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Episode 02 ; Découverte d'un désastre

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Dim 12 Oct - 11:05

Découverte d'un désastre



Le jeune homme regarda par le porte vitrée du pavillon des chambres. Il devait sortir au dehors mais la pluie battante le freinait un peu dans ses convictions. Pourtant, il le devait, sinon, il allait être en retard. Il serra les dents, remonta le col de sa veste en cuir et le serra entre ses mains avant de sortir à petites foulées. Il mit peu de temps à rejoindre le bâtiment abritant l'élevage de Liam et il n'avait pas croisé grand monde sur les routes mi-boueuses mi-inondées. Quelle idée de venir ici ! Le nouveau directeur n'avait pas eu l'air de trouver mieux comme destination pour l'automne. Avec une écurie nomade comme celle-ci, il était pourtant aisé de passer toute l'année en plein été ! Il suffisait de choisir le bon hémisphère... Visiblement, pour lui, l'hémisphère nord de la planète n'était pas approchable à partie du 31 Août. Mais ça n'engageait que lui malheureusement...

Lima releva la tête en le voyant arriver, trempé et visiblement irrité par une chose qu'il ignorait. L'éleveur brossait avec soin Orcanta et caressait en douceur son ventre rond.

Liam — Tu m'as l'air de bien mauvais poil. Mal dormi ?
Izikel — Non... C'est ce temps pourri...

Liam sourit et retourna à sa jument avec calme. La palomino, un membre au repos, regardait Izikel avec douceur. La sagesse qui transpirait de son regard était presque communicative. En tout cas, elle apaisa de suite le jeune homme, qui fixa son regard bleu glacier dans le sien, sombre. Ils restèrent un moment à se regarder mutuellement, immobiles, comme se parlant en silence, juste par le regard. C'est Liam qui brisa cet instant hors du temps, un cure pied à la main.

Liam — Tiens ! Aides moi au lieu de tomber amoureux ! Ton cheval débarque d'ici une demi heure au centre de soin.
Izikel — Au centre de soin ? Pourquoi pas directement ici ?

Le moniteur attrapa le cure pied que lui lançait l'éleveur et ôta sa veste pour la pendre à la porte ouverte du box de la palomino. Avec calme, passant sa main sur son épaule, il se baissa ensuite pour prendre son antérieur droit et le curer. Il entendit l'éleveur soupirer et réfléchir à ses paroles.

Liam — Il est ... vraiment atteint Walig...

Un temps de réflexion suivit cette affirmation. Liam avait trouvé à Louna une jument avec un gros potentiel, mais anciennement battue. Son éducation était complètement à refaire. Mais le travail à accomplir n'effrayait pas l'éleveuse. Quand à lui, après la perte de Finwë, ils avaient tous convenu qu'il devait passer à autre chose et se jeter corps et âme dans un nouveau projet. Après avoir côtoyé un cheval à travailler durant tout l'été, Liam lui avait déniché un cas particulier. Arès... Le warmblood avait subi plusieurs traumatismes, avait été battu, abandonné et autres comportement qui avait engendrés en lui une haine absolue du genre humain. Mais pour lui éviter l'abattoir, le brun l'avait réclamé. Liam était un parfait "dénicheur de talent". Un scout pour chevaux. Mais à priori, il n'avait encore jamais eu affaire à un tel niveau de haine chez un cheval. Et il avait des doutes quand à la réussite de cette entreprise là. Mais Izikel avait donné son feu vert alors il avait filé droit devant. Seulement, le petit irlandais se rendait de plus en plus compte de la gravité de la situation. Et à vrai dire, il ne s'attendait pas trop à ça.

Le pansage de la palomino se poursuivit dans le silence. Liam avait rendez-vous au centre de soin avec elle pour une nouvelle échographie. Il en demandait une tous les mois, même si la vétérinaire en charge du dossier de la jument lui avait assuré que ça ne servait à rien. Mais Liam faisait cela plus pour la jument qu'autre chose ; il ne voulait pas qu'elle perde de nouveau le poulain et qu'elle retombe en dépression. Il ne savait pas s'il serait capable de l'en sortir cette fois-ci. En attendant, une fois le pansage terminé, il jeta sur le dos de la jument une couverture imperméable et attacha les sangles pendant que l'irlandais remettait sa veste. Ils allaient devoir courir un peu s'ils ne voulaient pas finir trempés !  

Liam — Prêts pour une douche ?

L'éleveur sourit et mit la capuche de son sweat sur sa tête. Longe en main, il partit au dehors à petites foulées, suivit d'Orcanta au petit trot. Izikel suivit le couple mais un peu plus rapidement. Il n'avait pas de capuche pour sa part...

Le Haras semblait désert. Les carrières détrempées étaient désertées. A moins que tout le monde ne se soit entassé dans les manèges, il semblait que le Haras dans son entier avait gagné une journée de repos. Dans les paddocks du centre de soin, il n'y avait aucun chevaux, et que parler des prés... Tous les chevaux étaient au chaud dans leurs box et tous les cavaliers au chaud dans le manoir. Même Louna avait laissé une journée de vide à ses bêtes et passait la journée à regarder des films avec Myriam et Lou-Khyan. Ezra était parti en ville voir de vieux amis alors que Kwaïgon lisait au coin d'un feu en mangeant des pop corn... Seuls Izikel et Liam étaient sur le pied de guère, l'un pour emmener Orcanta chez le vétérinaire et l'autre pour accueillir son nouveau protégé...

Ezra — Bonjour ! Vous êtes courageux de venir par ce temps !
Liam — Il le faut bien !

La demoiselle leur sourit et caressa le bout de nez humide de la jument. Cette dernière soupira fortement, bien contente d'être arrivée à l'abri.

Ezra — Et vous, vous venez pour Arès ?
Izikel — Oui...
Ezra — Le camion a un peu de retard, ils ont eu des soucis à l'aéroport... Je pense qu'ils seront là d'ici une demi heure. Vous voulez venir avec nous pour cette charmante demoiselle ?

L'éthologue soupira et jeta un oeil à Liam. Celui-ci haussa des épaules avec un doux sourire et cette bienveillance que l'on retrouvait dans les yeux de la jument dans le regard.

Liam — C'est comme tu veux.
Izikel — Non... Je vais vous attendre là.
Liam — Ok !
Ezra — A toute à l'heure alors !

Après quelques sourires échangés, le trio se dirigea vers une salle d'examen alors que l'irlandais ôtait sa veste et s'asseyait sur une cantine de étal, face à la porte grande ouverte, le dos appuyé contre le mur...

Il fixait le rideau de pluie qui barrait la porte, telle une porte close. Les jambes tendues vers l'avant, les mains glissées dans les poches de son jean humide, il attendait, les yeux dans le vague, les pensées vagabondes. De temps à autre, le brouhaha silencieux de la pluie était percé par un hennissement lointain, mais il n'y avait guère plus de bruit. Le temps avait l'air suspendu en cette fin d'après-midi. Même si la nuit tardait à tomber, la journée s'essoufflait. Il n'espérait qu'une chose, c'est que la pluie cesserait dans la nuit...

De l'autre côté du Haras, un camion noir passait les lourdes grilles en fer forgées de l'entrée. Il ne portait aucune marques et roulait à faible allure. De temps à autre, il était secoué de gauche à droite et émettait des bruits sourds. Les coups du cheval en colère résonnaient dans son antre. Le conducteur faisait son possible pour ne pas bousculer le cheval, libre dans l'immensité de la boîte roulante. Il mâchait nerveusement un bâton de réglisse en se concentrant sur la route. A côté de lui, son fils de quinze ans regardait avec anxiété dans le rétroviseur. Roux et donc blanc de peau, il était encore plus pâle avec le trajet, ce qui lui donnait des allures de fantôme. Il n'avait pas échangé un seul mot avec son père depuis qu'ils avaient prit la route depuis l'aéroport d'Heathrow. Et pour cause... Ils avaient le diable réincarné en cheval dans leur camion. Une fois rentré chez eux, ils auraient de la chance s'ils ne seraient pas obligés de le brûler. Il serra les dents alors que son père prenait un virage à 90°, suivant le panneau "Centre de Soin". Un coup plus sourd encore précéda un grand silence. Cette fois, la terreur s'empara de lui. Mais au bout de la rue, le centre de soin se dressait entre les gouttes et deux personnes se tenaient dans l'entrée. Une avec une blouse blanche, et l'autre avec une veste en cuir...

Le camion s'arrêta à quelques mètres du bâtiment de soin. Liam était déjà parti avec Orcanta. Le futur poulain de la jument se portait à merveille, et elle aussi. Plus que quelques mois à attendre désormais pour l'éleveur... La vétérinaire ouvrit son parapluie et parti à la rencontre du conducteur qui s'approchait en courant sous la pluie battante. Ils discutèrent un instant avant que chacun retourne d'où il venait.

Ezra — Il va manoeuvrer pour mettre le camion dans le paddock du fond.

Izikel hocha la tête et suivit la vétérinaire qui guidait le camion. Il l'aida à ouvrir la lourde porte en bois pour que le camion entre en marche arrière dans le paddock. Seulement d'un mètre, cela suffisait. À l'intérieur, le calme était revenu. Le conducteur s'approcha de la vétérinaire et Izikel.

Transporteur — Bonjour !
Izikel — Bonjour !
Transporteur — Excusez mon fils, il a une peur bleue de ce canasson...
Ezra — Ce n'est pas grave. Le voyage s'est si mal passé ?
Transporteur — S'il s'est mal passé... Je ne dirais pas ça m'sieur, mais on s'est fait pas mal de frayeurs sur la route ça oui...

Dans le camion, comme pour témoigner de ces mots, l'étalon s'ébroua de nouveau, faisant trembler toute la carlingue du véhicule.

Transporteur — Vaut mieux le sortir de là...
Izikel — Je pense oui...
Transporteur — Restez là, je vais ouvrir le camion. Il va sortir tout seul.

Il acquiescèrent et se serrèrent sous le parapluie, devant les hautes barrières de bois brunes. La paddock était entouré par le bois sur deux de ses côtés. Un troisième donnait sur un box isolé du centre de soin et le dernier sur un large chemin boueux qui séparait deux paddocks. Le conducteur du camion lutta un instant contre la boue et fini par ouvrir les sécurités, puis laissa tomber lourdement la porte au sol. Des éclats de boues furent projetés un peu partout, mais ce n'était rien comparé à la furie qui déboula dans le paddock. Le conducteur sauta de suite dans l'habitacle du camion et referma la porte de l'intérieur avant de rejoindre les deux autres au dehors.

Le spectacle que le jeune homme avait sous les yeux était désolant. Tout d'un coup, toutes ses convictions s'étaient envolées. Il ne se sentait plus capable de rien. Il resta bouche bée un instant, fixant cette bête apeurée et affolée galoper rageusement dans le paddock à la recherche d'une issue. La pluie ne le dérangeait pas outre mesure apparemment. Mais à ce moment là, elle ne dérangeait pas non plus le jeune homme.

Transporteur — Vous refermez la porte pendant que j'avance le camion ?
Izikel — Oui.

Le camion avança alors que la porte grinçait sur ses gonds. L'étalon observa la scène de loin avant de charger l'éthologue. Il vira au dernier moment avant de rentrer dans la palissade et reparti de bon train vers le fond, sous le couvert des arbres. Pendant ce temps là, les humains échangèrent des banalités et le camion reprit la route, avec des passagers au coeur plus léger.

Quand à Izikel, il suivit la vétérinaire à l'intérieur du centre de soin. Là, ils se postèrent devant une fenêtre donnant sur le paddock. La demoiselle la fit glisser sur son rail pour l'ouvrir, de façon à ce qu'ils aient une meilleure vue de l'étalon. Ce dernier trottait dans tous les sens, désorienté et hargneux. Le jeune homme soupira, ne trouvant pas grand chose à dire devant l'état dans lequel était le cheval. Il jeta finalement un oeil à ses papiers, que lui tendait la vétérinaire. Une chose l'interpella...

Izikel — Ils se sont trompés sur les papiers...
Ezra — Comment cela ?
Izikel — Il est marqué comme tovero et...

Le jeune homme releva les yeux sur l'étalon. Il était d'un marron uniforme, mélange de boue plus ou moins sèche, de crasse et d'autres choses non identifiées. En y regardant de plus près, on pouvait deviner ses côtes et son garrot était très marqué. De même que son encolure était creusée et sa croupe bien fine. Ses épaules avaient légèrement fondues. Ses crins formaient des dreadlocks de boue et de crasses, de même que ses crins, qui étaient arrachés en touffes à certains endroits. Ses pieds étaient couverts d'une épaisse couche de boue. Le jeune homme constata non sans une certaine appréhension que ses vaccins n'étaient pas à jour et qu'il n'avait pas du voir un maréchal depuis plusieurs mois. Il était dans un état plus que pitoyable... Comment allait-il faire ? Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir faire de ce cheval ? Non... Il ne pouvait pas. Il n'avait qu'à le rendre, et l'oublier. Il ne demanderait même pas de remboursement... C'était...

La vétérinaire était parti en voyant le constat que le jeune homme faisait en même temps qu'elle. Elle avait du travail en plus de ça. L'irlandais était là, les mains dans les poches de sa veste, à fixer l'étalon. Lorsque les lumières extérieures s'allumèrent, il ne voyait déjà presque plus l'étalon, qui s'était tapis dans l'ombre des arbres. La pluie avait cessé, laissant derrière elle l'odeur caractéristique de la terre et l'herbe mouillée. C'est Liam qui brisa doucement le silence, dans le dos du jeune homme.  

Liam — Izikel... Viens. On verra demain.

Le jeune homme se retourna pour faire face à l'éleveur au regard grave. Mais en y regardant bien, une lueur de bienveillance et d'excitation brillait au fond de son regard quand il regardait l'étalon dans le paddock. Oui... Liam avait confiance en son choix. Et plus que tous, il avait hâte que le travail commence...

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