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Episode 12 ; Quand devenir parents

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Dim 12 Oct - 11:28

Quand devenir parents



« Après neuf mois de grossesse, la naissance tant attendue approche, votre accouchement est pour bientôt. Mais comment se passe un accouchement ? Voici tout ce que vous avez toujours voulu découvrir sur votre accouchement... »

Une ombre s'asseyant devant lui interrompit sa lecture. L'éleveur abaissa le journal et leva les yeux, les joues rougissantes. En face de lui, une tasse de café se portant à ses lèvres, Louna souriait.

« Ça y est, tu te mets aux lectures pré-grumeautiques ? »

Liam fit les gros yeux en refermant son magazine et en le glissant sous un exemplaire de « Men's Health » du mois précédent. Il prit innocemment sa propre tasse de café et en bu une gorgée.

« Pré-grumeautiques ? »
« Pré-natales. Mais comme je vais être la tata de ton petit grumeau, je préfère dire pré-grumeautiques. »

Liam sourit. Il avait un peu pris les devants et était moins effrayer quand à sa condition de futur père. Mais cela ne l'empêchait pas de faire de jolies petites crises d'angoisses quand il était seul. Il avait même dû descendre de cheval la dernière fois et avait passé une quinzaine de minutes plié en deux et caché derrière Call dans le manège pour se calmer. Et plus le terme approchait et plus ce genre de crises étaient fréquentes. Mais il n'en avait rien dit à personne.

« Mon grumeau... Tu sais que le terme n'est que dans un mois ? »
« Je sais, mais c'est son premier. »
« Et ? »
« Et souvent les premiers ont un peu d'avance. Surtout de nos jours, il y en a de plus en plus qui naissent quinze jours ou un mois avant le terme. »

Elle sourit de toutes ses dents, les yeux pétillant de joie, portant un bagel garnit de confiture et de beurre à sa bouche. Liam écarquilla un instant les yeux, sentant son coeur battre à tout rompre dans sa poitrine mais sa respiration se nouer immanquablement. « Pas maintenant. Calme-toi Liam. Calme-toi... ». Il prit une grande inspiration qu'il bloqua et sourit, faussement joyeux avant de se cacher derrière sa tasse de café. Il haïssait ce genre de situation au plus profond de son être. Mais il fit bonne figure devant Louna. Avait-il vraiment le choix de toute façon ?

« Vous avez de la chance que la tempête soit terminée en tout cas ! »
« Oui ! Au moins on pourra atteindre la clinique. »
« Myriam a déjà fait son sac et tout ? »
« Oui... »
« Et vous avez choisi le prénom alors ? »
« On est pas encore d'accord... »
« Va falloir pas tarder à choisir quand même ! »

Elle sourit encore alors que l'éleveur réprimait avec une certaine difficulté une nouvelle vague de panique. « Tout va bien. Tout est ok. Le bébé est encore bien au chaud... ». Il ferma quelques secondes les yeux et lorsqu'il les rouvrit, un second sourire lui faisait face. Enzo venait de les rejoindre. Sous la demande de Louna, ils avaient organisés une petite séance de dressage à laquelle le jeune homme participait. Liam avait accepté de "supervisé" la séance, depuis le dos de Call...

« Bonjour Enzo ! »

Il tendit la main avec un sourire qui se voulait chaleureux, mais vu le champ de bataille qui prenait place dans son esprit, il avait quelques soucis pour garder une parfaite maîtrise de lui-même. Malgré tout le jeune homme lui serra la main avec un sourire.

« Salut Liam ! »
« Re-bonjour mon chéri ! »

Pour réponse, la jeune femme eut droit à un baiser dans les règles de l'art, qui fit sourire Liam. Ils étaient mignons tout les deux ! Et tellement en osmose... Ils donnaient même parfois envie ! Bien que Liam soit l'un des premiers à affirmer et constater qu'il était un homme heureux en ménage.

« Alors ! Bientôt papa !? »

Cette fois le sourire disparu. Il regarda le jeune homme prendre place à côté de sa dulcinée et sourit, bien qu'un peu faiblement. Il avala péniblement la boule qui se formait dans sa gorge et reprit vie après un instant de sourire figé.

« Dans un mois. Le terme est dans un mois. »

Il donnait sans doute plus l'impression de tenter de se persuader lui-même qu'autre chose mais bon. Il en était encore là dans le genre "évolué"... Louna sourit en terminant son café.

« On y va ? »
« Partez devant, je vous rejoins... »

Les deux cavaliers se levèrent et s'éclipsèrent, non sans sourires et mots d'encouragements. De nouveau seul, Liam posa ses coudes sur la table et se prit la tête dans les mains. Il espérait vraiment que Louna se trompait et que Myriam tiendrait jusqu'au terme de sa grossesse... Parce qu'il ne se sentait pas du tout prêt...

***
« Call s'il te plaît, ne m'énerve pas aujourd'hui, c'est vraiment pas le moment ! »

L'étalon double pearl secoua une dernière fois le nez avant de retrouver son calme alors que Liam poussait un soupir agacé. Il avait rapidement brossé l'entier avant de passer un temps fou à lui mettre des bandes de travail. Il n'avait pas cessé de bouger les pieds sans arrêt, rendant la tâche de l'éleveur plus que compliquée. Ensuite, il avait eu du mal à le seller, et maintenant, il avait beaucoup de mal à lui enfiler sa bride. Mais après ce petit coup de gueule, l'éleveur fini par mettre la bride à son cheval.

« Bon aller on y va... »

Il enfila ses gants, attrapa son stick et fit sortir le bai de l'écurie. Au dehors, le froid mordant du grand nord le saisi, presque à le pétrifier. Il fit de suite demi-tour pour mettre sur le dos du cheval un petit oubli : un couvre-rein. Il enroula aussi une seconde écharpe autour de son cou et ressorti pour braver le froid et la neige. C'était déjà mieux.

Au manège, il retrouva Louna et Enzo, qui était déjà là. Il n'y avait qu'eux dans le manège, ce qui n'était guère étonnant. La température extérieure incitait très peu au travail et eux même le voyait bien, ils sortaient bien moins souvent les chevaux, se contentant de les mettre au pré avec de grosses couvertures. La seule qui se satisfaisait pleinement de cette nouvelle situation, c'était Caïpirigna, le lynx canadien de Louna. La petite femelle féline passait le plus clair de ses journée dans la neige, passant le reste du temps dans la chambre de Walig, au chaud, collée à son radiateur. C'est bien elle qui avait raison dans le lot !

Liam se mit souplement en selle et laissa le lusitanien prendre le pas, rênes longues. Il se tourna ensuite vers Louna, concentré sur son travail.

« Vous avez fini la détente ? »
« Presque. »

Il acquiesça et se concentra de nouveau sus son cheval. Louna reprit doucement le trot, en selle sur Caraanu Pi, alors qu'Enzo marchait tranquillement son cheval, un certain Hermès. Après un long moment au pas pour mettre la machine Call en route, Liam prit le trot, gardant ses rênes longues et demandant à l'entier d'étendre son encolure. Ce qu'il fit de bonne grâce. D'ailleurs, il avait pas mal progressé dans ses allures. Maintenant, il pouvait marcher au pas sans trottiner sur place sans arrêt. Ce qui était nettement plus agréable pour Liam... Il poursuivit sa détente par diverses courbes, en reprenant un peu l'étalon pour mettre un peu d'impulsion et le laissa galoper un peu avant de reprendre le pas. Il rejoignit Enzo et Louna qui marchaient côte à côté et leur adressa un petit sourire.  

« Bon, pour aujourd'hui, je vous propose du travail au galop. Incurvation, contre incurvation, contre galop et changements de pieds en l'air. Ça vous va ? »
« Ça me va ! »
« Nickel ! »
« Ok, alors on commence par incurvation sur des huit de chiffre très larges et changement de pied de ferme à ferme en X sur les diagonales. Louna tu peux repasser par le trot d'abord. Enzo, je ne sais pas ce qu'il sait faire le tien mais si tu maîtrise les galop - pas fais-les, sinon, repasse aussi par le trot. Deux foulées maxi entre chaque ! Trois si vraiment vos chevaux s'agitent. Je vous montre et après c'est à vous. »

Le cavalier s'efforçait de faire abstraction de ses inquiétudes, et reprit ses rênes, mettant l'entier sur la piste alors qu'Enzo et Louna se poussaient un peu. Il prit le galop à main droite et commença par faire un cercle en C. Il s'appliquait pour incurver Call, qui s'exécutait. Malgré son agitation au box, le double pearl avait montré un bel enthousiasme une fois dans le manège. Peut-être qu'il ne sortait pas assez ? Le pré plein de neige ne lui suffisait pas ? C'était quelque chose à peut-être prendre en compte. En attendant le lusitanien s'incurvait bien. Une fois le cercle terminé, le cavalier prit la diagonale en M, remettant l'étalon bien droit. Peu avant X, il tomba dans le pas. Après deux foulées, il reprit le galop du pas à main gauche et en récupérant la piste, fit un cercle à main gauche en A, en incurvant de nouveau l'étalon. Il reprit ensuite le pas et rejoignit ses "élèves" du jour.

« C'est bon pour vous ? »
« Oui. »
« Parfait ! »
« Ce qu'on cherche donc : l'incurvation, la fluidité des transitions, la rectitude sur les lignes droites, et la réactivité du cheval. Louna tu commence ? »
« Bien chef ! »

Ils échangèrent un sourire alors que Liam prenait la place de la demoiselle à côté d'Enzo. Louna se mit tranquillement sur la piste et prit le trot, puis le galop avec un jeune entier calme et à l'écoute. Caraanu avait fait de réel progrès et l'éleveur, qui supervisait son dressage, était particulièrement content de son évolution. Louna entama son premier cercle en C. Le jeune entier s'incurva malgré une certaine résistance et la demoiselle entama finalement sa première diagonale. Peu avant X, elle repassa au trot puis au pas et à peine quelques foulées plus tard, demanda le galop du pas. Caraanu partit un peu vite mais la demoiselle le reprit. Le manque de souplesse à gauche entraîna une défense du jeune crème sur l'incurvation. Aussitôt Liam intervint.

« Reste sur ton cercle, tes mains plus légères, insiste sur cette main. »

La demoiselle ne répondit pas, les yeux baissés sur la nuque de l'entier et resta sur son cercle. Tout en la regardant faire, les inquiétudes de l'éleveur revenaient peu à peu, en sourdine. Il soupira finalement et se tourna vers Enzo, une question lui brûlant les lèvres. Même s'il gardait beaucoup de choses pour lui en ce moment, cette fois, il avait besoin d'un avis sûr.

« Enzo... Dis moi... Comment... Comment tu as vécu ton rôle de père au début ? Ce n'était pas... Effrayant ? »
« Je ne vais pas te mentir. C'était vraiment effrayant. Je me suis retrouvé père du jour au lendemain et j'y étais sûrement moins préparé que toi. Mais... Y'a un truc qui fait qu'à la fin te te rends compte que cet enfant, c'est le tien. Et finalement tout s'envole. »

Le jeune homme haussa des épaules avec un fin sourire. Liam hocha tout doucement de la tête et détourna le regard, perdu dans le vague, vers Louna. Il tomba dans une profonde réflexion alors que la cavalière obtenait finalement une bonne incurvation avec Caraanu Pi. L'entier crème était de nouveau un peu plus calme et galopait de façon plus posée. La demoiselle reprit d'ailleurs calmement le trot puis le pas avant de rejoindre les deux hommes.

« Alors c'était comment ? »

Liam eu un moment de vide. Il releva les yeux vers la demoiselle et mit quelques secondes avant de reprendre ses esprits. C'est d'une voix blanche qu'il reprit la parole.

« Beaucoup mieux sur la fin. »
« C'est tout ? »
« C'était bien mieux sur la fin. »
« De quoi avez vous parler tous les deux ? » - demanda-t-elle suspicieuse.
« De rien. A toi Enzo ? »
« Ouep ! »

Louna prit la place d'Enzo alors que celui-ci partait sur la piste à main droite. Liam gardait les yeux fixé sur lui pour éviter le regard interrogateur de l'éleveuse. Et finalement, il avait bien fait, car le jeune homme avait quelques difficultés avec son cheval. En jeune qu'il était, Hermès parti un peu trop rapidement, embarquant à demi son cavalier. Liam se redressa sur sa selle, son côté pédagogique prenant le dessus sur le reste.

« Redresse-toi ! Cale-toi bien dans ta selle. Et reste sur le cercle, c'est pas grave si tu ne prends pas la diagonale de suite. Je préfère que tu l'ai calme que d'aller sur l'exercice dans le désordre. »

Enzo acquiesça en entamant son cercle. Hermès ne s'incurvait pas véritablement au départ, mais après quelques tours, il réussit à retrouver un galop calme et incurvé.

« Vas-y maintenant ! »

A la fin de son cercle, le jeune homme entama la diagonale. Un peu avant X il reprit le trot mais aussitôt, Hermès reparti au galop de lui même.

« Le laisse pas ! Fais un cercle au milieu jusqu'à ce qu'il soit calme au trot. Une fois calme, tu reprends la diagonale et départ au galop à gauche. »

Enzo ne disait rien mais écoutait et appliquait les conseils de l'éleveur. Il mit de suis le jeune entier sur un cercle assez court, qui le fit tomber dans le trot. Une fois un peu calmé, le jeune homme reparti en ligne droite vers la piste. Cette fois c'est lui qui demanda le galop et Hermès le prit, bien que le nez un peu haut. Liam gardait son sérieux et un regard attentif sur le couple.

« Recommence après un cercle ou deux tout de suite sur la diagonale opposée. Dès que tu le sens bien tu y vas. »
« Ok ! »

Cette fois, même si les transitions étaient un peu rapides, le jeune homme n'eut pas besoin de faire de cercle au centre du manège. Il repassa finalement au pas et se pencha sur l'encolure de son cheval pour le féliciter chaudement.

« C'était nettement mieux sur ta seconde diagonale ! Mais en fait, c'était peut-être un peu trop ambitieux comme exercice pour lui. Il est un peu plus jeune que Caraanu... Mais c'était pas mal du tout ! Tu t'es bien débrouillé ! Maintenant on va compliqué un peu pour Louna, toi Enzo, tu va poursuivre sur le même exercice en privilégiant le calme et la fluidité des transitions. L'incurvation accessoirement mais que s'il est bien disposé. Louna, je te montre le prochain exercice pour toi. »

L'éleveur, ne pensant plus qu'à l'exercice qu'il allait donner, reprit la piste au galop. Il répéta l'exercice précédent mais cette fois, au second cercle, au lieu de s'arrêter, il prit la diagonale opposé, mais sans changer de pied, pour se retrouver ainsi en contre-galop sur le premier cercle, mais à l'autre main. Il se stoppa en caressant Call et en laissant filer ses rênes.

« Louna ? »
« Liam ! »

L'éleveur se retourna vivement sur sa selle, pour faire face à Izikel, qui se tenait dans l'embrasure de la porte du manège. Le jeune éthologue s'approcha du trio à grands pas, la mine inquiète.

« Il faut que tu parte tout de suite ! »
« Quoi ? »

Izikel était maintenant entre eux trois et attrapa les rênes de Call vivement. Il avait l'air exaspéré que Liam ne comprenne pas ce qu'il voulait dire.

« Descend bon dieu ! Dégages de là tout de suite ! Myriam vient de partir à la clinique avec Ezra ! »

Le sang de l'éleveur ne fit qu'un tour et sa respiration se bloqua. Il se sentit vaciller sur la selle de Call et si Izikel n'avait pas été là, il serait sans doute tombé à plat dos sur le sable du manège. Il jeta un regard affolé à Louna qui s'empressa de mettre pied à terre, laissant les rênes à Izikel.

« Oh là là ! Liam ! Tout va bien se passer ! Respire ! »

L'éleveur prit une grande inspiration alors que Louna lui prenait la tête de ses petites mains.

« Regardes-moi ! Tout va bien se passer ! Tu m'entends ? Ça va aller ! Je vais t'y conduire, d'accord !? »

Liam acquiesça, prenant et rejetant de grande bouffée d'air de façon absolument ridicule. Enzo mit pied à terre lui aussi et s'approcha des deux autres.

« Je vais conduire. »
« Merci. Ça va aller Izikel avec les chevaux ? »
« Oui allez-y ! »

Un dernier regard entendu et le trio fila en direction du parking...

***
L'Impala 67 bleu foncé filait sur la neige sous les doigts experts d'Enzo. Louna, sur le siège passager, s'était retournée pour faire face à Liam, assit derrière le siège conducteur. Il avait passé de longues minutes en quasi totale apnée et maintenant que Louna lui avait fait retrouvé un rythme respiratoire presque normal, c'est son esprit qui paniquait. Après une bonne dizaine de minutes de grande réflexion, il avait enfin ouvert la bouche.

« Non c'est pas possible. »
« Quoi ? »
« C'est une blague c'est tout ! C'est pas possible autrement ! Vas-y Enzo fais demi-tour, on peut rentrer ! »

Ce sur quoi l'éleveur explosa d'un rire plus nerveux qu'autre chose. Louna jeta un coup d'oeil inquiet à Enzo qui regarde dans le rétroviseur en essayant de trouver les mots pour faire comprendre à Liam que ce n'était pas vraiment une blague.

« Je ne crois pas qu'Izikel ait un sens de l'humour aussi poussé... »

L'éleveur croisa le regard du conducteur et se tut immédiatement. Durant un instant, plus aucune expression ne figura sur son visage. Puis il prit de nouveau une grande inspiration, le regard perdu.

« Il a raison... Izikel n'a pas le sens de l'humour... Pourquoi Izikel n'a pas le sens de l'humour ? ... »

Cette fois, Louna s'inquiéta vraiment. Elle se remit un peu mieux sur son siège et regarda Enzo.

« Tu crois qu'on le dépose à l'aile psychiatrique plutôt que maternité ? »

Le jeune homme sourit en croisant brièvement son regard.

« Je doute que Myriam soit d'accord pour que tu l'enferme sans préavis. Et je crois que ça lui ferait plus de mal que de bien... »
« C'est vrai... »

Il sourit de nouveau en riant un peu. Certes, il n'avait pas tord. Mais l'état dans lequel se trouvait Liam était plus qu'inquiétant. Un nouveau panneau annonçant la clinique à la sortie suivante interpella la demoiselle. Il fallait qu'elle arrange les choses avant qu'ils ne débarquent tous en coeur dans le hall de la clinique. Elle se retourna de nouveau pour faire face à Liam.

« Liam ? »
« Oui ? »
« Écoute-moi bien. On va à la clinique où tu vas rejoindre Myriam, parce qu'elle va accoucher. Tu vas être papa. »
« Non, le terme est dans un mois. »
« Non Liam. Le bébé a un peu d'avance, il va naître aujourd'hui. Pas dans un mois, aujourd'hui. Ce soir ou cette nuit. Et Myriam a besoin de toi. Tu comprends ? »

Cette fois l'éleveur eu l'air de prendre parfaitement conscience de la chose. Il en pâlit même un peu.

« Mais je ne suis pas prêt... »
« Liam, tu es plus prêt que n'importe qui. Tout va très bien se passer, il faut juste que tu sois là pour soutenir Myriam. D'accord ? »

Le trentenaire hocha positivement de la tête, incapable de sortir un son et tourna la tête pour regarder par la fenêtre. Il tremblait, mais c'était le signe qu'il commençait à vraiment comprendre toute l'ampleur de la chose. Il entrerait dans cette clinique et il en ressortirait avec un bébé... Et il ne savait absolument pas ce qu'il devrait en faire une fois dehors. Il préférait ne pas penser à ce qui pourrait se passer dans la clinique. Il avait juste l'impression d'être en plein cauchemar et il n'arrivait pas à se réveiller.

« On arrive. Je vous pose devant et je vous rejoins après avoir garé la voiture ? »
« D'accord. Merci mon amour, à toute à l'heure ! »

L'Impala s'arrêta devant le hall et Louna en sorti. Elle dû quand même aller chercher Liam et le traîner jusque dans le hall. Une fois devant l'infirmière, qui les regardait de façon étrange, la gorge de Liam se dénoua.

« Bonjour. Ma femme va accoucher. Elle est arrivée ici il n'y a pas très longtemps. »
« Bonjour ! Quel est son nom s'il vous plaît ? »
« Chérie. »
« Mais Liam enfin ! Myriam. Elle s'appelle Myriam Mathers. »

L'infirmière sourit de plus belle.

« Je me doute bien que c'est elle, nous n'avons qu'une seule femme sur le point d'accoucher ! Mais votre ami faisait une de ces tête que je me devais de tenter le coup ! Venez, on va s'occuper de vous ! »

L'éleveur ne dit rien et suivit docilement la demoiselle en blouse rose. Les murs couleurs pastels défilaient mais ils arrivèrent bientôt face à une petite chambre.

« Et voilà ! »
« Merci ! »
« Merci madame. »

L'infirmière partie alors que Louna faisait face à Liam pour lui donner une petite claque. Il écarquilla les yeux sous la surprise alors que Louna ouvrait la porte de la chambre à la volée, lui intimant l'ordre d'y entrer d'un simple geste. Liam resta immobile quelques secondes avant de pénétrer dans la pièce, suivit de Louna.

« Liam ! Louna ! »
« Bonjour Myriam ! »

La demoiselle serra brièvement Myriam dans ses bras, ce qui n'était pas si facile que cela étant donné qu'elle était à demi allongée dans un lit, un plaid bleu layette lui recouvrant le bas du corps. Une sorte de ceinture relié à un moniteur entourait son ventre rond et elle avait les yeux rougi de vieilles larmes. Ses cheveux étaient tirés en une queue de cheval et un bandeau en coton blanc lui ceignait le front. Elle portait déjà la blouse bleu de l'hôpital et devait ne porter rien d'autre dessous. Liam prit une grande inspiration et s'avança pour déposer un long baiser sur le front de la jeune femme.

« On a fait aussi vite que possible. »
« C'est Enzo qui nous a emmené. »
« Moi c'est Ezra, on faisait des courses en centre ville... »
« Il est où d'ailleurs ? »
« Il est reparti quand Izikel a appelé pour dire que vous étiez en route... Il y avait des courses surgelées et Kwaïgon au bord de la route... »
« Ah... »

Ils échangèrent un sourire alors qu'Enzo toquait timidement à la porte. Sa tête apparu dans l'embrasure, affichant un sourire timide.

« Je peux entrer ? »
« Oui oui, viens. »

La jeune femme lui sourit alors qu'il se rapprochait du lit.

« Alors comment va la maman ? »
« Pour l'instant ça va. C'est un peu douloureux mais bon... Je fais avec. »

Comme pour illustrer ses dires, une nouvelle contraction lui arracha une grimace. Liam devint livide et chercha le regard rassurant de Louna. Celle-ci lui rendu un sourire bienveillant et attrapa la main de sa moitié.

« Bon ben on va vous laisser... On voudrait pas se montrer trop envahissant quand même... On reste dans la salle d'attente quand même, au cas où ! »

Liam fit un "non" silencieux mais Louna ne le prit pas en compte.

« Merci tous les deux ! »

Un dernier sourire et en à peine quelques secondes, la porte se refermait doucement sur le couple, laissant Liam et Myriam seuls. Le brun, debout au pied du lit, les mains croisées devant lui, regardait Myriam avec un regard presque affolé. Il essayant très fort de réprimer la panique qui envahissait peu à peu la moindre de ses cellules, mais il avait beaucoup de mal. Et ça n'avait pas échappé à Myriam. Elle eut une moue attendrie et tendit la main vers lui pour qu'il la rejoigne. Le trentenaire fit doucement le tour du lit pour se mettre face à la porte, sur un fauteuil bleu en mousse et skaï désinfecté.

« J'ai besoin d'un câlin... »

Le brun eut un bref mouvement de recul et écarquilla de nouveau les yeux.

« Maintenant ? »
« Mais non ! Pas un câlin comme ça... Je veux que tu me prenne dans tes bras ! »
« Ah... Non, enfin... Je trouvais ça bizarre aussi... »
« Bon aller, ne dis plus rien et viens là. »

L'éleveur s'exécuta gentiment. Il posa en douceur sa tête sur la poitrine de la jeune femme, en l'entourant de ses bras autant qu'il le pouvait. C'est que ce n'était pas tout à fait évident entre le lit, les fils reliés au moniteur et leurs positions respectives. La demoiselle lui prit doucement la main, pour la poser sur son ventre. Le contact de sa peau nue et chaude réconforta un peu le futur père. De même que l'odeur de sa chère et tendre et sa voix douce qui murmurait à son oreille.

« Je suis contente que tu sois là... J'avais peur que tu ne vienne pas... »

Le garçon eut un soupir de soulagement. « J'ai quand même bien failli tomber dans les vapes... Et j'aurais loupé ça !? Honte à moi... »

« Je ne louperais ce moment pour rien au monde... »

Il sentit la demoiselle tressauter de rire mais aussitôt gémir de douleur. Liam releva la tête et la regarda avec inquiétude. Mais elle lui servit un petit sourire.

« Ça va ! Et ne me fais pas rire, ça provoque des contractions ! »
« Mais ils ne t'ont rien donner pour la douleur ? »
« L'anesthésiste n'est pas encore disponible, il est au bloc. C'est une toute petite clinique ici... Mais il ne devrait plus tarder apparemment... »
« Tu veux que j'aille voir ? »
« Non ça va. Par contre Liam... ? »
« Oui ? »
« Je sais que tu es mort de trouille à l'intérieur mais... Je voudrais juste que tu sois là. »

Elle avait un regard grave. Mais ce petit moment de tendresse avait rappelé au garçon ce pourquoi il était là. Oui, elle aurait bel et bien besoin de lui. Pour l'instant elle allait plutôt bien, mais il savait que son seuil de tolérance à la douleur était très limité et que bientôt, elle ne voudrait qu'une chose : que tout s'arrête. Il devrait alors être assez "fort" pour prendre le relais et les soutenir à tous les deux. Il avait bien supporté plusieurs balles, des coups de couteaux, et diverses tortures physiques, il allait bien pouvoir supporter un accouchement ! Il prit une belle inspiration, se blinda un peu l'esprit comme il avait apprit à le faire, et sourit sincèrement à sa femme.

« Je suis là. Ça va aller. »

La blondinette sourit à son tour alors qu'un nouvel arrivant toquait à la porte.

« Bonjour ! Je suis le docteur Temberly, votre anesthésiste. Je viens pour la péridurale. »
« Oh oui !! »

Liam se leva pour lui serrer la main, avec une assurance toute nouvelle.

« Je crois qu'elle va vous adorez d'ici peu ! »
« -rire- Toutes les femmes tombent amoureuses après mon passage ! »
« Vous en avez de la chance ! »

Il sourit et s'approcha de Myriam, prenant place sur un petit tabouret à roulette qui se trouvait sous le lit.

« Alors, je dois quand même vous prévenir, il y a un risque que ça ne fasse pas effet et on ne pourra pas faire de seconde injection dans ce cas là. »
« Pourquoi ? »
« Pour limiter les risques pour le bébé. »
« D'accord... »
« Bon aller on y va ? Vous aller vous tournez sur le côté. Je vais piquer dans le bas du dos, vous allez ressentir un pincement. Mais la douleur passera vite. »
« D'accord. Mais j'ai pas peur des aiguilles alors ça devrait aller... »
« C'est parfait ça ! »

Il sourit. Sourire que lui rendit Liam alors que Myriam roulait sur le côté en se mettant face à lui. Il lui prit les mains, regardant d'un oeil mauvais l'aiguille au bout de la seringue, plus grosse qu'il ne l'avait imaginé. C'est dans ces moments là qu'il préférait être un homme... L'anesthésiste se concentra, et l'aiguille disparu derrière Myriam. Elle eut un vague pincement de lèvre avant que le médecin en blouse violette ne se redresse avec un sourire.

« Et voilà ! Vous avez été parfaite ! Ça va mettre un petit moment à agir. Je reviendrais d'ici quinze minutes pour voir ce que ça donne. A toute à l'heure ! »
« Merci ! »

Myriam se remit de nouveau sur le dos, gardant une main dans celle de Liam. Elle ferma les yeux, mais ses traits se crispaient un peu.

« Ça va ? »
« Ça fait mal quand même... »

Il eu une moue, ne sachant quoi répondre. En même temps, elle allait accoucher. Ce genre de choses n'étaient pas réputées pour se passer sans douleur. On était même à des centaines de kilomètres du monde des bisounours. Non, là, c'était plus un film d'horreur, avec du sang, des cris et tout ce qui s'en suit. Mais Liam préférait ne pas y penser. Pas encore. Il aurait tout le temps d'apprécier la scène en question le moment venu...

Les minutes s'écoulèrent, Liam la tête sur l'épaule de la demoiselle, sans que rien ne se passe. Il sentait peu à peu la nervosité le quitter et un certain apaisement le gagner. Et puis, il commençait aussi à se faire à l'idée qu'il allait être père probablement avant la fin de la journée. Il savait qu'à partir de ce moment, sa vie changerait. Son rythme de vie ne serait pas le même de toute façon et son emploi du temps se retrouverait vite surchargé. Mais il s'en fichait. Peu à peu, ce bonheur et cette chaleur si singulière le gagnait. Un fin sourire s'affichait même sur ses lèvres et il se serait presque endormie si une chaude goûte d'eau ne lui avait pas glisser dans le cou. Il fronça les sourcils et attendit, pour être certain de la sensation. Mais l'écho de la respiration de Myriam était plus ténu et chaotique. Une seconde goûte confirma son pressentiment. Myriam pleurait.

Il se redressa doucement et l'interrogea du regard, inquiet. La demoiselle avait fait son possible pour qu'il ne remarque rien apparemment mais là, elle avait l'air de ne plus en pouvoir. Il serra doucement sa main et émit enfin un son, bien qu'avec une voix un peu brisée par l'émotion.

« Ça va ? »

La demoiselle secoua négativement la tête, incapable de prononcé une parole. Ça sentait pas très bon. Pas bon du tout même.

« J'ai ... J'ai mal... »

Le coeur du trentenaire loupa un battement et il serra un peu plus fort encore la main de la demoiselle, par pur réflexe, avant de déposer un baiser sur son front. Mais en jetant un regard à sa montre, il savait tout comme elle ce que cela voulait dire ; la péridurale ne marchait pas.

« Tu veux que j'aille chercher le médecin ? »

Cette fois, ce fut un hochement de tête positif. C'est que ça n'allait vraiment pas bien. Il se leva sans dire un mot et sortit dans le couloir comme une furie. Évidemment, il n'y avait personne et il dû courir jusqu'à la réception pour trouver une infirmière. Elle passa de suite un coup de fil et Liam en profita pour jeter un oeil à la salle d'attente. Mais il n'y avait pas de trace de Louna et son amoureux. Tant pis. Il remercia l'infirmière et reprit le chemin de la chambre, d'un pas rapide, perdu dans ses pensées. Mais pour la seconde fois de la journée, il se sentit vaciller en voyant un médecin le doubler en courant pour s'engouffrer dans la chambre de sa Myriam. Son sang se glaça et une sueur froide le paralysa l'espace d'un instant avant qu'il ne courre lui aussi. L'adrénaline gonflait ses veines et il avait le sentiment qu'à ce moment là, il n'y avait que ça qui le gardait debout.

Et se serrait le cas durant encore de longues minutes...

Deux infirmières et un obstétricien entouraient Myriam quand il entra dans la chambre. La jeune femme était très pâle et semblait extrêmement faible. Une infirmière s'empressait de lui faire une injection dans le bras, alors que les autres se préparaient pour l'accouchement. Ils ne remarquèrent pas tout de suite Liam, et c'est l’anesthésiste, qui entra après Liam, qui le conduisit en douceur vers la tête de la jeune femme. Il avait le regard grave mais semblait faire son possible pour être rassurant. Le médecin en faisait tout autant même s'il était soucieux.  

« Ah ! Le papa ? »
« Exactement ! »
« Euh... Oui... Liam... »
« Enchanté Liam. Moi c'est Dr. Oackear. Bon, je ne vais pas vous cacher quoi que se soit, les choses se présentent mal. Votre femme fait une réaction allergique à la péridurale et paradoxalement, l'accouchement s'est déclenché. On ne peut pas faire de césarienne parce que le bébé est déjà engagé et se serait risquer sa vie que de le pousser en arrière. Myriam est à bout de force mais il va falloir faire avec et votre rôle va être de l'encourager. Vous êtes prêt pour ça ? »

Le trentenaire fit en sorte de digérer toutes ces informations. Il ne s'était absenté que trois minutes... Comment cela avait-il pu arriver ? Il ne comprenait pas à quel moment elle avait sombrer et comment. Il hocha doucement la tête, perdu, noyé par la situation.

« Je veux un vrai oui Liam ! »
« Oui ! »
« Alors on y va. Myriam, il va falloir pousser quand je vous le direz. Attention... POUSSEZ ! »

Commença alors un combat entre la vie et la mort dont ils n'étaient que seuls spectateurs. Myriam donnait le peu de force qu'il lui restait alors que son électrocardiogramme crevait le plafond. Liam hurlait presque en lui broyant la main, alors que l'obstétricien renchérissait. De l'autre côté, anesthésiste préparait plusieurs solutions qu'il mettait en perfusion à Myriam et tenait prêtes deux plaques de réanimations ainsi qu'un masque à oxygène. Mais Liam ne le regardait pas. De tout ceux présents, il incarnait tout ce dont il avait le plus peur. Une des infirmière était partie, alors que l'autre attendait avec une serviette dans les mains.

« ALLER CHÉRIE ! »  
« Aller encore un peu ! C'est bientôt fini ! »

Myriam lâcha un crie rauque qui lui ôta les dernières couleurs du visage. Elle était dangereusement pâle. Liam cru fixer son regard sur elle une éternité, alors qu'il n'y avait eu qu'un battement de paupière. Il perdait sa voix dans les cris d'encouragements. Sa gorge dérailla un instant, l'obligeant à murmurer. « Je t'aime Myriam... » L'avait-il dit à voix haute ? Ou simplement murmurer. Toujours est-il qu'un faible sourire illumina un instant le visage de la jeune femme, alors que son corps se détendait dangereusement. Il y eu un cri strident. Un bébé. La tête de Liam pivota vivement pour voir entre les bras du médecin un bébé rougit par le sang maternel qui donnait de la voix en gargouillant un peu.

« Et ça y est c'est fi... »

Sa voix et son sourire se perdirent dans le bip strident de l'électrocardiogramme. L'anesthésiste était déjà debout et abaissa violemment le lit de Myriam pour la mettre à plat. Il semblait crier quelque chose mais Liam ne l'entendait pas. Un son strident lui vrillait les oreilles et l'empêchait d'entendre quoi que se soit. Il avait l'impression d'être entouré d'une ouate épaisse et de ne pouvoir en sortir. Comme s'il était sous l'eau. Le docteur Tymberly plaqua ses deux plaquettes l'une contre l'autre et une infirmière passa devant Liam en l'écartant, plaquant le masque à oxygène sur le visage de la blondinette. Une poigne violente l'attira dans le couloir et la porte de la chambre se referma. Il se sentit vaciller et basculer en arrière. Son dos heurta violemment le mur alors que deux bras l'aidait à se maintenir debout.

« Myriam... »
« Monsieur venez. Venez avec moi. »

L'éleveur n'eut d'autres choix que de suivre cet homme inconnu en blouse violette. La gorge nouée, non maître de ses pas. Il entendit vaguement qu'il suivait un docteur et qu'il était pédiatre. On l'assit sur une chaise dans une pièce à la lumière tamisée et il refusa un verre d'eau. Petit à petit, dans cette pièce calme, la ouate se dissipa. Mais la panique était toujours là, paralysant une partie de ses réactions. Le pédiatre s'approcha après plusieurs minutes avec un ballotin dans les bras. Avec un sourire ravi, il le tendit à Liam, qui mit un certain temps avant de comprendre ce qui remplissait le ballotin. Il tendit les bras avec hésitation et posa enfin les yeux sur le bébé...

Instantanément, il se sentit apaisé. Le bébé le regardait avec de grands yeux bleus, écarquillés sur son visage, comme s'il était impressionner. Il ferma les yeux un instant pour bailler et les rouvrit en grand. Liam eut un sourire et leva les yeux vers le pédiatre, qui lui rendit son sourire en plus grand encore.

« C'est... »

Il ne trouva pas plus ses mots, fasciné par cette petite bouille qui ne cessait de le fixer sans bruits.

« C'est un garçon. Comment voulez-vous l'appeler ? Vous avez déjà décidé avec votre femme ? »
« Euh... Oui... C'est... Maël... »
« C'est charmant ! Je vais le noté sur son bracelet. Vous voulez lui donner le biberon de bienvenue ? »
« Euh... Oui... »

Quelques minutes plus tard il se retrouvait avec un tout petit biberon dans la main et le pédiatre lui donnant des conseils. Accaparé par cette foule de consignes et d'émotions à la vue du petit Maël, il en avait un peu occulté Myriam. A vrai dire, il n'arrivait pas à se concentrer sur plusieurs choses à la fois. C'était une seule et unique chose à la fois, pas deux. Mais quand Louna passa la tête dans l'encadrement de la porte avec un sourire, il eut un pincement au coeur.

« Je peux ? »
« Bien sûr venez. »

La petite blonde s'approcha pour se pencher au dessus de Liam, un grand sourire sur les lèvres. Ses yeux brillaient même d’excitation.

« Ben dis donc... Tu l'as pas loupé mon petit neveu ! Félicitations ! »

Il sourit faiblement, hésitant à porter le regard ailleurs que sur le nouveau-né. Une question lui brûlait les lèvres mais pour l'instant, elle ne passait pas sa gorge, restant sous silence forcé. Ils restèrent là un moment, à vrai dire, jusqu'à ce que le petit Maël termine son biberon. Ses grands yeux alertes commençaient à se fatigués maintenant qu'il était repu et petit à petit, ils se fermèrent. Mais Liam ne posa pas pour autant son fils, le gardant jalousement dans ses bras.

« Alors il s'appelle comment ce bout de chou ? »
« Maël... »
« C'est adorable... »
« Louna... ? »
« Oui ? »
« Comment... Comment va Myriam ? »
« Elle est encore très faible mais ça va aller. Elle se repose. »

Il ne pu dire un mot et se leva doucement. Finalement il déposa en douceur le bébé endormie dans sa couveuse et le laissa sous la surveillance du pédiatre. De toute façon, il pouvait revenir quand il voulait. Il sortit doucement dans le couloir, Louna le suivant en silence et dès qu'il fut dehors, il se laissa glisser le long du mur extérieur de la clinique et éclata en sanglots...

***
Le calme était revenu. Liam était assit dans un fauteuil en skaï de la chambre, dos à la fenêtre. La joue mollement appuyé contre son point fermé, en équilibre précaire sur l'accoudoir du fauteuil. Un plaid bleu lui entourait les épaules, menaçant à tout moment de tomber sur ses reins au moindre mouvement trop brusque. Ses cheveux bruns étaient ébouriffés et de petites cernes se dessinaient sous ses yeux clos. Les lèvres entrouvertes, il dormait de ces sommeils légers, comme on les a lors de durs instants. Non réparateurs, mais indispensables pour pouvoir tenir le reste de la journée. Myriam était allongée en face de lui, dans son lit. Elle dormait paisiblement, bien que son visage n'ai pas encore retrouvé toutes ses couleurs. Ses cheveux blonds étaient en pagaille autour d'elle et le draps blanc de l'hôpital remontait jusqu'à son cou. Une de ses mains dépassaient de sous l'oreiller. Elle était entourée d'un sparadrap retenant l'aiguille de la perfusion. La jeune femme avait l'air si paisible comme ça... Comme si les affreuses heures précédentes n'étaient plus qu'un lointain souvenir...

On frappa discrètement à la porte. Une infirmière apparue, alors que Liam relevait la tête, le regard encore ensommeillé. Elle tira derrière elle un petit couffin à roulette dans lequel gigotait un petit ballotin bleu. Un sourire illumina le visage de l'infirmière.

« C'est l'heure du biberon ! J'ai pensé que papa serait ravi de le donner. »
« Oui, bien sûr... »

Un sourire apparu doucement sur les lèvres du garçon alors qu'il se relevait. D'un geste, l'infirmière le stoppa.

« Restez assis, je vais tout vous donner. »

Automatiquement, l'éleveur retomba dans son fauteuil, attendant les instructions. L'infirmière lui installa un coussin sur les genoux puis lui donna Maël, qui gigotait comme un beau diable dans sa barboteuse. Il chouinait mais une fois dans les bras de son père, il ouvrit de grands yeux, comme encore étonné de voir cet homme en face de lui. L'éleveur sourit au bébé, le regard illuminé d'émerveillement.

« Salut bonhomme... Alors comme ça on a faim ? »

Il attrapa le biberon que lui donnait l'infirmière en la remerciant et le présenta au nourrisson. Il ne se fit pas prier pour commencer à avaler goulûment sa ration de lait ! Un vrai plaisir à nourrir.

« Je reviendrais d'ici une petite heure, le temps que vous fassiez un peu plus connaissance aussi. »
« Merci... »

L'éleveur lui sourit alors que la demoiselle en blouse rose partait, en refermant la porte derrière elle. Liam resta donc seul avec sa petite famille, n'arrivant pas à décoller le regard de celui de Maël, qui ne cessait de le fixer sans arrêt, ses grands yeux bleu marine lui prenant presque tout le visage. À côté de lui, Myriam ouvrit enfin les yeux, regardant avec un faible sourire le père et le fils en pleine contemplation.

« Alors ça y est, tu es fou amoureux ? »

L'éleveur releva la tête, un peu surpris. Il n'avait pas du tout entendu Myriam se réveiller.

« Je l'étais déjà avant qu'il naisse... »

il se perdit un instant dans la contemplation du visage angélique de Myriam alors que cette dernière baissait les yeux sur son fils. Dans quelques jours elle serait de retour au Haras... Et accompagnée...

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