle me déteste pour ça... Si je la perds...

L'inquiétude masque ses traits, ainsi que la tristesse qui envahissait ses yeux. On pouvait y lire toute la solitude qui avait marqué sa vie, tout les sacrifies qu'elle a dû faire pour sa fille et tout l'amour qu'elle lui porte. Face à sa réaction, le coréen posa en douceur sa tasse de thé et soupira légèrement, cherchant ses mots un instant avant de répondre.

Kwai - Vous ne la perdrez pas. Et il faudra bien le lui expliquer un jour. Elle va se poser des questions. Elle s'en pose déjà. Misako, lors de leur première rencontre, a trouvé Yen familière... Je comprends mieux pourquoi, mais je m'étonne qu'elle ne se soit pas déjà poser plus de questions. Cependant, vous avez raison sur un point : ce n'est pas à nous de lui en parler. C'est un fardeau qui vous reviens Daria. Mais je maintiens ma condition : je veux être là le jour où cela arrivera.

Il fit une pause et baissa légèrement les yeux avant de les braquer à nouveau sur Daria, un peu plus dur même s'il restait calme. Contrairement à Nobu qui trouvait la nouvelle plutôt bonne au final, il n'aimait en rien cette révélation.

Kwai - Dans tous les cas vous vivrez mieux toutes les deux en connaissant la vérité plutôt que de poursuivre cet éternel mensonge. Il vous détruit. Et il finira par le faire réellement. Ce n'est pas la vérité qui vous fera la perdre, mais continuer de lui mentir.

Un peu bouguon, marmonant plus qu'autre chose ses dernières phrases, il reprit sa tasse de thé pour en boire une gorgée. Nobu était resté silencieux, son regard allant de Kwaïgon à Daria avec calme. D'un ton très posé, il répondit au coréen.

Nobu - Tu ne te rend pas compte de ce que c'est, la peur de perdre son enfant...

Le coréen s'étouffa avec sa gorgée de thé. La colère innonda ses yeux en un instant mais il fut incapable de répondre, préférant se lever et aller faire quelques pas sur la terrasse, pour leur éviter le spectacle d'un homme se noyant dans une tasse de thé... Daria avait écouté attentivement le coréen, toujours envahi par l'inquiétude. Elle comprenait ses mots, mais elle n'était pas certaine qu'une telle révélation n'ébranle pas sa relation avec sa fille.

Daria - Je ne sais pas comment elle va réagir... Je ne sais même pas comment lui en parler... Comment pourrais-je lui dire que son père a voulu la tuer avant sa naissance ? Qu'il n'a jamais voulu d'elle... Peut-être s'imaginait-elle que son père est un connard, mais... Comment peut-on réagir quand on apprend ça... Non... J'ai pas envie que cela la détruit...

Elle avait détourné son regard vers la table, observant sa tasse d'un regard vague. Nobu tourna la tête vers le coréen, qui s'étouffait toujours dans l'encadrement de la baie vitrée. Il fini par tourner la tête vers Daria, piochant dans une assiette de pâtisserie pour la déposer sagement devant lui avant de lui répondre.

Nobu - C'est à vous de décider. Cependant, avec Kwaïgon, Sora et vous à ses côtés, je ne pense pas qu'une nouvelle comme celle là puisse la détruire. Je ne l'ai pas beaucoup vu, mais elle m'a l'air d'avoir beaucoup de caractère... Elle ne connait pas Kyoshi... Rien de ce qu'elle ne connait pas ne pourrait la détruire.

En tout cas, c'est ce qu'il en pensait. Elle resta silencieuse aux paroles du japonais, peut-être qu'elle s'inquiétait pour rien... Il avait raison sur un point, sa fille possède un fort caractère. Mais elle ne pouvait pas faire taire son instinct maternel, qui aimerait protéger Yennefer à tout prix... Kwaïgon, encore légèrement toussant, fini par revenir en pointant un index tremblant de colère sur Nobu.

Kwai - Tu n'as... -toux- pas le droit... -toux- de dire que je... que je ne sais pas ce que c'est !

Non sans masqué un certain étonnement, Nobu tourna la tête vers le coréen, qui, la main devant la bouche, cherchait toujours à étouffer sa toux. Daria posa son regard et son attention sur le coréen en fronçant légèrement les sourcils sous la surprise de son comportement. Elle attendit que sa toux puisse se calmer un peu afin qu'il poursuive, car elle n'était pas certaine de tout comprendre... Face à leur incompréhension, le coréen paru un instant dépité. Il se reprit avant de développer un peu, posant les mains sur ses hanches.

Kwai - Tu n'as pas le droit de dire que je ne sais pas ce que c'est cette peur de perdre un enfant, un proche. Tu peux le dire à qui tu veux Nobu, mais certainement pas à moi.

Il fit quelques pas sur lui-même avant de finalement venir reprendre sa place après un soupir douloureux. Il se plongea de nouveau dans sa tasse de thé. Nobu soupira, se contentant de hocher doucement de la tête avant de poser son attention sur Daria.

Nobu - Servez vous, n'hésitez pas.

Il sourit gentiment avant de prendre une profonde inspiration et reprendre.

Nobu - Je vous propose de reprendre depuis le début. Je suis Nobu Tanaka. Enchanté de faire votre connaissance.

De nouveau, il sourit à Daria, en essayant de détendre un peu l'atmosphère. Le coréen fut sensible à cette tentative, jetant à Nobu un regard curieux. Elle s'était servi une pâtisserie, sans pour autant l'amener à ses lèvres. Elle remarqua l'attitude du japonais, ne pouvant qu'apprécier son geste. Cependant, elle allait difficilement balayer d'un revers de main son passé et la vanne qu'elle venait d'ouvrir suite à ses révélations. Elle avait la sensation que celle-ci allait être compliquée à refermer aussi hermétiquement qu'avant...

Daria - Moi de même, vous pouvez m'appeler Daria. J'ai l'impression d'être vieille quand on utilise mon nom.

Un maigre sourire s'afficha sur ses lèvres avant de croquer dans la pâtisserie. Elle fut agréablement surprise des saveurs de celle-ci, elle n'était pas trop sucrée comme elle les apprécie. Nobu répondit à son sourire en hochant doucement de la tête pour affirmer qu'il avait comprit. Il faisait fi des traditions pour cette fois en omettant d'enseigné à Daria les marques de politesses japonaises. Le coréen n'en fit pas la remarque, conscient de cette volonté du japonais de ne pas le faire... De ne pas vouloir le faire.

Daria - Vous êtes arrivé à mettre en colère ma fille... Mais avec elle, il est préférable de recevoir sa colère que son manque de réaction. Il y a rien de pire que quand elle vous ignore.
Nobu - Je n'en doute pas... Bien que cela fasse bien longtemps que nous ne nous sommes plus parlé... Est-ce que l'on peut aparanté cela à de l'ignorance ?
Daria - Non, quand elle ignore quelqu'un, la personne concernée est parfaitement au courant et ce n'est agréable à subir.

Elle récupéra sa tasse pour boire une gorgée, jetant un bref regard vers le coréen.

Daria - Heureusement, elle est moins rancunière que moi. Pensez-vous encore l'agacer, histoire que je sache quand éteindre mon téléphone ?
Nobu - Non, je ne pense pas...

Il eut un faible sourire, baissant légèrement les yeux sur un coin de la table avant de continuer un ton plus bas.

Nobu - Dans tous les cas je n'en aurais pas l'occasion encore très longtemps.
Daria - Si vous partez défaitiste ! Même si vous connaissez l'issue, car il y a des maladies dont la médecine ne peut rien faire... Il faut chasser ses pensées négatives, ne plus compter en heure, en jour et juste simplement profiter.

Elle avait froncé les sourcils, comme une mère qui cherchait à secouer son enfant paresseux. Cependant, son ton était doux et compréhensif à la situation qu'il vivait et dont elle savait très peu de chose. De nouveau, le coréen serra les dents à cette remarque, laissant son regard se voiler un instant. Heureusement, Nobu reprit d'un ton plus joyeux, reposant son regard sur Daria avec un faible sourire.

Nobu - Je ne cherchais pas à... L'agacer comme vous le dites mais... Je dois bien avouer que l'on a tout les deux des caractères un peu fort et les répliques acerbes ne manquent pas. Cela donne des échanges explosifs mais non dénués de vie !

Le japonais sourit joyeusement, convaincu que tout cela n'est plus qu'un mauvais souvenir. Le coréen en revanche reste silencieux, attentif à la conversation bien que le regard fixe sur le mur en face de lui. Les deux mains autour de sa petite tasse qu'il a rempli à nouveau, enfoncé dans le dossier de son fauteuil au sol, il se contente de boire son thé à petites gorgées. Intérieurement, il fait son possible pour rester avec eux, ne pas exploser et garder son sang froid. La conversation est finalement bien plus compliqué à gérer pour lui qu'il ne s'y était attendu...

Daria - Cela doit venir de votre sang, ce caractère bien trempé ! Qu'est-ce qu'elle peut être agaçante quand elle s'y met elle aussi...

Elle s'était tournée vers le coréen avant de poursuivre, sur une tonalité amusée. Nobu rit doucement avant de mordre dans sa pâtisserie, tournant lui aussi la tête vers le coréen.

Daria - Tu as bien du courage ! Heureusement, Sora semble avoir pris ton caractère...
Kwai - Heureusement pour moi oui ! Yen et un mini Yen aussi explosif ? Se serait ma mort prématurée !

Il sourit, d'un sourire un peu forcé, avant de reprendre le sirotage de son thé. Soudainement, elle attrapa son sac pour y sortir une pochette légèrement cartonnée où était gravé les lettres de Sora dessus. Elle le tendit au japonais en souriant.

Daria - Il a été très difficile d'empêcher ma fille de venir à cette rencontre, mais vu les... circonstances j'ai bien fait d'avoir été plus têtue qu'elle... Elle a tenu à ce que je vous offre ceci de sa part.
Nobu - Oh...

En fronçant les sourcils, le japonais prit l'enveloppe avec précaution, de ses deux mains, en faisant une légère inclinaison de la tête envers Daria pour la remercier. Il ne tarda pas à ouvrir la pochette avec délicatesse, sous le regard curieux d'un Kwaïgon silencieux. Le japonais sorti un petit album photo de la pochette. Un sourire ému éclaira son visage, emplissant ses yeux de larmes de joie. Avec une délicatesse sans borne, il ouvrit la première page, souriant au fil des images qu'il voyait. Chaque photo de Sora était accompagnée d'un petit commentaire de la main de Yennefer concernant l'ambiance de la photo. Une immersion dans leur quotidien...

Nobu - C'est... C'est...

Nobu sourit de plus belle en haussant des épaules, incapable de trouvé ses mots. Le coréen souriait également, les yeux sur l'album. Il n'était pas au courant de cette petite surprise mais il n'était pas vraiment surprit. Il commençait à connaître Yen désormais. La dernière image, Sora, tout sourire, une main levée, accompagné d'un "coucou papi Nobu !", arracha pour de bon une larme au japonais. Il ferma l'album en ravalant son sanglot avant de relever les yeux vers Daria avec un sourire.

Nobu - Il va falloir que je la remercie...

Le coréen prit une légère inspiration avant de poser doucement sa tasse et prendre la parole d'une voix douce.

Kwai - Je crois que j'ai une petite idée de la façon dont tu peux faire ça...

Curieux, le japonais l'interrogea du regard pour inciter le coréen à poursuivre, ce qu'il fit, après avoir jeté un bref regard à Daria dont le regard approuvait la décision.

Kwai - Yen et moi souhaiterions que se soit toi qui nous marie.

Le japonais resta bouche bée. Machinalement, il porta une main à son coeur, serrant le col de son kimono. Il resta ainsi un instant à chercher ses mots avant de finalement se retrouvé bras ballants, fixant le coréen sans rien dire.

Kwai - C'est pour cette raison qu'on est tous venu jusqu'au Japon... Je ne voulais pas qu'un long voyage t'épuise et...

Le coréen haussa des épaules sans savoir quoi ajouté. Il se passa quelques minutes de silence avant que Nobu ne reprenne la parole d'un ton solennel.

Nobu - J'en serais très honoré...
Daria - Parfait, c'était le dernier détail à régler pour le mariage !

Un immense sourire s'afficha sur ses lèvres en attrapant une nouvelle pâtisserie qu'elle croqua rapidement. Une légère sonnerie très courte se fit entendre, elle savait avant de regarder l'écran de son téléphone l'auteur du message.

Daria - Elle doit avoir les oreilles qui sifflent... Elle me demande si on est toujours vivant, dit-elle amusée en répondant rapidement. Mais je pense qu'elle est plus inquiéte pour Kwaïgon que pour nous !
Kwai - Je n'en doute pas... répondit-il avec un sourire.

Elle lança un regard au coréen tout en glissant l'appareil dans son sac. Puis elle posa son attention sur le japonais, une lueur sérieuse dans l'iris.

Daria - Je sais que ma haine, ma colère et surtout mon angoisse qui a marqué le quotidien de ma vie ne pourra pas partir aussi facilement, peut-être même que celle-ci ne partira pas. Et je tenais à vous prévenir que je m'excuse par avance des maladresses qui risquent d'arriver... J'ai conscience que j'ai tendance à mettre tous les japonais, voir tous les asiatiques ensemble. Et que ma langue peut cracher son venin qui est destiné à un seul homme...

Elle souhaitait être honnête avec lui, car sous l'émotion elle pouvait très facilement sortir des conneries. Elle jeta un regard vers le coréen dont ses mots le concernaient aussi. Le coréen se contenta de hocher de la tête avant d'échanger un regard avec Nobu. Le japonais pinça doucement des lèvres avant de répondre, avec tout autant de sincérité.

Nobu - Je ne doute pas qu'autant d'années de haine et de peur ne puisse pas être balayé d'un simple revers de main... Et je ne vous en veux pas. Vous êtes une victime Daria. Une victime de mon frère... Vous n'avez pas à vous excuser pour cela... Au contraire... Se serait plutôt à moi de vous présentez des excuses... Au nom du clan... Bien que...

Il tourna la tête vers Kwaïgon. Le coréen comprit tout de suite où il voulait en venir.

Kwai - Bien se serait plutôt à moi de le faire... Mais... Je ne suis pas un Tanaka.
Nobu - Certes. Et bien heureusement...
Daria - Cela aurait rendu bien compliquer les choses...
Nobu - Oh que oui !

Le destin avait décidé d'être clément avec eux, elle termina de boire sa tasse en soupirant faiblement. Cette rencontre avait été source d'émotions, malgré la note positive de celle-ci un goût d'inquiétude restait présent chez elle. L'étau de son passé se resserrait de plus en plus, il était temps que sa fille apprenne la vérité. Le coréen termina lui aussi sa tasse de thé avant de relever les yeux sur une horloge. Il pinça les lèvres dans un demi sourire avant de se tourner vers Nobu.

Kwai - J'ai bien peur qu'on doive repartir. Nous avons beaucoup de route pour rejoindre Tokyo.
Nobu - Oui. Bien sûr.

Il se leva doucement et fit de nouveau un signe de la main pour que la gouvernante revienne. Il raccompagna Kwaïgon et Daria en douceur jusqu'à la porte d'entrée. Il salua la polonaise en s'inclinant devant elle, respectueux avant de prendre brièvement le coréen dans ses bras avec émotion. Le coréen eut un moment de surprise, c'était la première fois qu'il se retrouvait dans cette situation, mais il referma bien vite les bras autour de Nobu.

Kwai - Je t'appelerais demain.
Nobu - Pas de soucis. Faites bonne route.
Kwai - Merci.

Ils échangèrent un regard chargé d'émotion avant que le coréen ne se dirige vers la voiture, sans un regard en arrière. Il marchait vite, le visage fermé, luttant contre le flot d'émotion qui l'envahissait... Daria, après avoir remercié et salué le japonais, rejoignit Kwaïgon en silence en sentant bien l'ambiance chargée en émotion entre les deux hommes. Elle installa tranquillement en laissant son regard vers l'horizon, ne cherchant pas à instaurer le dialogue, se doutant que ce n'était pas facile pour lui.
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Mar 26 Sep - 21:16
* * *

Un léger ronronnement réveilla lentement la jeune femme qui mit plusieurs minutes avant d'oser ouvrir les yeux. Elle jeta un bref regard autour d'elle avant de bâiller doucement tout en s'étirant dans son siège. Elle se tourna vers le cosy où était installé Sora, qui dormait toujours paisiblement. Puis elle posa son attention sur son fiancé, laissant apparaitre un sourire pétillant sur ses lèvres.

Yen - Dit-moi qu'on arrive bientôt ! Et que j'ai dormi une grande partie du trajet...

Le coréen sourit largement en lui jetant un coup d'oeil, restant concentré sur la route de montagne qui grimpait doucement vers les hauteurs.

Kwai - Oui, on est bientôt arrivé. Plus que cette montagne à gravir.

Elle contempla rapidement le paysage à travers la fenêtre, cherchant à reconnaitre l'endroit bien qu'elle n'était pas certaine de connaitre cette demeure où vivait actuellement Nobu.

Yen - Sora s'est reveillé à un moment ?

Si cela avait été le cas, elle ne l'avait pas entendu... Mais elle possédait un sommeil de plomb, une chance que le coréen avait un sommeil plus léger. De nouveau le coréen eu un léger sourire, négociant un nouveau virage en épingle.

Kwai - Oui. On a eu une longue discussion après laquelle il s'est rendormi.
Yen - Je me demande bien le sujet de votre discussion, dit-elle en rigolant.

Il sourit de nouveau, fier de lui. Il avait insisté sur le "longue" et prit un air sérieux pour lui répondre, mais il savait que Yennefer ne serait pas dupe. Cependant, il avait vraiment passer du temps à gazouiller avec Sora sur une partie du trajet. Cette fois, la météo était clémente. Des nuages bas persistaient cependant dans la vallée, mais ils étaient déjà au dessus. Dans les ravines autour d'eux, ils pouvaient voir le sol devenu cotonneux. Il prit un dernier virage en épingle avant de se trouver sur une route étroite, longeant un à pic, bordée par un haut mur de pierre. La route, en courbe et pente légère, les amena face au majestueux pont de bois rouge, enjambant une profonde gorge. Le coréen ralenti avant de s'engager sur le pont, qui donnait un aperçu de la demeure.

Kwai - Et voici la maison de montagne du clan... Elle est réservée aux dirigeants du clan... C'est le dernier bastion ! Ultra sécurisée mais aussi ultra reculée du monde... Tu as loupé l'accès en bas de la montagne mais il y a deux postes de sécurités, une seule route et la campagne à flanc de montagne est entièrement piégée... On a peu d'animaux sauvages ici du coup, à part les rapaces...
Yen - En gros, ici on se fait rapidement chier c'est ça ?

Elle avait posé la question sérieusement, en observant autour d'elle. Il sourit malicieusement avant de répondre avec un sourire en coin, d'une voix rauque.

Kwai - Tout dépend de la compagnie que tu as en séjournant ici...
Yen - Vu sous cet angle-là... Je serais intéressée de m'isoler dans ce coin moi aussi, dit-elle sous le même ton malicieux.

Il eu un léger rire puis soupira légèrement en tournant pour suivre la route à travers le parc, laissant, pour un instant, la vision de la demeure derrière eux. Il se gara au même endroit que quelques jours plus tôt avec Daria et coupa le moteur pour se retourner vers Sora. Le petit bonhomme lui adressa un large sourire en secouant ses bras et ses pieds dans tout les sens. Avec un sourire, le coréen descendit de la voiture pour aller le chercher...

Yen - Je ne suis pas mécontente d'être arrivée... marmonna-t-elle en sortant à son tour.

Elle avait commencé à faire ses heures de conduite, mais elle n'était toujours pas emballée par ce moyen de transport. Malgré que sa peur s'estompait peu à peu, elle restait très méfiante sur la route. Et pourtant, son moniteur d'auto-école lui fait régulièrement des compliments sur sa conduite...

Yen - La petite crapule est content aussi de prendre l'air !
Kwai - Il est toujours content. C'est facile du coup. Regardes...

Le coréen se mit en face de son fils et sourit de plus belle, grimaçant un peu, ce qui provoqua tout de suite le rire du bébé. Il se redressa ensuite et haussa des épaules avec un léger sourire.

Kwai - Tu vois... Facile.

Un immense sourire apparu sur ses lèvres en le voyant faire avec Sora. Dont elle vient lui caressa tendrement la joue avant de remettre correctement ses cheveux vers l'arrière, il possédait déjà une belle touffe d'un noir bien foncé. Puis elle se pencha vers son compagnon pour l'embrasser chastement, un sourire aux bords des lèvres. Le coréen haussa des sourcils, comme offusqué.

Kwai - C'est tout ce à quoi j'ai droit ? Même pas un baiser plus passionné que ça ?
Yen - C'est que tu es à croquer quand tu es offusqué !

Elle ne tarda pas à capturer ses lèvres avec plus de fougue, répondant autant à ses désirs qu'aux siens en glissant une main derrière sa nuque. Il répondit avec fougue à son baiser avant de sourire en jetant un oeil vers la maison.

Yen - Il nous attend de pied ferme, je suppose ? demanda-t-elle amusée.

Elle se demandait même s'il ne les observaient pas déjà...

Kwai - Oui, c'est certain...

Il sourit avant de se diriger doucement vers la maison, prenant la main de Yen au passage. Quand ils gravirent les quelques marches de bois du perron, la porte en arc de cercle s'ouvrit sur la gouvernante, cette petite femme entre deux âges aux traits sévères. Elle portait un kimono vert sapin cette fois. De même que lors de son passage avec Daria, elle les laissa enlever leurs chaussures avant de les conduire dans le grand salon. La lumière, plus vive que la dernière fois, noyait la pièce de reflets et d'ombres chatoyantes. Le feu sous le théière brûlait cette fois-ci et était entouré de grilles protectrices. Nobu, en kimono traditionnel beige, les attendait, debout dans l'encadrement de la baie vitrée, largement ouverte. Il se retourna sur eux avec un large sourire aux lèvres quand ils entrèrent.

Nobu - Kwaïgon-sensei, Yennefer-san et Sora... Soyez les bienvenues !

Il ouvrit doucement les bras avant de joindre les mains pour les saluer en s'inclinant. Le coréen, plus par habitude qu'autre chose, s'inclina également sans pour autant lâcher la main de Yen ou poser le cosy de Sora... Elle salua le japonais, en s'inclinant légèrement avant de jeter un coup d'oeil au coréen.

Yen - Nobu-sensei, merci.

Elle se détacha de son compagnon après un regard amusé dans sa direction, s'avançant vers la table pour s'installer tranquillement. Elle laissait le soin à Kwaïgon de faire les présentations entre Sora et Nobu. Bien qu'elle se demandait si son fiancé arriverait à se détacher totalement de son fils... Il était toujours aussi proche de lui, ce lien était attendrissant à voir et admirer chez eux. Elle déposa à côté d'elle le sac où étaient rangé les affaires du bambin, de quoi pouvoir le changer. Puis son attention se posa sur les deux hommes, avec une certaine curiosité. Le coréen la laissa faire avant de s'approcher du japonais, qui fit de même. Le sourire qu'il avait sur les lèvres depuis l'arrivée de la petite famille ne le quittait plus. Le coréen posa le cosy à côté d'un coussin avant de sortir le petit homme et le passer en délicatesse au japonais.

Kwai - Et voilà Sora...

Nobu prit le nourrisson avec délicatesse en le plaçant face à lui. Sora gigota de plus belle, tout sourire, tout gazouillant. Le coréen en rit doucement alors que Nobu reprenait, regardant tour à tour les deux fiancés.

Nobu - Une belle réussite ce petit ! Il est vaillant !
Yen - Il est sage, mais en effet on commence à voir qu'il ne manque pas d'énergie. Bientôt arriveront les premières bêtises !

A tel point que le japonais avait quelques difficultés à le garder dans ses bras sans trembler. Kwaïgon le récupéra, le prenant contre lui pour un câlin improvisé, auquel Sora répondit sans sourciller, habituer désormais à ce genre de geste de la part de son père. Nobu, s'installa en face de Yen, montrant quelques signes de fatigue... Le coréen ne tarda pas à les rejoindre, retenant Sora pour qu'il n'aille pas trop exploré la pièce, du haut de ses quatre pattes. Nobu avait du mal à quitter des yeux le petit homme mais il fini par regarder Yen, le regard pétillant d'émotion.

Nobu - Merci beaucoup, Yennefer, pour l'album photo. Il m'a beaucoup touché...
Yen - Avec plaisir, on m'a obligé à me reposer et créer cet album m'a pas mal occupé !

L'allaitement ne fut pas toujours de tout repos, son corps brulait pas mal de calorie pour produire du lait. Et même si la grossesse et l'accouchement s'étaient relativement bien passés, elle avait cumulé une certaine fatigue. Elle commençait enfin à retrouver toute son énergie d'avant.

Yen - Merci d'avoir accepté de nous marier...

Kwaïgon lui avait annoncé la bonne nouvelle en revenant de la rencontre entre sa mère et Nobu, bien qu'elle ne sut rien d'autre que cette information. Elle avait bien tenté de tirer les vers du nez de l'un et de l'autre, mais rien... Ils étaient restés silencieux et têtus. Le japonais releva les yeux sur elle avec un certain étonnement et sourit en douceur, les yeux brillants d'émotions.

Nobu - Ce serait plutôt à moi de vous remercier pour avoir pensé à moi pour ce moment... J'avoue que je suis un peu prit au dépourvu je n'avais pas vraiment prévu de discours ou de chose de ce genre mais... Je vais avoir quelques jours pour préparer tout ça.

Il sourit de nouveau, le regard pétillant. Cette perspective de pouvoir occuper ses journées autrement que par ses activités habituelles le ravissait... Elle répondit à son sourire.

Yen - Sora a pris beaucoup des traits de son père n'est-ce pas ? dit-elle amusée.

Elle tourna la tête en direction de son fils, qui était décidé à tenter de s'échapper de l'emprise de son père. Nobu suivit son regard. Le coréen était resté silencieux durant leur échange et élan de gratitude, occupé à retenir Sora qui gigotait dans tous les sens pour s'échapper. Le japonais eu un léger sourire et croisa un bref instant le regard du coréen avant de regarder Yennefer pour lui répondre.

Nobu - Il semblerait ! Mais il a tes yeux... Après, je ne sais pas à quoi ressemblait Kwaïgon dans son plus jeune âge...
Kwai - Plus personne ne le sait ! C'est mon avantage. répondit-il dans un maigre sourire.

Le coréen lâcha soudainement Sora qui, surprit, n'eut pas tout de suite le réflexe de s'éloigner. Et au moment où il allait reprartir, il fut stopper par l'arrivée de la gouvernante. Il se réfugia tout de suite dans les bras de son père, serrant la main de ce dernier avec force, sans quitter des yeux la gouvernante. Elle portait un plateau de serviettes chaudes et humides. En silence, elle fit le tour de la tablée pour les distribuées avant de s'approcher du feu, qu'elle étouffa à l'aide d'une sorte de grand chapeau chinois en cuivre. Elle prit ensuite avec précaution la théière pour commencer à préparer le thé, sur un coin de la table.

Nobu - Niyama a eu l'idée de mettre les grilles autour du feu pour Sora... Je n'avais pas pensé qu'il pouvait être aussi intrépide... Et je me rend compte qu'elle a eu bien raison.
Yen - Il est très éveillé pour son âge, en plus d'être curieux. On commence à réfléchir sur l'organisation de chez nous, les endroits à sécuriser... Bien que je doute pas que son père le suivra comme son ombre !

Il adressa un sourire à la gourvernante, qui lui répondit d'une respectueuse inclinaison de la tête. Dans la pièce, il n'y avait pas beaucoup de meubles ni de danger pour Sora, hormis le feu au sol et la grande ouverture vers l'extérieur... Yennefer lança un regard amusé au coréen, mais aussi pétillant de tendresse. Elle ne se plaindrait jamais de l'investissement de son compagnon dans l'éducation de leur fils, sa mère lui répétait régulièrement qu'elle avait de la chance d'avoir un tel homme dans sa vie. Et elle aimait les admirer ensemble...

Nobu - Mais je crois que cette maison n'a pas vu d'enfant aussi jeune depuis bien longtemps !
Yen - Pour être honnête, je ne pensais pas un jour devenir mère. Même si Sora est là, j'ai encore du mal à réaliser...
Kwai - Moi aussi...

Elle était pourtant si heureuse de la tournure que sa vie a prise ses derniers mois. Elle était incroyablement chanceuse... Et bientôt son mariage marquera une étape de plus. Elle commençait à être impatience, devenir sa femme. Sora grimpa sur son père afin d'aller rejoindre sa mère de l'autre côté en gazouillant. Elle le récupéra pour le blottir contre elle, malgré qu'il gigota un moment avant de se calmer, jouant avec ses cheveux longs qu'il arriva à attraper.

Yen - Ni même me marier ! Dit-elle en souriant.

Elle jeta un regard pétillant au coréen. Le coréen répondit à son sourire, sans pour autant parler. Il restait un poil réservé dans sa réaction, bien qu'il avait hâte, lui aussi, d'être officiellement uni à Yennefer. Niyama, qui avait disparu après avoir servit le thé, revint avec des plateaux de pâtisseries. Elle reprit les serviettes chaudes et se retira de nouveau, fermant la porte coulissante dans un léger bruit feutré. Nobu, le regard perdu sur Sora, fini par se lever en douceur et se diriger vers la console, sur laquelle une grosse boite en carton était posée. Il la prit la délicatesse et revint vers eux, sous le regard curieux de Kwaïgon. Cependant, il ne fallu que quelques seconde au coréen pour comprendre ce que contenait le paquet. Pour en avoir offert quelqu'uns dans sa vie, il connaissait parfaitement les dimensions des boites contenant les kimonos... Nobu fit doucement le tour de la table pour se mettre du côté de Yen avant de lui adresser un léger sourire. Avec lenteur, il se mit à genoux et déposa la boîte par terre, entre elle et lui. D'un ton solennel, empreint d'une émotion que le coréen ne lui connaissait pas, il s'adressa à la jeune femme.

Nobu - Ceci, est pour toi. Je l'ai acheté lorsque Kwaïgon m'a annoncé qu'il avait demandé ta main. Je fais parti de la vieille école mais... Pour moi, toute japonaise qui se respecte doit avoir dans sa garde robe au moins un kimono. J'entends par là, un vrai kimono de soie, un kimono de cérémonie. La réalité de notre société actuelle fait que tous n'ont pas les moyens de s'offrir un kimono de soie, mais... Passons. Tu vas désormais faire parti de la famille. Par alliance, tu vas devenir japonaise. Alors j'ai pensé que tu devrais avoir un kimono dans ta garde robe.

Il eu un léger sourire. Il posa sagement les mains sur ses genoux, attendant que Yen ouvre le paquet. Le coréen le savait, ce n'était pas le genre de cadeau de Nobu faisait à tout le monde. Le kimono avait un certain coût et eux même n'en offrait à l'Okiya de Misako qu'une fois l'an... Même si, il le savait, ce kimono là ne serait sans doute pas aussi élaboré que ceux que portait traditionellement les Geisha, il n'en restait pas moins fait dans un tissu noble, et, comme le voulait la tradition, tissé à la main. Kwaïgon resta silencieux, sa tasse de thé au creux de ses mains, observant la scène en silence. A aucun moment Nobu ne lui avait parlé d'un tel présent, et il était d'autant plus touché par ce geste...

Elle était restée silencieuse, gardant toujours Sora dans ses bras qui s'était légèrement calmé dans son agitation. Kwaïgon avait déjà eu l'occasion de lui expliquer ce qu'un kimono pouvait représenter, notamment un véritable kimono de soie. Une chose que reconfirma Nobu dans son explication, marquant l'ampleur de son geste... Elle ne pouvait qu'être honorée par un tel cadeau. Elle se tourna un instant pour tendre son fils à son père, sachant qu'elle pourrait difficilement ouvrir le paquet avec la crapule avec elle. Elle s'empressa à dévoiler le kimono, dans une réelle curiosité et impatience. Avant de se figer en admirant celui-ci...

Yen - Il... est...

Elle ne termina pas sa phrase, son attention entièrement fixait sur l'habit de soie dont elle se risquait à glisser les bouts de doigts dessus. Il était dans les tons roses légèrement saumon, avec plus de motifs aux bordures dorées et colorées. Des fleurs, des canards et différentes formes offraient une toile géante qui semblait illustrer une histoire.

Yen - J'oserais jamais le mettre... de peur de l'abimer, murmura-t-elle du bout des lèvres.

Elle continuait un instant à glisser ses doigts sur la soie avant de relever son regard vers le japonais, brillant d'émotion. Elle était réellement touchée de ce cadeau qui signifiait beaucoup pour lui.

Yen - Merci... Il est magnifique...

Nobu sourit, les yeux brillant et inclina doucement la tête pour répondre à son remerciement. Il prit une légère inspiration avant de reprendre la parole d'une voix tremblante d'émotion, fronçant légèrement les sourcils face à cette intonation qu'il ne maîtrisait pas.

Nobu - Il faut que tu l'essaie. Niyama va t'aider. Et je crois que Kwaïgon sait nouer les kimono donc... Une fois chez vous, il pourra t'aider...

Il tourna la tête vers le coréen pour avoir confirmation, que ce dernier lui donna d'un bref hochement de tête. Sora contre lui, il regardait sans rien dire, une boule d'émotion lui serrant la gorge. Le petit homme semblait comprendre -ou du moins ressentir- l'émotion de son père et restait calme, la tête appuyée contre son torse. Nobu leva nonchalement la main et la gouvernante apparu dans l'embrasure de la porte coulissante.

Nobu - Vas-y... Essaie-le.

Elle ne s'était pas attendue à cette demande de la part du japonais, braquant son regard vers celui de son compagnon. N'allait-elle pas être ridicule une fois vêtue de ce kimono ? Il était certes magnifique, mais elle doutait fortement que celui-ci garde sa splendeur une fois sur elle. Elle se pinça les lèvres en jetant un regard vers la gouvernante, elle doutait fortement que Nobu accepte son refus et puis elle se voyait mal refusée face à un tel cadeau de sa part. Elle referma le paquet avant de se lever en le récupérant délicatement, elle rejoignit Niyama afin de la suivre dans une pièce où elle comprit très rapidement qu'elle devait se dévêtir. Elle était loin d'être pudique, mais elle n'avait pas l'habitude d'être aidée pour s'habiller et la sensation était étrange pour elle. La gouvernante resta silencieuse, s'affairant à sa tâche avec dextérité et sans l'ombre d'une hésitation dans ses gestes. Yennefer commençait à être perdu dans les différentes étapes d'habillage d'un kimono, qui était pourtant bien plus simple que celui des geisha...

Après plusieurs minutes, bien que concrètement elle ne savait pas combien de temps exactement, elle apparut de nouveau dans la pièce. Sa posture était mal-assurée, se pinçant les lèvres... Elle était assez incertaine sur le résultat final.

Yen - Une Japonaise doit mieux porter le kimono que moi...

Les deux hommes n'avaient rien dit au retour de Yen. Il s'étaient contenté de l'admirer sans rien dire. A sa remarque, Nobu eut un faible sourire amusé. Kwaïgon cependant, le regard rempli d'émotion se leva en douceur, laissant Sora auprès de Nobu. Le petit garçon le regarda faire avec surprise, dodelinant doucement sur lui-même. Sans un mot, il se dirigea avec lenteur vers Yennefer et lui prit délicatement le visage entre ses mains, déposant un tendre baiser sur ses lèvres. Incapable de poser des mots sur ce qu'il ressentait dans un premier temps, il le fit passer à travers ce baiser, avant de la serrer contre lui, soufflant pour elle seule. Elle ferma un instant les yeux en se blottissant avec douceur, appréciant cette eteinte criante d'émotion.

Kwai - Il te va très bien... Je ne suis pas certain qu'une japonaise le porterait mieux que toi.
Yen - Merci...

Il fini par doucement s'éloigner d'elle, prenant l'une de ses mains pour l'inciter à tourner sur elle même, l'accompagnant dans ce geste. Un sourire s'était affiché sur ses lèvres en répondant à sa demande, tournant sur elle-même, malgré qu'elle se sentait encore maladroite dans ce vêtement. Il fini par rire doucement, reprenant d'une voix un peu plus assuré.

Kwai - Tu crois que je devrais prendre une photo pour l'envoyer à ta mère ? Ou c'est risquer le meurtre d'un peu trop près ?

Un rire s'echappa de ses lèvres à ses paroles, elle s'imaginait la tête de sa mère en voyant cette photo... Bien que le choc serait plus intense si elle débarquait ainsi.

Yen - Je pense que c'est signé ton arrêt de mort !
Kwai - C'est bien ce que je pensais... dit-il en souriant.

Elle se pencha pour déposer chastement un baiser sur ses lèvres, le regard pétillant d'amusement avant de reprendre.

Yen - Dans quelques années peut-être... Et encore. Quoi que... marmonna-t-elle.

Elle braqua son regard sur le japonais, soudainement très sérieuse.

Yen - Comment s'est passé la rencontre avec ma mère ?

Elle voulait savoir, même si elle avait un maigre espoir de tirer les vers du nez à Nobu. Son compagnon et sa mère s'était revelé très coriace à ce sujet-là... Elle avait l'impression que cela cachait quelque chose... Les deux hommes échangèrent un regard avant que Nobu ne réponde, sérieusement, une main dans le dos de Sora pour l'empêcher de tomber. Il lui avait donner une clé ancienne que le nourisson observait avec beaucoup d'intérêt.

Nobu - Très bien...
Kwai - Mieux que ce que j'avais imaginé.

Le coréen se détacha doucement de sa compagne pour se diriger vers la fenêtre de quelques pas. Il glissa les mains dans ses poches en soupirant. Malgré son regard vers le paysage, il n'en restait pas moins extrêmement attentif aux autres.

Nobu - Il n'y a pas lieu de t'inquiéter pour ça Yennefer-san. Votre mère est une femme pleine de surprise mais d'une grande générosité.

Il sourit, confiant, reportant son attention sur Sora qui donnait un peu de la voix face à la clé qui ne semblait pas faire ce qu'il désirait. Elle se pinça les lèvres en s'approchant de la table pour s'installer de nouveau en face du japonais, elle jeta un bref regard vers son fils sans pour autant intervenir. Il était important qu'il sache s'amuser seul, et qu'il éprouve de la frustration face à certaines choses.

Yen - Vu les réactions que ma relation avec Kwaï a provoqué chez elle, notamment le fait qu'il est asiatique... Je ne peux que m'inquieter. Et je sens qu'elle me cache quelque chose suite à votre rencontre...

Elle jeta un bref regard vers le coréen en soupirant, puis reposa son attention sur Nobu toujours avec sérieux.

Yen - Vous n'avez pas parler que de la pluie et du beau temps...

Le coréen restait obstinément tourné vers la fenêtre. Il préférait cela que de devoir mentir à Yennefer. Ce point là -l'identité de son père- était le seul point sur lequel il en voulait à Daria. Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait mit Yen dans la confidence depuis longtemps. Faire autant durer les choses lui devenait insupportable. Il préférait donc se détourner de la conversation. Nobu restait calme pour sa part et patient, répondait avec sérieux mais toujours aussi évasivement à la jeune femme.

Nobu - Elle connaissait ma nationalité et mon identité. Je pense qu'elle et Kwaïgon en avait discuté sur la route... Elle n'a donc pas été aussi surprise que cela. Certes elle a été un peu hostile au départ mais vraiment, cette rencontre s'est très bien passé. Ou tout du moins, c'est mon impression personelle.

Il jeta un bref regard vers Kwaïgon mais le coréen resta muet. Nobu reprit donc sagement.

Nobu - Elle était très contente de me faire passer l'album... Je crois...

Il sourit, toujours aussi reconnaissant envers ce présent... Yennefer poussa un profond soupir, ce n'était pas ce qu'elle voulait savoir. Elle aimait connaitre le fond de leurs discussions... De quoi sa mère avait-elle eu peur pour refuser ardemment sa présence à cette rencontre ? Elle détourna son regard vers Sora qui tapait la clé au sol, il semblait déterminé à sa tâche.

Yen - J'en saurais pas plus, j'ai compris...

Elle avait marmonné plus pour elle-même, car au fond elle ne pouvait pas leur en vouloir de ne rien lui dire. Elle allait devoir pousser sa mère au pied du mur... Nobu lui adressa un sourire compatissant avant de se pencher légèrement en avant pour attraper sa tasse de thé avec précautions. Il bu une gorgée avant de reposer sa tasse rapidement.

Yen - Je ne sais toujours pas non plus de quoi vous souffrez.

Ce n'était pas un reproche, elle voyait très bien que cette situation affectait beaucoup le coréen. En parler, poser les mots n'était pas facile. Et elle redoutait quand le japonais s'éteindrait... Nobu releva les yeux sur elle en fronçant légèrement des sourcils. Kwai ne lui avait donc rien dit ? Au fond, cela ne l'étonnait pas plus que cela. Il jeta un bref coup d'oeil à Kwaïgon, s'adressant à lui avec une grande douceur.

Nobu - Kwaïgon-sensei, je viens de me souvenir que j'ai laissé un livre dans le kiosque des sakuras. Je ne voudrais pas déranger Niyama, est-ce que tu pourrais...
Kwai - J'y vais.

Le coréen l'avait coupé net, d'une voix sourde et sans les regarder, avait franchi l'encadrement de la baie vitrée pour se rendre dans le jardin. En quelques pas, il était hors de portée. Nobu soupira et se tourna de nouveau vers Yen, plus fatigué que jamais.

Nobu - Je souffre de la maladie de Huntington. Une maladie orpheline pour l'instant incurable.

Il lui adressa un fin sourire avant de reprendre en douceur.

Nobu - Excuses-moi d'avoir éloigné Kwaïgon mais...

Il haussa des épaules, sans trop savoir comment terminer sa phrase. Il savait que ce genre de discussion était désagréable au coréen. Il l'évitait toujours très soigneusement... Elle était restée silencieuse, comprenant très rapidement la raison qui poussa le japonais à éloigner son compagnon. Et elle ne pouvait que le remercier pour ça... La révélation lui fit un choc, même si elle s'attendait à une maladie grave, elle s'était imaginé un cancer... Quelque chose dont on peut garder espoir d'un miracle de guérison...

Yen - Le sujet est très sensible pour lui, même s'il sait de quoi nous parlons... C'est préférable qu'il n'entend pas ses mots qui se refusent à entendre de nouveau, marmonna-t-elle.

Le japonais hocha brièvement de la tête pour approuver. Elle était sincèrement émue d'apprendre sa maladie, qui offrait un verdict bien amer.

Yen - Je ne connais pas beaucoup cette maladie. Comment vous sentez vous ?

Elle se doutait bien que cette situation n'était pas facile à vivre, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de poser cette question... Le japonais eu un léger sourire triste avant de répondre.

Nobu - Pour l'instant je vais plutôt bien... Mais je sais que d'ici quelques mois, ce ne sera plus la même chose... C'est une maladie qui s'attaque à pas mal de choses en même temps... Assez variable d'une personne à une autre... Mais je ne me fait pas d'illusions.

Il jeta un regard vers la fenêtre avant de revenir sur Yennefer en soupirant.

Nobu - La fin est souvent compliquée... Parfois douloureuse... Pénible dans tout les cas. Au Japon, ce n'est pas comme aux Etats-Unis... La législation sur la fin de vie est plus compliquée et...

Il suspendit sa phrase un instant pour chercher ses mots avant de reprendre.

Nobu - J'ai demandé à Kwaïgon de m'aider... Pour la fin.

Il ne pouvait pas être plus imagé... Mais il n'était pas certain que pour le coréen, ce "service" lui soit supportable... Elle eut le souffle coupé à ses mots, elle ne s'était pas attendue... Elle prit conscience de l'impact de sa demande, prenant soudainement peur pour son compagnon.

Yen - Tu ne peux pas lui demander ça !

Elle en avait perdu sa politesse en le tutoyant encore sous la surprise de la révélation. Elle pouvait comprendre qu'il ne souhaite pas souffrir, que cette maladie était vicieuse, douloureuse et que personne ne voulait vivre ça. Qu'il ne demandait qu'une mort paisible et rapide... Elle pouvait s'imaginer à sa place, respectant sa demande... Mais la main qu'il avait choisi pour mettre fin à sa vie, elle avait du mal à l'accepter.

Yen - Il n'en ressortira pas indemne... Tu ne peux pas lui faire ça...

Nobu parut s'offusquer, mais il se radoucit bien vite. Il comprenait les paroles de la jeune femme, son indignation, mais aussi son inquiétude. Il répondit avec une certaine fermeté, malgré son ton calme.

Nobu - C'est mon choix Yennefer-san. Et j'en ai déjà fait part à Kwaïgon, qui m'a déjà donné sa réponse.

Il radoucit son ton avant de reprendre, jetant un oeil à Sora qui mordillait désormais la clé en gazouillant joyeusement.

Nobu - Il en ressortira indemne. Il vous a vous... Toi, Sora... C'est une raison suffisante pour le pousser à très vite reprendre le cours de sa vie. Je ne m'inquiète pas pour lui. Pas en sachant que tu seras là.

Il lui adressa à nouveau un fin sourire avant de jeter un bref regard vers la fenêtre. Kwaïgon, un livre à la main, faisait les cent pas à une cinquantaine de mètres de la fenêtre, le regard perdu sur les montagnes environnantes. Il était toujours hors de portée mais refusait obstinément de regarder dans leur direction.

Nobu - Je sais bien que c'est un terrible service que je lui demande... Mais je n'ai personne d'autre...

Elle poussa un soupir en détournant son regard vers Sora qui rapprochait d'elle en tenant toujours sa clé devenue baveuse dans sa petite main. Que pouvait-elle répondre ? Même si elle avait du mal à accepter le choix du japonais, elle ne pouvait pas nier l'évidence. L'entourage de Nobu se comptait sur les doigts d'une main... Elle attrapa son fils qui gazouilla joyeusement avant de se blottir. Elle lui déposa un baiser sonore sur sa joue avant de plonger son regard vers Nobu.

Yen - Elle possède combien de chambres cette maison ?

Sa question pouvait surprendre, car elle passait littéralement d'un sujet à un autre. Et pourtant, son idée ne manquait pas d'une certaine cohérence. Le japonais fronça les sourcils à sa demande et prit quelques instants pour réfléchir, sous l'effet de la surprise.

Nobu - Et bien... Il y a quatre chambre dans la maison principale. Niyama occupe une dépendance dans le parc. Le dernier étage a été transformé en bureau mais il a une salle de bain et on peut facilement y mettre un lit supplémentaire...

Il regarda la polonaise avec curiosité avant de reprendre.

Nobu - Pourquoi cette question ? C'est assez... Surprenant.

Un sourire s'afficha sur ses lèvres, se doutant parfaitement que sa question était surprenant et que le japonais avait du mal à comprendre la raison.

Yen - Il était prévu qu'après le mariage nous rentrons, mais je me disais qu'il serait peut-être possible de rester ici.

Elle laissait en sous-entendu le reste de ses pensées, mais l'intonation marquait bien le sens de ses mots. Elle ne pouvait pas se résoudre à laisser le japonais vivre seul ces derniers mois de vie ni priver son compagnon de ses derniers instants avec son père d'adoption. Le japonais se radoucit en entendant les paroles de la jeune femme et eu un léger sourire.

Nobu - Je ne suis pas certain que Kwaïgon soit du même avis que toi... Vous avez tout de même du travail, une vie... Une famille à construire. Mais c'est une attention délicate. Merci.

Il inclina légèrement la tête pour appuyé son remerciement. Dans le parc, Kwaïgon revenait vers eux à pas lents, regardant ses pieds en shootant dans les herbes hautes, une main dans la poche. Avant qu'il ne puisse encore les entendre, le japonais se tourna rapidement vers Yen.

Nobu - Ne sois pas trop dure avec lui... Il a et va encore avoir des choix difficiles à faire. Il a besoin de soutien, rien de plus. C'est moi qui suis à blâmer, pour lui ajouter un choix de plus à faire...

Pour le japonais, Kwaïgon n'avait rien à se reprocher, que se soit pour son silence persistant au sujet de la maladie de Nobu tout comme le secret qu'il partageait avec Daria... Elle avait vaguement hoché la tête à ses paroles qui fit germer en elle beaucoup d'interrogation, tournant la tête vers son compagnon en lui souriant tendrement. Sora s'était mis à s'agiter de plus belle, faisant comprendre à sa mère qu'il souhaitait retrouver sa liberté pour rejoindre son père. Elle le lâcha en direction de celui-ci, en rigolant légèrement face au trottinement à quatre pattes de Sora. Le coréen releva les yeux en voyant Sora entrer dans son champs de vision et accéléra le pas pour jeter nonchalement son livre sur la terrasse de bois avant de cueillir son fils qui se laissa tomber en toute confiance dans ses bras, au dela du bord de la terrasse. Il le leva vers le ciel, tournant sur lui même avec un sourire, provoquant l'hilarité chez le bébé.

Yen - Il possède déjà une admiration pour son père c'est dingue ! Malheurs à ceux qui cherchent à lui voler son papa ! dit-elle amusée.

Nobu sourit en regardant le coréen faire. Il aimait cette facette du coréen qu'il ne soupçonnait absolument pas. Elle reposa la clé que son fils avait délaissé sur la table, puis attrapa sa tasse de thé qu'elle termina tranquillement.

Yen - Même s'il commence à devenir moins pot de colle.
Nobu - C'est une bonne chose... Ce sera plus difficile par contre quand vous ferez le petit frère ou la petite soeur... La venu d'un autre avec qui il faut partager, dans une telle relation, cela peut être compliqué...
Yen - On va attendre qu'il soit plus grand pour se pencher sur la question...

Il était encore trop tôt pour elle pour planifier un autre enfant, Sora occupait déjà beaucoup leur quotidien. Et elle ne pouvait pas nier que leur couple était encore bien jeune, elle ne voulait pas se précipiter... Elle souhaitait maintenant prendre le temps. Le coréen prit correctement Sora dans ses bras avant de se pencher pour reprendre le livre et rejoindre Yen et Nobu, s'installant à sa place. Il posa rapidement le livre sur la table avant de retenir Sora qui se maintenait debout sur ses genoux et se laissait tomber en arrière en rigolant, s'attendant à ce que son père le rattrape, ce que le coréen faisait volontiers, ne pouvant s'empêcher de rire face au fou rire de son fils... Nobu sourit à son tour. Cette vision, il ne pouvait pas le nier, apportait pas mal de joie dans son morne quotidien...

Yen - Pas un pour rattraper l'autre ! dit-elle en rigolant. Les deux hommes de ma vie sont fou !
Nobu - Je vois ça !

Elle leva les yeux au ciel avec amusement avant de reposer son attention sur Nobu, jetant un regard vers son compagnon.

Yen - Vous avez parlé organisation du mariage ?
Nobu - Non, du tout. J'ai travaillé sur mon texte mais c'est bien tout... Mais je vous fais confiance quand au reste ! Je pense que tout est déjà bouclé non ?

Le coréen acquiesça distraitement en souriant à Sora, qui se tortillait de rire dans ses bras. Il reprit cependant le petit homme contre lui pour qu'il se calme. L'heure du repas approchait de toute façon et il valait mieux qu'il soit sage pour ce moment là.

Kwai - J'ai eu Misako au téléphone pendant que j'étais dans le parc. Elle a rejoint Daria pour lui tenir compagnie et aller chercher deux trois petites choses pour le mariage... Mais je crois qu'il va y avoir des moments où elles auront besoin de toi... Saskia n'a pas manquer de me rappeler qu'il y avait plein de choses que je ne devais absolument pas voir ou savoir avant le jour j !

Il sourit avant de tourner la tête vers Yen, haussant des sourcils d'un air faussement mystérieux. Il ne connaissait pas toutes les subtilités des traditions autour du mariage mais avec une cérémonie aussi hétéclyte que la leur, il ne manquerait pas d'y en avoir un certain nombre avec eux...

Yen - Saskia peut être diabolique, marmonna-t-elle du bout des lèvres.
Kwai - Oh oui... répondit-il en hochant de la tête.

Elle ne s'était pas beaucoup investie dans l'organisation du mariage, malgré que sa meilleure amie, sa mère et le coréen s'étaient appliqués à lui arranger le moindre désir vis-à-vis de l'évènement. Et elle avait même fini par avouer qu'elle préférait avoir le plus de surprise possible, pour rendre ce jour-là encore plus mémorable.

Yen - Et je ne sais toujours pas si je dois avoir peur de cette association pour l'organisation du mariage...
Nobu - Je suis certain que ça va être un très grand jour...

Le japonais sourit en regardant Sora traverser calmement la table à quatre pattes en direction de sa mère, babillant à chaque main qu'il posait devant lui. Elle grimaça légèrement en jetant un regard à son fiancé.

Yen - Tu ne les as pas laissé trop partir dans des délires à la con...
Kwai - Oh non ! Tes envies, mes envies et rien d'autre. J'avoue ne pas avoir pu tout faire mais bon...
Yen - Si c'est à l'image de tes cadeaux... marmonna-t-elle ronchonnant. Tu vas encore trop me gâter...

Il sourit à sa réponse. Il y avait eu certaines choses impossible à réalisées, malgré le laps de temps généreux qu'ils avaient eu à leur disposition. Le plus difficile au final avait été de réfréner les envies de Saskia et Daria... Les recadrer pour qu'elles ne partent pas dans des délires plus ou moins personnels face à cette cérémonie. C'était leur journée à eux... Et le coréen s'était appliqué à ce que cette idée ne sorte pas des esprits.

Kwai - Cependant on a encore le lieu à vraiment arrêter. Demain on ira voir quelques endroits. Et une fois que se sera fait, il n'y aura plus qu'à laisser les témoins et les belles mères se débrouillées et attendre !
Yen - On a combien de lieux à visiter ?
Kwai - Deux. Mais si aucun des deux premiers ne te plaît, j'aurais une dernière carte à jouer. Donc potentiellement trois lieux.
Yen - Te connaissant, ils pourront que me plaire...marmonna-t-elle en souriant.

Elle avait récupéré Sora contre elle, jetant un bref regard vers l'horloge. Il devait commencer à avoir faim, surtout qu'il s'était bien dépensé depuis leur arrivée ici. Ils commençaient à varier petit à petit son alimentation, cependant elle ne comptait pas le sevrer de lait pour le moment. Certes, l'allaitement était fatiguant pour elle, mais ce lien pendant le nourrissage en valait le coup. Et cela avait tendance à soulever beaucoup de questions... Quand faut-il arrêter d'allaiter son enfant ? Sa mère l'avait allaité très tardivement, lui affirmant qu'elle sentirait quand le moment est arrivé. Elle se tourna légèrement, avant d'écarter les pans de tissu du kimono, trouvant un côté légèrement pratique du vêtement. Cependant, heureusement que celui-ci n'était pas aussi serré que ceux des geishas. Elle ne mit pas longtemps à positionner Sora pour que celui-ci se met à téter goulument, arrachant un sourire tendre à Yennefer. Nobu restait respectueux face à cette vision, bien qu'il n'en soit pas gêné. Le coréen pour sa part, termina sa tasse de thé et piocha distraitement dans les pâtisseries avant de reporter son attention sur Yennefer.

Yen - Elles se sont mises d'accord sur la personne qui gardera Sora pendant le mariage ?

Cette question avait animé beaucoup de soirées, aux dernières nouvelles le débat était encore ouvert.

Kwai - J'ai tranché. Pendant la cérémonie, il sera avec Saskia ou Calum, mais sinon, il sera avec Keira. Izikel et Jeff nous la "prêtent". Et de toute façon il y aura d'autres baby-sitter durant toute la durée de la soirée pour garder les enfants...
Yen - Heureusement... Car à la fin, j'ai cru qu'elles allaient me découper Sora afin que quelqu'un puisse avoir un morceau de lui, dit-elle amusée.

Mine de rien, il commençait à y avoir pas mal d'enfants dans le groupe et une personne en plus pour aider Keira ne serait pas de trop sur la soirée.

Nobu - Et bien... Tout cela m'a l'air d'un compliqué...
Yen - C'est bien pour ça que j'ai refusé de participer à l'organisation ! C'est d'une prise de tête...

Kwaïgon pinça les lèvres en hochant de la tête pour confirmer les dires de son mentor avant d'avaler un nouveau morceau de gâteau. Le japonais n'eut pas le temps de reprendre qe Niyama se présentait sur le pas de la porte. Elle s'avança vers Nobu et lui tendit un morceau de papier en s'inclinant, le tenant de ses deux mains. Le japonais la remercia dans sa langue natale, prenant le moreau de papier de ses deux mains avant de le lire. Il renvoya Niyama d'un hochement de tête et se leva en douceur.

Nobu - Excusez-moi. Un appel apparemment urgent...

Il s'éclipsa en douceur et en silence, laissant le couple seul avec Sora. Le coréen resta silencieux, observant Yen et Sora le regard perdu dans le vide, en pleine réflexion, mâchant avec lenteur un morceau de pâtisserie... Son regard avait vaguement observé le japonais avant que celui-ci disparaisse de la pièce. Sora tétait toujours avec vivacité, plongeant son regard dans le sien quand elle tourna la tête vers lui. Du bout des lèvres, elle osa poser sa question maintenant qu'elle se retrouvait seule avec son compagnon.

Yen - Tu aimerais rester après le mariage auprès de Nobu ?

Les paroles du japonais avaient faire germer beaucoup d'interrogations. Est-ce que son fiancé souhaitait pouvoir passer du temps avec son père de subtitution ? Ou comme l'avait laissé penser Nobu, ce désir n'était pas présent chez Kwaïgon... Elle ne voulait pas le forcer, mais elle avait besoin de connaitre ses envies vis à vis de ce sujet... Le coréen revint à lui-même en entendant la voix de Yen. Il lui fallu quelques secondes pour refaire dans sa tête la question qu'elle avait posé et trouver une réponse.

Kwai - Je ne pourrais pas... Il y a trop de boulot au Haras pour que je me permette de rester.

Il avait dit cela d'un ton neutre mais son regard avait quelque chose de lointain, comme s'il réfléchissait à autre chose en même temps qu'il répondait. Malgré tout, il fini par froncer les sourcils et interroger à nouveau la jeune femme.

Kwai - Pourquoi cette question ? Pourquoi reste là après le mariage ? Tu ne veux quand même pas te défiler pour notre lune de miel ?

Elle tourna la tête vers lui, laissant apparaitre un immense sourire au bord de ses lèvres.

Yen - Pour rien au monde je me défilerai pour notre lune de miel... Même si j'ai peur de ta folie des grandeurs...

Il sourit, rassurer par sa réponse. Cependant, il ne dirait rien quand à ce qu'il avait prévu. Il avait gardé le secret sur leur lune de miel, excluant toute aide ou avis extérieur. Elle tendit une main vers son visage pour le caresser avec tendresse, plongeant son regard plein d'amour dans le sien. Cependant, le sérieux avait teinté les traits de son visage.

Yen - Je me demandais si tu souhaites qu'on reste avec Nobu...

Sa gorge se serra et il se figea, le regard fixe, mais vague. Il comprenait où elle voulait en venir et pour l'instant, il avait prit grand soin d'occulter tout cela de son esprit. D'une voix blanche, le regard toujours vague et figé, il murmura plus qu'il ne parla.

Kwai - Il t'a parlé du... service qu'il m'a demandé ?

Elle poussa un long soupir en hochant vaguement la tête, mais elle ne put se contenter que de ça...

Yen - Oui... Une demande que je comprends, mais que je n'accepte pas. Il connait mon avis sur la question...

Elle détourna un instant la tête vers leur fils, comme si elle cherchait la force de poursuivre le fond de ses pensées.

Yen - Ce jour arrivera... Mais, peut-être que tu aimerais profiter du temps qu'il reste pour vivre des jours plus joyeux que ça... Et que ton dernier souvenir de lui, soit ce jour où tu es venu...

Elle ne put terminer sa phrase, soudainement bloquée par l'émotion. Le coréen eu un soupir douloureux avant de baisser les yeux et poser l'une de ses mains sur celle de Yen. Il l'enleva de sa joue pour la serrer affectueusement et la lui rendre.

Kwai - Je ne veux pas que vous soyez là quand... Quand ce moment arrivera. Je... C'est impossible.
Yen - On ne sera pas là... Cependant, il est hors de question que je sois à l'autre bout du monde quand cela arrivera, je suis d'accord de t'attendre à ton appartement, mais je veux être présente d'une certaine manière.

Il releva doucement les yeux, les fixant dans ceux de Yen.

Kwai - Je ne sais pas si c'est une bonne idée de rester ici. Je ne veux pas que vous...

Il détourna les yeux, finalement incapable de terminé sa phrase tant sa gorge était serrée. Machinalement, il attrapa la théière pour remplir à nouveau sa tasse et l'avaler d'un seul coup afin de faire passer le noeud dans sa gorge...

Yen - Que quoi... Kwaï... Je ne dis pas que ses derniers instants de vie vont être toujours facile. Mais je suis certaine qu'il peut y avoir de tes bons moments à vivre malgré sa maladie... Cependant, je ne te forcerai pas... Je te propose juste... Et je veux que tu saches, que si tu as envie. J'accepte de rester ici. Je ne veux pas que tu es des regrets plus tard...

Elle se pencha afin de déposer chastement un baiser sur ses lèvres, murmurant combien elle l'aimait et qu'elle serait toujours avec lui, qu'elle serait présente pour le soutenir dans ses choix. Il se laissa faire, hochant doucement de la tête avant de répondre, à mi voix.

Kwai - Je vais y réfléchir...

Que lui même reste quelques temps, il y avait vaguement pensé. Mais que Sora et Yennefer restent, c'était pour l'instant tout à fait exclue. En tout cas, certainement pas dans les derniers temps. Quitte à ce que se soit une source de dispute entre eux. Il serait intransigeant...

Kwai - Je... Je vais faire quelques pas. Excuses moi.

Il se leva en douceur avant de faire quelques pas vers la baie. Il ne mit pas longtemps avant de traverser la courte terrasse en bois et reposer les pieds dans l'herbe. Il glissa les mains dans ses poches et baissa à nouveau les yeux au sol en continuant d'avancer à pas lent. Nobu pour sa part revint dans le salon, regardant Yen en fronçant les sourcils.

Nobu - Tu as perdu Kwaïgon ?

Elle était restée silencieuse aux paroles du coréen, sachant parfaitement que le sujet était douloureux et que sa réaction était logique. Elle ne lui en voulait pas, ni maintenant ni futur... Car elle se doutait bien que le sujet n'était pas terminé, pas encore... Elle adressa un sourire au japonais, caressant les cheveux de son fils délicatement.

Yen - J'ai du mal à tenir ma langue... J'ai abordé le sujet que j'acceptais de rester ici s'il le souhaitait.

Elle soupira légèrement en jetant un regard vers la terasse avant de reposer son attention vers Nobu. Le japonais hocha doucement de la tête sans rien dire, suivant un bref instant son regard.

Yen - Il a besoin de prendre un peu l'air... Je sais que j'aurai du attendre pour aborder ce sujet avec lui, mais je ne veux pas qu'il puisse avoir des regrets plus tard. Bien que ce choix lui reviendra...
Nobu - Oh... Je comprends mieux.

Il sourit gentiment avant de reprendre sa place en douceur. Il se passa quelques secondes durant lesquelles il garda le silence avant de reprendre en douceur, relevant les yeux sur Yen.

Nobu - Yennefer-san, je me demandais... Est-ce que... Est-ce que tu pourrais m'envoyer d'autres photos de Sora quand vous serez rentré ? Je pourrais ajouté des pages à l'album que tu m'as offert...

Il avait posé sa question timidement, les deux mains autour de sa tasse de thé, le regard plein d'espoir. Elle plongea son regard dans le sien avant de lui répondre en souriant.

Yen - Bien sûr, Sora semble bien aimer prendre la pose en plus !

Elle tourna la tête vers son fils qui semblait avoir terminé son repas, la regardant avec ses grands yeux brillants de vie. Elle remit en place son kimono avant de s'adresser à Sora tout en le positionnant pour l'aider à faire son rôt.

Yen - Hein ma crapule d'amour ! On va encore faire plein de belles photos !

Sora s'était mis à gigoter une fois son rôt salvateur de sorti. Elle le porta en face d'elle avant de déposer plein de bisous sonores sur ses joues qui provoquèrent le fou rire du bébé. Elle finit par le poser à côté d'elle en lui tendant la vielle clé. Le japonais la regarda faire avec un certain amusement, un sourire au bord des lèvres. Il sirota sa tasse de thé en silence.

Yen - Il grandit trop vite à mon goût, marmonna-t-elle en souriant.
Nobu - C'est toujours comme ça ! J'ai eu le même problème avec mes fils... Ils ont grandi trop vite...

Il soupira avant de jeter un oeil par la fenêtre. Le coréen ne revenait pas. Non sans une certaine inquiétude, il reposa son attention sur Sora, qui reprenait la clé en riant et secouant ses petits bras.

Nobu - Mais bientôt vous allez pouvoir vivre encore plein de nouvelles choses avec lui... Ses premiers pas, son premier anniversaire, ses premiers mots, ses premières vraies bêtises... Tout un programme !
Yen - J'espère qu'il n'a pas hérité de mon talent pour les bêtises, dit-elle en souriant.

Il sourit de nouveau avant de boire une gorgée de thé, reprenant sur le ton de la confidence.

Nobu - Je suis content que tu sois entré dans sa vie... Et persisté, malgré nos différents. Je sais que je n'ai pas été très tendre avec toi...

Elle fut surprise de ses paroles, de cette confidence. Elle qui s'était mis en tête que le japonais estimait qu'elle n'était pas à la hauteur pour le coréen... Elle ne pensait pas entendre qu'il puisse être sincèrement content...

Yen - Je me suis fait une raison que je n'étais pas la femme parfaite pour Kwaïgon...

Elle marqua une pause avant de rajouter sous un ton amusé, malgré le sérieux de ses mots.

Yen - Mais je n'étais pas dépaysé avec ma mère qui rejetait en bloc Kwaï, elle a été beaucoup plus virulente à sa manière...

Un sourire apparu sur ses lèvres, malgré les souvenirs des disputes. Elle était bien contente que les tensions concernant son compagnon soient terminées.

Yen - De toute façon, j'ai toujours été têtu... On peut difficilement me faire changer d'avis, seul lui aurait pu me faire lâcher et encore je me serais bien agrippé à sa jambe, dit-elle en rigolant.

Le japonais rit doucement. Il avait écouté la jeune femme en silence, avec sérieux. Malgré le ton léger de la fin de son discours, il reprit avec le même sérieux.

Nobu - Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi. Tu dois avoir l'habitude maintenant ceci dit.

Il sourit, buvant une gorgée de thé avant de reprendre, plus sérieux que jamais.

Nobu - Je pense que... Au contraire, tu es la femme parfaite pour Kwaïgon.

Il pinça les lèvres avec solennité, fixant son regard dans celui de la jeune femme. Il n'entendit ni ne vit le coréen apparaître au coin de l'ouverture sur le parc. Sa voix, rauque, fit légèrement sursauter Nobu.

Kwai - Merci Nobu-sensei... Sincèrement.

Le japonais ne fut pas le seul à sursauter en entendant la voix du coréen. Yennefer prise par le regard du Nobu ne l'avait pas vu apparaitre. Elle jeta un long regard à son compagnon avant de se tourner vers le japonais, ses yeux étaient brillants d'émotions. Ses mots l'a touchèrent plus qu'elle ne l'aurait pensée.

Yen - Ouf heureusement parce que je ne comptais pas le lâcher, marmonna-t-elle en plaisantant.

Cependant, l'émotion était bien présente, comme son remerciement.
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