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Episode 8 ; Survivre ou mourir

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Mar 9 Déc - 21:58

Survivre ou mourir



POV Izikel
Le paysage filait sous ses yeux endormis. Perdu dans ses pensées, le jeune homme ne faisait pas vraiment attention à ce qui se tramait autour de lui. Il savait seulement que la route filait sous leurs pieds et il n’entendait que le bruit du moteur se mêler à celui de la pluie. Alejandro était concentré ; il roulait vite mais la pluie ne le ralentissait pas, aussi forte soit elle. Il ne faisait que redoubler de vigilance… Izikel battit des paupières et recommença à prendre conscience du monde qui l’entourait. Où était-il déjà ? Il fronça les sourcils en regardant par la fenêtre. Les gouttes de pluie rendaient les lampadaires brillant et flou, comme des étoiles lointaines. A moins que ce ne soit sa vue qui soit trouble ? Ses paupières se refermèrent un instant qui lui paru n’être qu’une seconde… Une seconde d’apaisement total, une seconde où rien n’aurait pu venir le déranger. Lorsqu’il rouvrit les yeux, les lumières de la ville avaient disparues laissant place à une banlieue. Il fronça de nouveau les sourcils, l’extérieur était toujours flou. Cela commençait à devenir étrange… Et même agaçant. Ses paupières étaient lourdes et il remarqua qu’il avait la bouche pâteuse. Mais quelque chose l’empêchait de s’éveiller complètement. Mais il ne lutta pas. Pour une raison qu’il ignorait encore, il n’était pas inquiet. Peut-être aurait-il dû ? Il ferma de nouveau les paupières, mais cette fois il ne sombra pas. Il sentait la route sous lui et il avait conscience de sa position assise, malgré le dossier un peu incliné vers l’arrière. La pluie tombait toujours et la route filait toujours aussi vite sous eux. L’éthologue resta un moment ainsi, immobile, les yeux à demi ouvert, à regarder la vitre devant lui. Le paysage avait encore changé, désormais, tout était noir. Plus de ville. Combien de temps s’était écoulé depuis qu’ils avaient quitté la ville ? Il n’arrivait pas à savoir. Il avait les yeux clos à ce moment là. Mais pourtant, il ne les avait fermé qu’une seule seconde, non ? Il soupira et leva la main pour la passer sur son visage, mais elle était effroyablement lourde. Il grimaça alors que son corps, en s’éveillant enfin, se rappelait à son bon souvenir. Le goût de fer s’ajouta à sa bouche pâteuse, et une migraine enveloppa son crâne et l’enserra comme un étau. Doucement, avec précautions, il se redressa et remit son dossier droit. Alejandro, à côté de lui, lui jeta un coup d’œil soulagé.

Ale —  Un revenant ! Je me sentais bien seul sans toi ! Comment te sens-tu ?

Il se souvenait. Et ce dont il se souvenait ne lui faisait pas spécialement plaisir. Les choses n’avaient pas tournées comme elles l’auraient dû. Ils avaient été prit au piège et séparé. Ezra et Lou les avait couvert et Ale et lui avait fait un peu de ménage. Mais Kwaïgon avait été emporté dans un fourgon par deux hommes de main et Christine Reg en personne. Lui-même avait été désarmé et avait fini à mains nues avec son agresseur, qu’il avait emporté avec lui sous la bâche de la piscine. La lutte avait été rude et longue. Trop longue. Il ne se souvenait pas être sorti de l’eau lui-même…

Walig —  Ezra… Lou…

Parler était encore compliqué. Sa gorge le brûlait. Et maintenant qu’il y regardait d’un peu plus près, il était enroulé dans un plaid et ses vêtements étaient encore trempés.

Ale —  Ils vont bien. Ils sont dans la voiture de Kwaïgon, juste devant nous. Regardes dans la boîte à gant, il y a des aspirines et de l’eau, ça te fera du bien.

L’irlandais ne réfléchit pas plus et ouvrit la boîte à gant. Il poussa l’arme à feu qui s’y trouvait et attrapa une boite de cachet et une petite bouteille d’eau. Il avala le tout sans trop se poser de questions, attendant avec une certaine impatience que ça agisse.

Walig — Et Kwai ? Et… Comment je suis sorti de l’eau ?

Alejandro lui lança un regard bienveillant et sourit du coin des lèvres. Il reposa bien vite le regard sur la route, suivant de près les feux arrière de l’Aston du coréen.

Ale — J’ai plongé peu après toi. Vous aviez coulé et étiez tout les deux inconscients. Je t’ai remonté et heureusement, tu étais simplement évanoui. Ezra et Lou ont terminé la dératisation de la maison, on t’a embarqué et on est vite parti à la suite du fourgon. Kwaïgon a eu l’intelligence de mettre en marche un mouchard en se faisant prendre… Mais ils ont beaucoup d’avance…

La mine inquiète de l’américain n’était pas pour le rassurer. Mais avait-il vraiment le choix ? Ils étaient à la poursuite du coréen et pour l’instant, ils ne pouvaient rien faire de plus…

POV Kwaïgon
Il avait les mains menottées devant lui et était assit sur le sol du fourgon, en tailleur. Quelqu’un lui maintenait la tête penchée et il ne pouvait voir que ses genoux. Mais il était calme. Affreusement calme. Il faisait le point, avec toute l’expérience et la sagesse dont il pouvait faire preuve. En premier lieu, qu’est-ce qui avait cloché durant leur intervention ? Pour lui rien, si ce n’est que leurs victimes savaient qu’ils étaient là. Mais comment ? Ils avaient prit toutes les précautions et Ale ne les avait pas trahi, il en était certain. Alors qui ? Qui avait vendu la mèche ? Il avait beau réfléchir, il lui manquait une pièce du puzzle. Cependant, une chose le rassurait, leur mois de préparation intensif n’avait pas été vain. Ils avaient quand même pu avoir le dessus malgré le retournement de situation dont ils avaient été victime. Et Christine Reg était là, assise à l’avant du fourgon. Un homme conduisait, une armoire à glace comme on en fait maintenant, et un autre du même genre était avec lui, braquant une arme dans son dos pour le dissuader de bouger. Ils roulaient, vite et il ne savait pas dans qu’elle direction. Il avait enclenché son mouchard mais il le savait faiblard en énergie. Il ne tiendrait pas longtemps. Maintenant qu’il avait fait le point sur la situation, il devait se demander comment il allait sortir de là sans perdre la vie…

POV Ezra

La pluie n’arrangeait pas ses affaires. Le jeune homme, les yeux rivés sur la route, évitait au maximum les flaques pour ne pas partir en aquaplaning tout en gardant sa vitesse, qui avoisinait les cent soixante kilomètres heures. Ils allaient le rattrapé. Le fourgon ne roulait pas aussi vite qu’eux, il n’en avait pas la puissance. Il fallait qu’il le rattrape. Il n’avait pas le choix. Lou, assise à côté de lui, alerte, suivait des yeux le traceur du mouchard de Kwaïgon sur son téléphone. Elle était tendue et ne disait pas grand-chose, annonçant les changements de directions quand il le fallait, s’accrochant à la poignée de sa portière quand elle en avait besoin. Elle ne  regardait pas la route, jamais.

La journée avait été rude pour elle. Mais elle avait étonnée Ezra de part sa capacité à abattre un homme de sang froid. Certes, pour le premier, elle avait hésité. Mais entre recevoir une balle et en mettre une dans la tête de son agresseur, elle n’avait pas hésité très longtemps.  Elle était restée un moment prostré, bras tendu, choquée par son propre acte. Mais les cris d’encouragements d’Ezra l’avait remise dans le bain et elle s’était battue. Ils étaient quatre, et en face d’eux il y avait trente hommes entraînés et lourdement armés. Un frisson d’angoisse avait parcouru l’échine d’Ezra quand il avait entendu Ale leur crier qu’il avait compté trente cibles. En réalité, il y en avait trente trois, madame Reg comprit. Ezra savait que sa formation lui permettrait d’abattre ses hommes à lui. Mais Lou ?  Et Izikel ? Il n’avait pas eu le temps de se poser la question à vrai dire. Cela avait été un carnage. Mais il ne préférait pas y penser. Le premier échange de tir avait duré quinze minutes durant lesquelles il avait quasiment vidé son chargeur principal sans toucher aucune cible. Et puis Ale et Izikel avait fait le tour de la maison et était sorti de nulle part, abattant les hommes un à un, avec des couteaux à cran. Silencieux et efficaces. Lou avait ensuite touchée son premier homme et Kwaïgon avait fini le travail derrière elle, puis tout s’était enchainé. Mais pas comme Ezra l’avait imaginé. Ils avaient été isolés et Kwaïgon, touché à la cuisse et à l’épaule, avait été assommé et emmené. Ils devaient encore faire face à une quinzaine d’hommes à ce moment là et personne ne pouvait se lancer à la poursuite du coréen sans y laisser sa vie.

Alors la lutte avait continué. Il avait vu du coin de l’œil Izikel passer par la baie vitrée du salon et entendu le plongeon. Il se souvient d’avoir crié son nom, que Lou ai abattu un homme sur le point de coller une balle dans la tête d’Ale qui courrait pour plonger à la suite de l’irlandais. Il s’était occuper du dernier homme et Ale avait sorti Izikel de l’eau. Il était inconscient mais respirait encore. Alors ils ne s’étaient pas poser de questions. Dans la marre de sang qui remplaçait le salon, ils avaient trouvé un plaid et avait mit l’irlandais dans la voiture d’Ale avant de partir avec celle de Kwaïgon. Depuis, ils n’avaient pas échangé un mot tous… L’adrénaline envahissait encore leurs veines, les maintenant en vie.

Plongé dans ses pensées et sur la route, le métis n’avait plus fait attention à Lou, mais la demoiselle émit soudain un petit cri de surprise. Ezra lui lança un regard un peu affolé avant de l’inciter à s’expliquer.  

Ezra — Quoi ?

Lou le regarda, le regard perdu et affolé. Elle avait presque les larmes aux yeux.

Lou — C’est le signal !
Ezra — Quoi le signal ?
Lou — Il a disparu !

Le sang du jeune homme ne fit qu’un tour. Il laissa la voiture en roues libres un instant, ralentissant doucement. Que devait-il faire ? Sa logique lui disait de s’arrêter mais son cœur lui ordonnait de poursuivre. Mais comment savoir où aller s’ils n’avaient plus le signal du mouchard ? Il ne le pouvait pas, il en était parfaitement conscient. Il soupira longuement, faisant le vide en lui pour prendre une décision.  

Ezra — Ok. Alors on s’arrête.

Il fit clignoter ses warning et freina doucement au début, puis plus fort, se rangeant sur le bas côté. La pluie cessait peu à peu, se faisant plus fine, mais le vent se levait en échange… Les phares de la voiture d’Ale se garèrent derrière lui et le jeune homme sorti de la voiture.

Ezra — Restes là Lou.

La rouquine acquiesça, regardant dans le rétroviseur pour suivre les choses. Ale imita Ezra et les deux hommes se retrouvèrent entre les voitures.

Ale — Qu’est-ce qui se passe ?
Ezra — On a perdu le signal du mouchard.
Ale — Merde !

Le tueur à gage leva les yeux au ciel, passant ensuite la main sur son visage pour essuyer les gouttes de pluie. Le métis, en attendant que l’américain ne réfléchisse, ne pu s’empêcher de jeter un œil à Izikel dans la voiture. Il fut rassurer de voir l’éthologue conscient et concentré sur ce qui semblait être un téléphone. Mais son regard se reporta vite sur Ale qui semblait avoir prit une décision.

Ale — On ne peut pas continuer de rouler à l’aveugle.
Ezra — Je sais…
Ale — Je n’ai presque plus de carburant. Il y a une station à quelques kilomètres. Allons-y, je réfléchis sur le chemin.
Ezra — Ok.

Le métis fit volte face pour remonter dans sa voiture mais la voix de l’américain le stoppa.

Ale — Ezra !

Il fronça les sourcils en regardant le blond.

Ale — On le retrouvera.

Il acquiesça d’un geste net. Il en été convaincu. Il remonta dans la voiture et démarra, expliquant la situation à Lou. Ils n’avaient plus vraiment le choix de toute façon…

POV Kwaïgon

Le coréen releva doucement la tête, faisant fi de la douleur qui envahissait son corps. Il avait apprit à la dompter. L’enseignement qu’il avait reçu de maître Tanaka lui avait souvent porté secours et cette fois n’échappait pas à la règle. La pluie cessait au dehors et par-dessus le bruit du moteur, il entendait celui de la mer. Ils n’étaient pas très loin de l’océan ; c’était parfait. Il baissa de nouveau les yeux sur ses pieds. Le sol du fourgon s’était tâché de son sang mais ses plaies n’étaient plus aussi abondantes. Il pourrait bouger rapidement s’il se forçait. Il prit une grande inspiration silencieuse et se calma, vidant son esprit. Après quelques secondes, il était prêt. Une nouvelle inspiration qu’il bloqua net tout en se déboitant le pouce droit d’un geste sec et assuré. Il n’avait pas droit à l’erreur. Rapidement il glissa sa main hors de la menotte, la retenant de l’autre pour éviter les cliquetis et remit son articulation en place, soufflant l’air bloqué par la même occasion. Il avait les mains libres. Le fourgon ralenti et il sentit la pression dans son dos se faire moins forte ; son gardien avait tourné la tête, c’était l’occasion dont il avait besoin. Prenant appui sur la paroi du fourgon il se fit pivoter sur lui-même, attrapant l’arme d’une main et la gorge de son agresseur de l’autre. Il serra, alors que l’armoire à glace glougloutait. A l’avant, les deux autres pestaient. Mais le temps que Reg ne réagisse, son gardien était mort et le conducteur se prenait une balle dans le crâne. Le coréen se précipita sur Reg et lui arracha son arme des mains, à temps pour voir que le fourgon filait droit sur un ravin. Il mit un coup de volant et le véhicule tourna sec, frappant violemment la glissière de sécurité. Mais il ne se retourna pas pour autant. Il poursuivit sa route alors que la mère de Louna serrait le frein à main en agrippant sa ceinture. Le fourgon s’arrêta net et le coréen fut projeter à travers le pare brise. Il tomba lourdement sur le bitume et grimaça. Tout s’était passé si vite… Mais il n’avait pas vraiment le temps de réfléchir. Des talons sur la route lui indiquaient que Reg venait sur lui. Il se redressa mais pas assez vite. Elle fut plus rapide que lui et ramassa l’arme de son chien de garde que le coréen avait fait tomber dans sa chute. Elle le visa et tira. Ou tenta. L’arme s’était enraillée. Il devait en profiter. Il se releva en titubant et se dirigea vers Christine Reg qui s’acharnait à faire fonctionner son arme. Ce qu’elle réussit enfin à faire, alors que Kwaïgon l’avait dans les mains. Il serra les mains de la femme, fermant un instant les yeux. Une douleur fulgurante lui traversait la poitrine. Il n’avait pas assez dévié le tir pour l’éviter. Mais il était encore vivant. Pour l’instant…

Il rouvrit les yeux et les fixa sur ceux de Reg. Elle avait peur, cela se sentait dans son regard. Et elle avait raison. Le coréen exerça une torsion sur ses poignets frêles et elle lâcha son arme. Doucement, il la força à reculer et la plaqua contre le fourgon, serrant finalement sa main sur sa gorge. Elle se débattit un instant mais abandonna vite en voyant que le coréen ne serrait pas assez fort pour la tuer. Non… Il ne voulait pas la tuer… Pas tout de suite en tout cas. D’abord il voulait parler. Le regard dur et froid, le visage sans expression, il avait une parfaite maîtrise de lui, de son corps. C’est d’une voix froide et calme qu’il parla, juste assez fort pour couvrir le bruit du vent. Il n’y avait rien autour d’eux, ni personne.

Kwai — Qui ? Qui vous a prévenu de notre arrivée ?
Reg — Personne…

Il serra un peu plus son emprise et la femme émit un cri étouffé. Il desserra seulement pour lui permettre de parler. Mais son regard suffit à réitérer ses paroles.

Reg — C’est Kam… Mon fils…
Kwai — Ton fils ? Tu n’as pas de fils.
Reg — Ca c’est ce que vous croyiez tous… Mais il n’y a pas que Louna… Elle a un demi-frère…

Le coréen resta un instant muet face à cette réponse. Louna ? Un demi-frère ? Comment se faisait-il qu’ils ne le sachent pas ? Ale aurait dû être au courant… Pourquoi n’avait-il rien dit ? Des dizaines de questions se bousculaient dans son esprit et inconsciemment il resserra son emprise sur la gorge de la femme. Il lui lança finalement un regard noir alors qu’un rictus presque victorieux se dessinait sur ses lèvres rouges.

Kwai — Tu mens.
Reg — C’est ce qu’on verra…

Elle sourit, ce qui fit grimper en flèche la haine que ressentait le coréen. Il ajouta sa seconde main à la première et serra, attendant simplement que la vie quitte le corps de cette infamie et une fois chose faite, il laissa son cadavre sans vie tomber sur le sol. Mais il ne devait pas rester là. Il attrapa tout ce qui contenait ses empreintes et jeta tout dans le fourgon. Avec ses dernières forces, il hissa le corps sans vie de la mère de Louna dans le fourgon et poussa celui du garde du corps au volant. Il se devait de faire le ménage. C’était lui le logisticien. Il fit redémarrer le moteur qui avait calé et recula, se retrouvant face à la glissière. Il prit de la vitesse, assez pour être certain que le fourgon chute et sauta après avoir calé le volant. La chute du véhicule fut spectaculaire ! Un des plus beaux spectacles de ces derniers jours… Il resta là un moment, à regarder le fourgon disparaître aux pieds de la falaise, dans les eaux glacées de l’atlantique. Il vacilla quelque peu et le froid qui se saisissait de lui le rappela à l’ordre. Il devait partir. Il sorti son téléphone de sa poche et pressa le bouton d’allumage. A sa plus grande joie, l’écran s’illumina. En quelques minutes, il pu savoir qu’il y avait une maison environ cinq cent mètres en contrebas. Ni une ni deux, il en prit la direction d’un pas assuré bien qu’un peu boitillant…

***

Kwaïgon se rangea sur le bas côté et coupa le contact de la voiture qu’il avait volé. Il était sur une petite route au milieu de rien et ne savait pas où il était. Il faisait nuit et à sa droite, sous la falaise, la houle venait se briser sans grands fracas sur les rochers. L'océan était calme et il ne pleuvait plus, malgré l'hiver qui s’annonçait. C'était une nuit paisible dans ce coin du monde. Personne pour le déranger. Personne pour le trouver. Mais finalement, il aurait peut-être préféré... Que quelqu'un le trouve et le dérange...

Il regardait devant lui, en tâchant de calmer sa respiration chaotique. Les mains crispées sur le volant pour arrêter les tremblements. Il voyait flou et réprima un sanglot à cause de la douleur intense qui lui traversait le corps. Il voulu prendre une grande inspiration mais la douleur était trop fulgurante et manqua de lui faire perdre connaissance de peu. Il desserra sa main droite du volant pour tenter de tourner la clé et remettre le moteur en route mais il tremblait trop pour atteindre de nouveau la clé. Il étouffa un cri de rage et de douleur entre ses dents, serrant son jean de sa main droite. Elle était couverte de sang. De son sang. Il était seul, loin de tout et de tous, et en train d'agoniser, incapable de faire quelques mètres de plus.

Il avait fini son job. Il avait lutté pour le finir mais maintenant, il était à bout de force et n'en pouvait plus. Il n'arrivait plus à se battre contre son destin, pour sa propre survie. Il se sentait partir, lentement, et ne pouvait rien faire contre cela. Le froid engourdissait peu à peu ses membres, avant de prendre possession de son corps entier. Maintenant s'il tremblait, ce n'était pas que de douleur, c'était aussi de froid. De petites étoiles se mirent à danser devant ses yeux et il fini par se laisser aller sur le siège de la voiture.

Était-ce la fin ? Il le pensait. Alors que ses dernières forces l'abandonnaient peu à peu ; que les tremblements cessaient en même temps que la douleur ; que le monde autour de lui sombrait dans le noir ; il repensa à toutes ces personnes qu'il avait connu dans sa vie. À ceux et celles qui l'avait accompagné durant des années. À ses chevaux... Qu'allaient-ils devenir sans lui ? Il ne savait pas. Il ne savait plus et n'était plus sûr de rien.

Puis ce fut le noir complet et cette nette impression de bien-être, juste avant que sa conscience ne s'évanouisse...

POV Ale
Le plein des voitures était fait et les quatre jeunes gens étaient silencieux autour de leurs cafés. Ils s’étaient rapidement changé et débarbouillé dans les toilettes miteuses de la petite station service dans laquelle ils s’étaient arrêté et attendait. Attendre quoi ? Un signe de vie de Kwaïgon… Ou une idée lumineuse d’un des leur. Il s’était passé seulement un petit quart d’heure depuis qu’ils avaient quitté la voie rapide et Ale n’avait cessé de réfléchir depuis. Ou le fourgon avait-il bien pu aller ? Est-ce que Reg mère avait une autre planque le long de l’océan ? Ou est-ce qu’ils avaient prit la direction des terres ? Ils avaient perdu la trace du coréen juste avant un gros échangeur et poursuivre serait trop dangereux, surtout s’ils prenaient la mauvaise direction. L’américain soupira, le nez plongé sur son café. Que faire ? Trouver une idée… Trouver une brillante idée… Son regard se posa sur les objets de la table, en quête d’inspiration. Un soupir s’échappait de sa bouche alors qu’il posait les yeux sur le téléphone de Lou. Il croisa le regard de la jeune femme et cette dernière sembla avoir la même idée. Elle se saisit de son téléphone et pianota quelques secondes avant de composer un numéro. Elle n’attendit pas longtemps, et au ton mielleux de sa voix, elle ne devait pas être en conversation avec le coréen.

Lou — Bonsoir ! Et bien j’aurais besoin de vos services… Oui ! En fait, mon fils est en weekend à la mer, il est parti faire du camping avec ses amis ! … Oui ! Exactement ! Mais ce garnement ne répond pas à mes appels… Oui je sais… Et j’aimerais savoir où il se trouve… Je m’inquiète surtout… Aucun de ses copains ne répond non plus… Oui… Alors son numéro c’est le 212-555-2386… Oui je patiente… Merci…

La rouquine sourit doucement à Ale, qui était pendue à ses lèvres, comme tous les autres.

Lou — Oui j’ai de quoi noté… 6… 7… Parfait ! Merci ! Bonne soirée !

La jeune femme raccrocha et brandit un papier devant le nez des hommes.

Lou — Coordonnées GPS.

Ezra, qui était à côté de la demoiselle lui prit la tête et déposa une long baiser sur sa tempe tandis qu’Ale attrapait le papier pour entrer les coordonnées dans son GPS.

Ezra — Tu es parfaite…
Ale — On y va ! C’est à vingt minutes d’ici, en se dépêchant on peut en mettre que dix.

En quelques secondes les moteurs vrombissaient de nouveau et Ale et Izikel en tête, les voitures disparaissaient dans la nuit…

***

Izikel — LA !!

L’éthologue désigna une voiture garé sur le bas côté qu’ils venaient de doublé. Ale serra le frein et pila net alors que l’irlandais se jetait au dehors et se précipitait vers la voiture. L’américain colla de suite son téléphone sur son oreille pour prévenir Lou et Ezra qu’ils l’avaient trouvé. Ils s’étaient séparés pour couvrir plus de terrain et gagner du temps mais il fallait désormais qu’ils se rejoignent. Quand Ale atteint Izikel en raccrochant, celui-ci se démenait pour sortir Kwaïgon de la voiture, inconscient et maculé de sang. Ale l’aida et une fois le coréen au sol, Izikel entama un massage cardiaque.

Ale — Y’a un défibrillateur dans la voiture.

Il ne fallu pas plus de trente seconde à Ale pour ouvrir le coffre et sortir la boîte contenant la petite machine. Une minute plus tard, la poitrine du coréen se soulevait sous le choc électrique. Izikel s’était mit au bouche à bouche quand la voiture d’Ezra et Lou se gara prêt de la leur. Tous savaient qu’Ezra avait reçu une formation médicale avant d’intégrer la police et il prit naturellement le relais de l’irlandais, avec des gestes plus sûrs et rapides que les siens. Les secondes leur paru être des vies entières mais au bout de quelques minutes, le coréen régurgita un peu de sang et se remit à respirer.

Ezra — Il lui faut des soins, il a des balles dans le corps et perdu beaucoup trop de sang.
Ale — Avec le matériel tu pourrais le soigner ?

Ezra se crispa un instant et soupira avant de jeter un bref coup d’œil à Kwaïgon.

Ezra — Tu es certain de vouloir prendre le risque ?
Ale — On n’a pas le choix. On a plus de trente cadavres sur les bras. Soit tu peux le faire soit on est obligé de le laisser là.
Lou — QUOI !?
Ezra — Du calme Lou… On ne le laissera pas là ok ?!

Le ton était monté d’un coup et Ezra s’était fait plus ferme. Il lança tout de même un regard noir à Alejandro, bien qu’au fond il était du même avis que lui.

Ezra — C’est loin ?
Ale — Trente minutes. J’ai du sang dans la voiture et de quoi faire une perf.
Ezra — Donnes. On va le mettre sur la banquette arrière de ta berline. Il va nous tuer si on tâche sa caisse. Walig, aides-moi…

L’irlandais s’exécuta, un peu pâle. Lou retenait tant bien que mal ses larmes mais la pression commençait à descendre et elle fondrait d’ici peu. En attendant, Ezra avait reprit le silence et la concentration nécessaire à sa tâche. Il posa la perfusion et les voitures reprirent la route et leur course folle…

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