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Tribulation Chapitre Bonus - KwaÎgon

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Mar 6 Nov - 11:17




Chapitre Sixième
Hors-série - Kwaïgon

Prologue } Kwaïgon a quitté Full Horse, c'est une nouvelle pour personne. Le voilà en route pour le Japon, pour régler l'histoire qui le poursuit depuis quelques mois. Les choses vont un peu trop vite à son goût, mais maintenant qu'il est au pied du mur, il ne peut plus reculer...

Partie 1 } Le coréen y est. Proche du but. Mais les choses ne se passent pas comme il aimerait et pire, elles s'accélèrent. Lui qui pensait pouvoir prendre son temps, il va devoir redoubler d'effort pour garder un train d'avance sur ses adversaires...

Partie 2 } Le jeune homme est désormais à la recherche d'infos. Heureusement pour lui, il a encore un certain nombre de contact ami dans les parages. C'est le moment de les utilisés ! Mais alors que les choses commencent à prendre forme, une autre menace s'élève dans l'ombre... Tout proche de lui...

Partie 3 } La graal... Enfin, son graal ! Enfin trouvé et enfin approché. Mais l'homme disparu lui réserve une bien belle surprise, à laquelle il ne s'attendait vraiment pas...

Epilogue } La fin d'un épisode. Simple, rapide. trop rapide pour notre homme. Mais il a gagné une chose chère à ses yeux, sa liberté...



Personnages
Principaux.


Kwaïgon S. Jeong
ft Sung Kang

Le coréen a quitté Full Horse après avoir libéré ses deux amis, Louna et Liam. Mais il ne compte pas en rester là et le kidnapping des deux jeunes gens à tirés la sonette d'alarme. Il faut qu'il fasse quelque chose, et surtout qu'il règle ses comptes avec la mafia japonaise qui se trouve à ses trousses...

Tamina C. Jeong
ft Christina Hendricks

Soeur de Kwaï } Depuis la séparation avec son grand frère, la jeune femme a étonnement bien rebondi. Peut-être même un peu trop bien... Mais quand Kwaïgon apprend que sa soeur est menacer de mort si elle ne le livre pas à Isato, il va remuer ciel et terre pour sauver sa peau et la sienne...


Nobu Tanaka
ft Ken Watanabe

Père d'Isato } Nobu Tanaka est un ex chef de son clan. Depuis quelques années, il a passé la main à son fils aîné, Isato, ce qui n'a pas été sans conséquences sur les affaires de Kwaïgon et sa soeur. Malgré tout, le vieil homme est resté en de bon termes avec les Jeong et il reste le seul atout possible pour aider ces derniers. Reste à savoir où il se cache et surtout, s'il est encore en vie !

Isato Tanaka
ft Shin Koyamada

N°1 du clan Tanaka } Depuis qu'Isato a reprit les rênes du clan Tanaka, les choses ne se passent pas pour le mieux. Il fait marcher un règne de terreur sur ses "sujets" et ne s'en gêne pas. Avide et cupide, il fera tout pour retirer à Kwaïgon les millions qu'il lui doit. De gré ou de force...



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Ven 30 Nov - 15:35




Life is simple.
You make choice, and you don't look back.

Tokyo Airport - 7:00 pm } Le coréen avait quitté le Caire quelques heures plus tôt. Après avoir dormi dans l'avion tout ce qu'il avait pu, il avait atterri presque frais à l'aéroport international de Tokyo. Le Japon n'était pas vraiment un pays qu'il appréciait, à cause des mauvais souvenirs qui y était liés. Mais quand on n'avait pas le choix, il fallait bien faire face à ses responsabilités. Les événements que Louna, Liam et Izikel avaient du vivre à cause de lui était quelque chose qu'il ne pouvait pas se pardonner et il comptait bien renverser la donne. Et surtout, se faire pardonner. Ainsi, il avait quitté l'écurie nomade pour faire un petit tour au Japon, au risque de ne jamais pouvoir rejoindre la joyeuse petite bande de cavaliers. Mais il ne préférait pas penser à cela...

Lorsqu'il passa enfin la douane et les portiques de sorties, un visage familier se couvrit d'un sourire dans la foule. Revoir cette femme lui fit un choc, mais il ne put s'empêcher de sourire en retour. Elle avait grandi et changé. Ses cheveux bruns étaient devenus roux, son style un peu garçon manqué avait fait place à celui de la femme. Ses cheveux étaient soigneusement tirés en arrière et noué sur eux même en une queue de cheval haute. Son visage était sombrement maquillé. Elle portait une chemise blanche à col carré dont l'encolure dépassait sous une veste en cuir noire, gardée ouverte. Un jean slim noir lui serrait la taille et disparaissait dans une paire de bottes en cuir noir. C'était très sobre, mais elle était d'une grande beauté et nombreux des regards masculins de la foule se retournaient sur son passage. Mais elle fixait Kwaïgon du regard, sans le lâcher d'une semelle. Le garçon laissa sa valise cabine reposer sur ses taquets et prit la jeune femme dans ses bras.

Tamina « Kwaï' !!! »
Kwaïgon « Doucement ! »
Tamina « Ça fait tellement longtemps ! »
Kwaïgon « Je suis content de te savoir vivante... »
Tamina « Et moi !! Moïra s'est empressée de me dire où tu étais quand elle a fait le lien ! »

Cette Moïra... Kwaïgon l'avait connu grâce à Louna, mais il se demandait bien comment Tamina avait fait connaissance avec la tueuse à gage... Se serait une question à lui poser plus tard... Pour l'instant, la seule chose qu'il voulait, c'était partir de cet aéroport et se mettre à l'abri. Maintenant qu'il était au Japon, il avait plus de chance de se faire abattre que de rester en vie, alors autant ne pas courir trop de risques. Tamina du le lire dans ses yeux car elle s'empara de sa valise et l'entraîna au dehors, en passant son bras en dessous du sien. Au moins, son séjour commençait plutôt bien !

Tokyo City Center - 9:00 pm } Quitter l'aéroport de Tokyo pour rejoindre le centre ville n'était pas une mince affaire. Les bouchons étaient bien présent dans la ville et cela ne lui avait nullement manqué. Le coréen soupira en regardant un énième building passer devant sa fenêtre. Il avait l'impression qu'ils n'avançaient pas et pourtant, ils étaient presque arrivés. Le voyage s'était fait en silence, chacun à ses réflexions. Ils s'étaient seulement échangés quelques mots sur les derniers mois écoulés. Depuis qu'ils s'étaient quittés en somme. Tamina avait fuit la Corée pour passer au Japon. Elle pensait qu'être plus prêt de l'ennemi lui donnait moins de chance d'être vue. Et cela avait marché. Elle avait changer de nom, changer de style, perdu quelques kilos et avait teint ses cheveux. En somme, ce n'était plus la même femme et ça lui réussissait bien. Elle ne s'était pourtant pas rangé pour autant. Elle gérait désormais une maison de cow-girls de luxe. Ce n'est pas elle qui s'occupait des fonds mais elle s'occupait des plannings des filles, de trié les clients, et s'occupait des filles... Et de tout les problèmes qu'elles pouvaient avoir. Quand Kwaïgon lui avait dit qu'il avait atterri dans une écurie nomade, elle avait beaucoup rit. Mais elle respectait son choix et était plutôt rassurée. Si lui s'était fait poursuivre et qu'ils l'avaient retrouvé, elle qui n'était pas très loin et qui n'avait pas été embêtée n'avait plus de soucis à se faire. Tamina engagea la voiture dans une allée souterraine et se gara au premier niveau du parking. En deux minutes, ils étaient dans l'ascenseur et grimpaient jusqu'au sommet de la tour.

Tamina « Bienvenue chez moi petit frère ! »

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur un vaste loft. Une pièce complètement ouverte et à la pointe de la modernité. Des baies vitrés faisaient office de mur extérieurs, du sol au plafond. Les meubles de la cuisine ouverte étaient suspendus à de solides fils de fer. La table basse du salon, entièrement en verre, renfermait des carpe koï aux couleurs variées. Seuls les canapés, les chaises et les tables semblaient avoir des pieds. Tout le reste était suspendu au plafond. Mais de toute façon, les meubles n'étaient pas très nombreux. Deux cloison en un plexiglas opaque délimitaient la chambre et sa salle de bain. Les seuls vrais murs -ceux entourant les portes de l'ascenseur- étaient d'un blanc lisse et brillant, au touché en plastique. Le sol était dallé de larges plaques blanches et aucun luminaires n'était visible, hormis l'immense lampe globe qui s'élevait au dessus du canapé. Aucun fil ne courait sur le sol et tout était intégré au sol ou dans les câbles courant jusqu'au plafond. Le coréen siffla, admiratif devant un tel étalage de modernité et de technologie.

Kwaïgon « On dirait que ça te réussi les filles de luxe. »
Tamina « Oui ! Très. Mais ce n'est pas moi qui ai fait aménagé, c'était déjà comme ça. »

Elle sourit en déposant nonchalamment son sac à main au sol près d'une console intégrée au mur de l'entrée.

Tamina « Par contre, je n'ai qu'une seule chambre, tu ne m'en veux pas si tu prends le canapé ? Il se déplie... »
Kwaïgon « Pas de souci, ne t'en fais pas pour moi. »

Le garçon laissa sa valise contre le canapé en cuir blanc et s'assit sur ce dernier, observant avec curiosité les poissons nagés dans leur table. Ils avaient un miroir pour fond, parsemé de pierres et de sable, dans lequel poussait des plantes basses. Le tout était assez apaisant.

Tamina « Martini blanc avec de la glace pilé et une pointe de citron ? »

Le brun se redressa et sourit à sa soeur adoptive.

Kwaïgon « Tu n'oublie rien. »

Elle lui sourit en retour et se retourne pour poursuivre ses préparatifs dans la cuisine. Pendant ce temps là, le jeune homme se relève et arpente les baies vitrées. A cet endroit là, au sommet de l'immeuble, il a l'impression d'être au sommet du monde. Ils étaient en haut du plus haut building des environs. Inatteignable, même pour un bon sniper. Tamina savait protéger ses arrières. L'emplacement était idéal.

Kwaïgon « Qui avait cet appartement avant ? »
Tamina « Un milliardaire américain. Il est parti vivre aux îles Caïman avec sa fortune, il s'y préférait. »
Kwaïgon « Je comprends... Il est parfait cet appartement... »
Tamina « Je sais ! Il m'a coûté au moins les deux bras ! »

Le coréen sourit et prend le verre que lui tend la jeune femme. Ils trinquent alors qu'elle se poste à ses côtés. Le regard sur les minuscules phares en bas, Kwaïgon reste pensif. Tant de choses l'attendent... Et il ne sait pas du tout part quoi commencer...

Kwaïgon « Comment tu connais Moïra ? »

La demoiselle sourit et lui jeta un regard. Kwaïgon tourna la tête aussi en sentant ses yeux se poser sur lui. Sa grande soeur adoptive avait bien changé !

Tamina « On était encore en Corée à ce moment là. Cela fait un sacré bail. Elle cherchait des armes à l'époque et elle était passé par moi. On avait bien sympathisé. »

Elle sourit de nouveau en buvant une gorgée de son Shochu, dont une légère vapeur s'échappait. Le garçon n'avait jamais très apprécier cet alcool de riz, contrairement à Tamina. Il replongea son regard dans l'obscurité de la ville basse, prenant lui aussi une gorgée de son martini. Après un silence et un soupir, il fit face à la jeune femme et plongea son regard dans le sien.

Kwaïgon « Bon, il va falloir qu'on parle... »
Tamina « Je crois oui... »

Tokyo, Appartement de Tamina - 6:00 am } Le coréen regardait les oeufs cuire dans leur poêle. Il avait passé la grande majorité de la nuit à discuter avec Tamina. Malgré son détachement du clan japonais, elle avait toujours gardé un oeil sur eux. Et, à la grande surprise de Kwaïgon, si elle était encore en vie, c'est bien et seulement parce qu'elle avait payée sa part, et non parce qu'elle se cachait bien. Elle était resté très évasive sur la façon dont elle s'y était prise, mais le coréen avait bien une petite idée là dessus. Il avait ressenti un profond malaise lors de son récit, et le trouble de la demoiselle. A son avis, elle n'avait pas payé qu'avec de l'argent sonnant et trébuchant, et surtout, elle ne l'avait pas fait de son plein gré. Cette découverte l'avait mit dans une rage noire, mais il s'était contenu, pour ne pas montrer sa colère à sa soeur. Il avait apprit à contrôler ses émotions et ce n'est pas maintenant qu'il allait craquer.

Pour sa part, sa seule façon de s'en sortir, c'était de trouver un compromis, ou de tuer tout le monde. Il n'était pas du genre grosse brute, et il préférait la diplomatie. Mais s'il devait se salir un peu les mains, il n'hésiterait pas une seconde. Après tout, c'était sa vie qui était en jeu et il n'était pas suicidaire. Il savait qu'il était en tord. Qu'il avait une dette de quelques millions de dollars et aussi quelques vies d'hommes de mains. Mais il n'avait pas cet argent et aucune envie de le donner. Mais il savait bien que s'il ne trouvait pas une solution rapidement, il ne cesserait jamais d'être traqué et ce danger pouvait s'étendre à ses proches. L'épisode du Caire en était un parfait exemple et c'est exactement ce qu'il voulait éviter.

Tamina « Salut petit frère ! »

La jeune femme vint posé un baiser sur sa joue. Elle était habillée, ses cheveux remontés en un chignon serré. Une jupe trapèze voletait autour de ses cuisses. Des bas rouge coloraient ses jambes fines et longues. Et un pull blanc complétait sa tenue. Kwaïgon sourit. Il ne l'avait jamais vu aussi féminine de toute sa vie.

Kwaïgon « Ça te va bien le Japon. »
Tamina « Merci ! »

Elle lui sourit en mettant rapidement la table. Malgré tout ce qu'ils avaient dit dans la nuit, il n'avait toujours pas de plan en tête. Il comptait y réfléchir dans la journée. Et faire un peu d'observation. Il éteignit le feu sous les oeufs et servit le tout dans les assiettes que la jeune femme avait posé. Il avait toujours aimé les petits déjeuners anglais. Il tourna le dos à la demoiselle pour reposer la poêle, et entendit ce petit bruit familier du téléphone qui vibre sur une surface plane. Et le silence de Tamina en dit long... Ce n'est que lorsque le coréen se retourna pour lui faire face qu'elle ouvrit la bouche.

Tamina « C'est Tanaka. »
Kwaïgon « Réponds. » - dit-il en haussant des épaules.

Tanaka. Exactement celui qu'il ne voulait pas voir. Isato Tanaka était le petit fils orphelin de Nobu Tanaka, chef incontesté de l'organisation mafieuse qui était après Kwaïgon. Malheureusement, Isato n'était pas aussi intelligent et fin que son grand-père. Et Kwaïgon préférait avoir affaire à dix Nobu plutôt qu'un demi Isato. Mais à son plus grand désarroi, il avait apprit que Tanaka senior avait disparu de la surface de la ville depuis maintenant plusieurs mois, et le clan était maintenant entre les mains du petit fils...

Tamina « Allô ? »

La jeune femme répondait en anglais, pour le simple plaisir de faire rager Isato, qui ne parlait pas bien la langue. Un sourire passa sur les lèvres du garçon à cette anecdote. Mais il déchanta rapidement quand il entendit Tamina adopté le japonais, et vit son visage perdre de ses couleurs. Elle ne dit pas grand chose, et quand elle raccrocha, une grande détresse se peignait dans son regard.

Tamina « Ils savent que tu es là. »
Kwaïgon « Ça je m'en doute ! Ils n'ont pas la main mise sur les trois quart de la ville pour rien ! Je n'espérais pas passer à travers leurs filets. Je voulais juste ne pas me faire abattre de suite. »

Elle hocha la tête et baissa les yeux sur son assiette, jouant avec ses doigts. C'était mauvais signe. Kwaï, toujours debout, les mains sur les hanches, attendait la suite.

Kwaïgon « Et ? »
Tamina « Isato veut te voir. Il te laisse jusqu'à ce soir minuit pour aller à sa rencontre et le rembourser. Sinon... »

Sa voix se brisa. Sinon quoi ? Ils allaient le tuer ? Le contraire serait étonnant.

Kwaïgon « Sinon ils me tuent ? Ça je m'en doute ! »
Tamina « Non... »
Kwaïgon « Alors quoi ? »

Il leva les bras au ciel, commençant à être exaspéré. S'ils ne voulaient pas sa mort qu'est-ce qu'ils voulaient ? Tanaka n'avait pas passé ce coup de fil pour rien. Et ses paroles n'avaient pas dû être tendres, sinon, Tamina n'aurait pas réagit de la sorte.

Tamina « Sinon c'est moi qu'ils tuent... »

Ses paroles tombèrent comme une lame, brisant intérieurement le garçon. La menacer pour qu'elle le livre... La démarche n'était pas si bête que cela...

Mais maintenant, il ne lui restait plus qu'une chose à faire, et c'était de plus en plus urgent...

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Lun 3 Déc - 23:00




Fifty percent of something
is better than a hundred percent of nothing.



Tokyo ; Quartier Kagurazaka - 7:00 am } Après l'appel d'Isato Tanaka, Tamina en était ressortie troublée. A vrai dire, elle ne s'attendait pas à devoir choisir entre son frère, qu'elle venait de retrouvé, et sa propre vie. Kwaïgon comptait prendre son temps, mais avec cet ultimatum posé par Tanaka, il n'avait pas vraiment le choix. Il devait trouvé un plan B rapide. A vrai dire, il avait déjà une petite idée de ce qu'il voulait faire. C'était aller voir le père d'Isato, Nobu Tanaka. La bonne nouvelle, c'est que Nobu pourrait sans doute faire quelque chose pour lui, et que d'ailleurs, il avait une dette envers lui. La mauvaise nouvelle, c'est que Nobu avait disparu quelques années auparavant sans dire à personne où il se trouvait, mis à part les dirigeants de son clan... Il était hors de question d'aller poser la question à Isato ou l'un de ses sous-fifres, c'était partir au suicide en quelques secondes. Il fallait qu'il trouve une autre personne à qui demander des informations... Et vite... Il n'avait qu'une douzaine d'heures...

Le quartier de Kagurazaka est l'un des quartiers de la ville que le coréen appréciait le plus. C'était un quartier résidentiel dans lequel régnait un calme et une sérénité communicative. Les ruelles étroites parcourant le quartier, entièrement pavés, donnaient une certaine majesté au lieu. À une époque plus reculé, il était le quartier de résidence des Geishas. Désormais, même si les traditions avaient un peu disparues, ce quartier résidentiel attirait surtout des artistes et des écrivains, ce qui ne changeait pas vraiment au final... Les maisons traditionnelles se mêlaient aux bâtissent plus modernes. L'avancée des temps modernes !

Le soleil se levait à peine quand le garçon traversa à rapides enjambées le petits pont de bois passant au dessus du ruisseau. L'eau encore sombre était bordée de cerisier sans fleurs ni feuilles, rendant le quartier un peu sombre. Des camionnettes livraient les restaurateurs du coin et la ville s'éveillait doucement. Le coréen savait exactement où il allait, il espérait seulement que ce qu'il cherchait était toujours là. Il avait laissé Tamina chez elle, et il regrettait un peu son geste. S'il lui arrivait quelque chose ? Il chassa cette idée de sa tête et s'engagea dans une petite ruelle qui grimpait en pente douce. Des fils à linge étaient tendus au dessus de sa tête et ça et là, de petites fenêtres laissaient passer un rayon de lumière. Le garçon se posta devant une petite porte en bois sombre et toqua quelques coups. Tout était silencieux à l'intérieur et il doutait de ce qu'il allait trouver. Quelques minutes plus tard, une jeune fille apparue dans l'embrasure de la porte. Elle leva ses grands yeux sombres vers le visage du garçon avant de rebaisser prestement la tête. Dans son dos, la voix d'une femme retentit.

Misako « Ayumi ! Tiens toi droite ! »

Kwaïgon sourit en voyant la jeune fille se redresser et ouvrit un peu plus la porte. Il n'y avait pas de doute, il était à la bonne adresse !

Tokyo ; Quartier Kagurazaka ; Misako's Okiya - 7:30 am }
Kwaïgon « Je ne savais pas que tu étais devenu Okâsan. »
Misako « J'ai 45 ans maintenant tu sais... »

Le coréen eu un sourire. Assit en tailleur sur un des coussins du salon de Misako, il attendit que sa jeune Maiko termine d'apporter le plateau de thé et de gâteau. La geisha donna quelques conseils à sa jeune pensionnaire qui s'éclipsa dans une dernière révérence.

Kwaïgon « C'est vrai. »

Misako servit le thé, mettant de côté les traditions devant Kwaïgon. Elle portait un kimono blanc et ses longs cheveux noir de jais étaient tirés en arrière en un chignon serré. Son visage fin avait prit quelques rides, mais elle gardait toujours une grace et une majesté sans équivalent aux yeux de Kwaïgon. Il avait toujours admiré ces femmes, à la pointe de la perfection, même si elles ne faisaient pas vraiment parti de sa culture.

Misako « Tiens, ton thé. »
Kwaïgon « Merci. »

Un instant de silence s'installa entre eux. À l'étage, les pensionnaires de la maison se préparaient et ils pouvaient entendre les rires et les disputes des jeunes filles.

Misako « Que me vaut ta visite ? Un peu matinale je dois bien l'avouer... »
Kwaïgon « Juste... Un service à te demander... »

Le coréen sourit et se dandina sur son coussin. Il connaissait Misako depuis quelques années, à l'époque où il était encore en bon terme avec Tokyo. Lorsqu'il venait au Japon, il lui était arrivé d'accompagner Nobu dans différentes maisons de thé. L'homme mandait la majorité du temps la geisha aux yeux ambré et ils s'étaient liés d'amitié.

Misako « Je t'écoute. »
Kwaïgon « Nobu Tanaka... Est-il toujours ton Dana ? »

Misako releva les yeux vers lui, manquant de s'étrangler avec sa gorgée de thé. Kwaïgon en regretta presque son geste, mais il avait besoin de savoir si elle était toujours en contact avec lui. Pour sa propre survie. La grande dame prit une profonde inspiration et retrouva de sa contenance habituelle. Elle posa sa tasse et fixa son regard dans le sien.

Misako « Pourquoi cette question ? »
Kwaïgon « Son fils veut ma peau. »

Il ne pouvait pas faire plus clair. Et il savait que s'il voulait qu'elle réponde à ses questions, il devait répondre aux siennes.

Misako « Je croyais que ce n'était que rumeurs... »
Kwaïgon « Non. Je suis bel et bien en fuite. »

Il eut un sourire jaune. Hors la loi pour des gens déjà hors la loi... Pouvait il faire mieux ?

Misako « Je vois... »
Kwaïgon « J'ai besoin de savoir où est Nobu... Lui seul peut encore m'aider... »
Misako « Je sais. »

Elle avait répondu sèchement et le garçon n'avait d'autres choix que de garder le silence. Le blanc se prolongea, jusqu'à ce qu'un faible toc retentit à la porte en bois et crépon opaque.

Misako « Entre. »

La silhouette se détachant en ombre chinoise se mut derrière la porte et fit glisser cette dernière. Assise au sol sur ses genoux, la jeune Ayumi baissa les yeux, laissant ses cheveux bruns tomber autour de son visage fin et angélique.

Ayumi « Miyu refuse de prendre le chemin de l'école Misako-san. »

L'ancienne Geisha soupira et leva les yeux au ciel. Elle s'excusa auprès du coréen et s'éclipsa, laissant cependant la porte du petit salon ouverte. Le jeune homme put voir quelques allées et venues, et des visages curieux. Une geisha en gronder d'autres, remontant son kimono sur sa poitrine pour ne pas que le coréen la voit. Elles étaient à la fois si naïves et si sûres d'elles... Fort contraste. Mais cette vision apaisa le coréen en fuite. Peu de temps après, Misako revint dans le salon et après avoir donné quelques ordres en un japonais rapide et sec, elle referma la porte et reprit sa place en face de Kwaïgon.

Misako « Pardonne moi... Miyu a un peu de mal à se faire à sa nouvelle vie. »
Kwaïgon « Je croyais pourtant que c'était un honneur d'être Geisha et que la formation est longue et difficile... »
Misako « C'est le cas. Mais cette petite n'a pas eu le choix. Sa mère est morte, battue par son père et c'est son oncle qui l'a récupéré in extremis. Sinon elle aurait finie comme sa génitrice. Il me l'a vendu à un bon prix, mais elle n'a que 6 ans et elle est un peu perdue. »
Kwaïgon « Je comprends... »

Il était persuadé que les geishas en devenir n'étaient plus achetés par leurs maisons. Mais il fallait croire que dans certains cas, cette tradition était encore vivace. Comme si elle avait lu le fond de ses pensées, Misako enchaîna.

Misako « Tu sais, dans les campagnes très reculées, la vie n'est pas toujours facile. Il n'y a toujours pas l'eau courante partout dans le monde, et même chez nous ! »
Kwaïgon « Je le sais. Je ne vous juge pas. »
Misako « Tant mieux, tu sais que je déteste cela. »
Kwaïgon « Tu as beaucoup de filles ? »
Misako « En ce moment j'ai trois Geishas et 5 Maikos. Sans compter les deux petites qui n'ont pas commencés leurs formations. »
Kwaïgon « C'est déjà pas mal ! »
Misako « Oui... Ce n'est pas facile à gérer tout ce monde et tu sais, que des filles dans une maison, ce n'est pas une vie paisible ! »
Kwaïgon « Je n'en doute pas un seul instant ! »

Ils rirent de bon coeur, laissant l'ambiance prendre un ton plus léger. Mais Misako baissa le regard et soupira, prenant un air plus grave.

Misako « Je regrette parfois le bon temps... Quand tu fréquentais encore les maisons de thé. On s'amusait tant... »

Le coréen hocha pensivement la tête. Lui aussi regrettait un peu. Mais il n'avait pas vraiment eu le choix. C'était fuir ou perdre la vie.

Misako « Je sais où est Nobu. Mais tu dois me promettre de ne jamais révéler la provenance de ta source. On me tuerait sans doute sinon... »

La gorge du garçon se serra.

Kwaïgon « Je te le promet. »

La japonaise planta son regard ambre dans le sien pour voir s'il ne mentait pas. Et il ne mentait pas. Quel intérêt aurait-il de dévoiler sa source ? De plus, il appréciait vraiment Misako et ce n'était pas dans ses intentions de la tromper.

Misako « Il se cache dans les montagnes. Au pied du mont Asahi, dans sa demeure de retraite. Je peux te donner l'adresse... »

Le coréen soupira et s'inclina devant son amie. Un soulagement immense l'envahit. Nobu était toujours vivant. Il pourrait peut être se sauver.

Kwaïgon « Merci. »

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Lun 3 Déc - 23:01




Long Long Way.
Dark Dark Day.



Tokyo ; Banlieue - 8:30 am } En quittant l'Okiya, Kwaïgon avait de suite téléphoné à Tamina. A son plus grand soulagement, la demoiselle était toujours vivante. Fébrile, mais vivante. Ils s'étaient donnés rendez-vous devant l'un des plus grand temple de la ville. Au cas où elle serait suivie, la foule qui régnait dans ce lieu empêcherait toute tentative et même mieux, réussirait peut-être à semer ceux qui étaient à leurs trousses. Mais quand Tamina était arrivée, elle était bel et bien seule. Pourtant, le coréen avait fouillé des yeux partout et il n'avait rien vu de suspect. Alors soit Isato n'avait réellement envoyé personne, soit ses hommes de main étaient vraiment très fort, soit Tamina lui cachait quelque chose. Mais cette fois encore, le garçon chassa cette idée de son crâne. C'était impossible, elle ne pouvait tout bonnement pas lui faire de mal. Tout comme l'inverse était vraie.

Il avait entraîné sa grande soeur dans les transport en commun pour terminer en banlieue de la ville. Là, il avait contacté un de ses anciens partenaires, quelqu'un de sûr, qui s'occuperait de lui ramener deux ou trois petites choses. Et c'est assit sur un muret de pierre, dans un bâtiment désaffecté, que les deux jeunes gens attendaient.

Tamina « Tu as eu ce que tu voulais ce matin ? »
Kwaïgon « En partie. »

Elle hocha la tête doucement, fixant le sol de ses yeux fardés de noirs. Elle avait enfilé une veste en cuir bleu marine et attaché ses cheveux en queue de cheval, sans qu'une seule mèche ne dépasse. Juchée sur ses talons hauts, elle était vraiment plus féminine que ce que Kwaïgon se souvenait.

Tamina « Je suis désolée de tout ce qui est arrivé. »

Elle fixa son regard sur l'horizon, sans oser regarder son frère.

Kwaïgon « C'est pas grave. »
Tamina « Si c'est grave ! Et en plus... »

Elle se mordit le lèvre, leva les yeux au ciel et serra sa veste de ses petites mains. Visiblement, quelque chose la tracassait.

Kwaïgon « En plus quoi ? »
Tamina « Je t'ai menti... »

Sa voix avait été à peine audible. Et une pointe perça le coeur du coréen en même temps qu'une vague d'inquiétude s'infiltrait dans son corps. Il voulu dire quelque chose mais les mots se bloquaient dans sa gorge, ne pouvant pas sortir. Il en avait presque la nausée. Heureusement, Tamina poursuivit sur sa lancée.

Tamina « Doha n'est pas mort lors d'une passe qui a mal tournée... Il... Enfin... »

Le coréen se détendit un peu. Au moins elle ne l'avait pas livrée. Il pinça le muret de ses doigts et fixa le sol. Ce retour en arrière n'était pas pour lui plaire mais apparemment, il devait s'y plier.

Tamina « Les affaires n'allaient pas bien. Et Doha détournait l'argent qu'on gagnait pour vivre... mieux. »
Kwaïgon « Tu veux dire l'argent qu'on devait aux Tanaka ? »
Tamina « Oui... Il ne leur rendait pas le fric qu'ils avançaient à chaque fois... Isato est venu le lui réclamer. »
Kwaïgon « Et c'est pour ça qu'il est mort ? Parce qu'il détournait du fric ?! »

Le ton de sa voix était toujours aussi neutre. D'apparence, il était d'un calme parfait. Un peu sarcastique même. Mais intérieurement, il bouillonnait de rage.

Tamina « Il ne pouvait pas rembourser, il vivait au dessus de ses moyens et... Je ne pouvais pas non plus... Isato l'a tué de sa propre main. Il a appuyé sur la détente et... »
Kwaïgon « Je ne veux pas savoir comment il est mort. »

Tamina acquiesça silencieusement. Même s'il ne la regardait pas en face, le coréen l'avait dans son champ de vision et il voyait ses yeux briller avec un peu plus d'intensité. Mais il n'avait aucune envie de la consoler. Il était en pleine réflexion. Il se rendait compte, après des mois de fuites, qu'il n'avait rien fait de mal. Ce n'était pas lui qui était en cause. Mais Doha. Il avait tout quitté pour fuir, il avait même plaqué sans ménagement sa fiancée pour... rien. Absolument rien. Le néant total. Il rit, nerveusement, en faisant quelques pas pour s'éloigner de Tamina. Et lorsqu'il lui refit face de nouveau, la demoiselle était complètement perdue.

Kwaïgon « Donc en fait, je n'ai rien à voir la dedans ? »

Elle hocha doucement de la tête.

Kwaïgon « J'ai cru pendant des mois que... je leur devais quelque chose, parce qu'on faisait le boulot tous les trois et qu'on avait foiré tout les trois mais en fait... Doha nous a simplement trahi ? »

Une pointe de colère se ressenti dans sa voix et Tamina resta immobile, à hocher doucement la tête, résignée. Le schéma se précisait dans l'esprit de Kwaïgon. Doha avait foiré, le clan s'était rabattu sur Tamina et lui pour payer. Mais... Pourquoi est-ce qu'elle n'avait pas eu à fuir elle ? Alors que lui avait tout de même traversé le monde pour échapper au clan japonais... Une ombre dans son tableau persistait. Il ne comprenait pas tout. Et de plus en plus, la suspicion et le doute se creusait une place dans son esprit...

Mais il n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps. Les moteurs vrombissant de deux voitures chanta à ses oreilles. Peu de temps après, une Nissan 350z noire mate, et une Corvette d'un blanc immaculée se garaient devant lui. Deux hommes descendirent pour venir saluer Kwaïgon. Dans son dos, Tamina avait remit son masque et s'approchait des voitures sans accorder aucune importance aux hommes.

Kwaïgon « Dan ! Quel plaisir ! »
Dan « Kwaï mon pote ! Ça fait un baille ! »
Kwaïgon « C'est sûr ! »
Dan « Ça fait plaiz' en tout cas ! »
Kwaïgon « Partagé ! »
Dan « Bon, je te laisse la noire, elle est nickel. Me l'abîme pas quand même elle est neuve... »
Kwaïgon « Tant fait pas. Tu sais que je suis prudent de toute façon ! »

Dan émit un rire moqueur en tendant les clés au coréen.

Dan « Toi prudent ? C'est la meilleure celle là ! Aller, faut que j'ouvre le garage moi ! Amusez-vous bien les mecs ! »
Kwaïgon « A bientôt Dan ! Je te la ramènerait au garage. »

Un accolade et la Corvette redémarrait. Rapide, efficace, sans bavure. Dès que la voiture eut filé, Tamina s'allongea sur le sol poussiéreux pour examiner le dessous du véhicule.

Kwaïgon « Y'a rien Tamina, c'est un petit malin qui fait du drift la nuit et qui tient un garage... »

La jeune femme ke foudroya du regard.

Tamina « Il a raison, tu n'es pas assez prudent. »

Le coréen leva brièvement les yeux au ciel et grimpa dans le véhicule sans dire un mot. Bien au contraire, il l'était de plus en plus...

Japon ; Campagne - 9:30 am } La Nissan roulait comme si elle était morte de faim. La moindre touche aux pédales lui faisait faire un bon de plusieurs kilomètres heures. La vitesse avait toujours procuré au garçon de merveilleuses sensations, et la conduite était l'un de ses sports favoris. Mais il n'y pensait pas vraiment. Il n'avait qu'une chose en tête, mettre les choses au clair et le plus vite possible. Lui qui pendait que la situation était simple...

Le paysage défilait sous leurs yeux, changeant. Après la ville, ils avaient traversé quelques villages et désormais, une campagne relative leur faisait face. Au loin, le front sombre des montagnes se détachait sur l'horizon, auréoler d'une masse nuageuse sombre. Le soleil ne serait pas au rendez-vous...

Mais qu'importe. Ils étaient sur le bon chemin. Si près du but. Le gps n'annonçait plus qu'une heure de route. Une heure après laquelle, il espérait être libéré...

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Mer 5 Déc - 11:04




The day of your Death ;
When you're reborn...



Mont Asahi - 10:30 am } La montagne s'élevait, noire. Les nuages cachaient son sommet, sans doute blanc de neige à cette époque. Sur la colline, la tour de guet sombre se détachait sur le fond vert. Rien de bon ne présageait dans cette image, mais le garçon n'allait pas faire demi tour maintenant. Il engagea la voiture sur la route et s’engouffra dans le tunnel devant lui. Les choses étaient en marche.

A la sortie du tunnel, ils avaient changés de monde. La neige recouvrait le sol et aucune trace ne venait la souillée. Tout autour d'eux était blanc. Tamina eu un mouvement de recul dans son siège mais Kwaï n'y prit pas garde. Il savait conduire sur la neige, même sans chaîne ni pneu adapté. Il ne ralenti par, prenant ses virages en léger dérapage. De toute façon, il savait qu'il était repéré. Le lampion rouge qui s'alluma au premier étage de la tour de guet le lui confirma. Son pied appuya sur l'accélérateur, faisant patiner un peu les roues. Tamina s'accrocha à son siège, lui coulant un regard plein de reproche.

Tamina « Kwaï' !? Tu veux ma mort ?! »

Il se contenta de sourire, hypocrite. Elle n'avait pas dit un mot de tout le trajet et lui non plus d'ailleurs. Quelle ironie. Eux qui étaient si proche au début. Il avait été ravi de la retrouver, mais depuis le début de la journée, elle était différente. Est-ce qu'il devait mettre ça sur le compte de la peur, de l'angoisse ? Ou une chose qui lui échappait encore ? Il ne savait plus quoi penser à son sujet tant elle avait changé en l'espace de si peu de temps. Il soupira et accéléra un peu plus en voyant que la couche de neige disparaissait. Seule une face de la montagne avait été exposée. Il suivait consciencieusement la route qui collait à la roche, pour pouvoir finir dans la vallée, et approcher la maison tant recherchée. Il savait qu'elle était là, il l'avait vu dans les fourrées. Sombre, teintée de rouge, telle une grande dame qui se cache pour hiberner. Au printemps, les cerisiers la recouvreraient de leurs fleurs rose, la rendant magnifique et pétillante. Nobu ne pouvait pas choisir mieux comme lieu de villégiature. Il était tranquille ici, retiré du monde...

Kwaïgon posa de nouveau les yeux sur la route au moment où le cri retentissait. La forme sombre de l'homme se découpait devant lui sur la route. Il pressa la pédale de frein, en crispant les mains sur le volant. La voiture dérapa. Il contrôla du mieux qu'il pu la trajectoire, sourd aux cris de sa soeur. Quelques secondes s'écoulèrent qui lui parurent être une éternité, et enfin, la Nissan s'immobilisa à quelques centimètre de l'homme, qui n'avait pas bougé d'un poil. Il tenait un fusil à pompe et les les visait, son visage recouvert d'une cagoule sombre. Mais à ses yeux gris pâle, le coréen su de suite qui il était...

Mont Asahi - 11:00 am } Tamina avait été emmenée dans une autre voiture. Il suivait gentiment la Subaru bleu électrique, en sentant sur sa tempe le contact miet avec le canon du fusil à pompe. L'homme n'avait pas parlé, un autre s'en était chargé. Mais ses iris gris ne trompaient pas le coréen. Après quelques minutes de silence, il avait soupiré, décrispé son corps qui était tendu comme un arc et jeté un regard furtif à l'homme cagoulé.

Kwaïgon « Aller Calum, je sais que c'est toi. »

Un silence. L'homme soupira et abaissa son arme.

Calum « Putain, je le savais. »
Kwaïgon « Ne sois pas vulgaire. »
Calum « Qui t'as dit pour ici ? »
Kwaïgon « Je le sais c'est tout. »

Un soupir de Calum. Il était le garde du corps fétiche de Nobu. Le coréen n'avait jamais comprit pourquoi. Il était sec, maniaque et colérique et surtout, américain. Ses cheveux blonds et ses yeux gris dénotait avec le style local. Malgré tout, il était le seul homme à peut près "libre" de la clique rapprochée de Nobu Tanaka. Et Kwaï l'aimait bien, même s'il n'avait jamais su si la réciproque était vraie ou non.

Calum « Bon, pas de conneries hein ? »
Kwaïgon « Je ne suis même pas armé. »
Calum « Toi et moi savons ce que tu vaux justement sans arme. Alors je répète : pas de conneries hein ? »
Kwaïgon « Pas de conneries, je veux juste parler avec Nobu. »
Calum « Ça je le sais. »

Un silence se fit alors qu'ils s'engageaient sur un pont suspendu entre terre et ciel. Au bout, entre les arbres, se dessinait la demeure de Nobu, calme, paisible et majestueuse. Telle que Kwaïgon se l'était imaginée, typique et moderne à la fois.

Calum « Gare toi sur la droite. »

Le coréen s'exécuta et coupa le contact. Terminus, tout le monde descend !

Nobu's House - 11:30 am } Tamina avait été emmené loin de lui. Mais il savait que personne ne lui ferait rien. Cela se lisait dans les yeux de Calum, c'était les ordres. Lui, il avait été enfermé dans un salon donnant sur une petite cours intérieure. L'endroit était paisible et serein. Dans la cours, un ruisseau artificiel se frayait un chemin entre les pierres pleines de mousse et les arbres sans feuille. Des aplats de cailloux ratissées donnaient une certaine clarté à l'ensemble. Les lignes : une harmonie. Une longue coursive ouverte entourait l'espace extérieur. Entre chaque pilier, des lapions de crépons étaient allumés, reflétant sur les murs de bois miel les kanjis qui y étaient dessinés.

La pièce où il était était un peu nue. Une table de bois noble se tenait en son centre, basse sur les tatamis blancs. Quatre coussins noirs l'entourait. Les panneaux coulissant en bois et papier opaque étaient ouvert sur l'extérieur, mais complètement clos à l'intérieur. Un air frais pouvait pénétré dans la pièce mais le chauffage au sol empêchait au garçon d'avoir froid. L'entrée se trouvait face à lui. Il s'était assit en tailleur face à celle-ci, le dos contre le mur du fond. Il releva la tête sur la seule décoration murale qui se trouvait au dessus de lui, un grand cercle rouge laqué, sur lequel reposait deux katana chrome et noir. Les gardes étaient recouvertes de lanière de cuir, les fourreaux cerclé de cette même matière. Une jolie pièce, sans doute de collection.

Il soupira en regardant l'eau couler avec silence. Il avait le sentiment qu'il allait passer pas mal de temps dans cette pièce. Mais au moins, il savait qu'il était en sécurité...

Nobu's House - 12:30 am } C'est lorsqu'il avait failli s'endormir que deux domestiques apportèrent le repas. Des paniers en bambous laissaient échapper de la vapeur, des cloches en fer gardaient le reste au chaud. Trois plateaux avaient été déposés, en plus d'une théière et de deux tasses. Le coréen les avait laissé faire. Les deux femmes n'avaient pas eu l'air de la voir et il ne les avait pas déranger. A quoi bon ? En plus, elles devaient sans doute parler un dialecte du coin qu'il ne connaissait pas. Il avait conservé sa place, invisible.

Mais quelques minutes plus tard, la porte coulissante s'était ouverte, pour laisser rentrer un Nobu rayonnant. Kwaïgon s'était de suite levé pour saluer l'homme, dans le respect des traditions de son pays. Ou du moins, de ce qu'il en avait retenu...

Nobu « Kwaïgon ! Mon ami ! »

L'homme souriait. Il s'avança et lui fit une courte accolade, avant d'ouvrir le bras vers la table.

Nobu « Accompagne moi pour le déjeuner. »

Ce n'était pas un ordre, mais jamais le coréen n'aurait refuser une telle offre. Sans attendre, ils prirent place l'un en face de l'autre et Nobu déclocha les plats pour commencer à se servir, dans un petit bol en terre cuite, à l'aide de ses baguettes, finement décorées.

Nobu « Prends ! Prends ! Le faisan est à tomber, j'en suis fan. Je le fais importé d'Europe et préparé par mon chef. C'est vraiment excellent. »

Comme pour montrer l'exemple, il englouti une part. Le coréen ne put que sourire et l'imiter. Il trouvait la situation étrange. C'était trop facile. Il y a quelques heures, il ne savait pas si Nobu était encore en vie et là, il déjeunait avec lui... Quelque chose clochait dans le tableau. Et son hésitation du se voir, car le sourire de Nobu disparu et il fixa le coréen.

Nobu « Qu'y a-t-il ? »

Le brun releva les yeux et émit un petit rire.

Kwaïgon « C'est trop simple ce n'est pas possible. »
Nobu « Comment ça ? »
Kwaïgon « Il y a quelques heures je vous pensais mort, comme le reste du monde. Et... » - il soupire.
Nobu « Je vois ce que tu veux dire. Mais ne pense pas cela. Tu as seulement d'excellents contacts, que tu as su conserver. Je sais qui t'as dit où me trouver. Qui d'autre ? Mais je dois t'avouer quelque chose... »

Il sourit, malicieux. Ce qui inquiéta un peu plus le garçon.

Nobu « J'ai un peu aider les choses. Je voulais que tu me retrouve. »
Kwaïgon « Comment ça ? »
Nobu « Je sais comment tu vas pouvoir t'en sortir. Et je vais t'y aider. Mais d'abord, déjeunons, je meurs de faim ! »

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Dim 9 Déc - 19:20




When I was just a little girl
I ask my mother, what will I be ?



/!\ Attention, ce résumé comporte des scènes non sous spoiler pouvant heurté la sensibilité des plus jeunes. Jeunes lecteurs, vous êtes avertis, les autres, aussi, mais bonne lecture ! =) /!\

Tokyo City Center, Sous-sols - 11:00 pm } Le canon du colt chromé luisait devant lui, sous la lumière du néon blafard. La main qui le tenait ne tremblait pas et pour la première fois de sa vie, Kwaïgon eut peur face à une arme à feu. Il planta le regard dans celui de son agresseur, pour tenter de le sonder. En vain.

Il faisait un froid glacial dans le sous-sol humide où il se trouvait. Le sang encore chaud d'Isato Tanaka avait formé une flaque un peu plus loin, et bientôt, elle l'atteindrait sans doute. Son Berretta, reposant dans sa main, était vide. Il n'avait aucune échappatoire. Seule la mort pour sauver son âme. Il prit une inspiration, soupira. Il détourna un bref instant les yeux, posant ses iris sombre sur le corps sans vie de Tanaka Junior. Qu'avait-il fait pour en arriver là ? À quel foutu moment de sa journée les choses avaient mal tournées ? Non... À quel moment de sa vie, les principes qui la régissait avaient basculés...

Le film de sa vie passa à toute vitesse devant ses yeux. Ce n'est pas souvent ce qui se passe quand on sent l'imminence de la mort ? Se remémorer les bons souvenirs, et puis les mauvais aussi. Sourire finalement, face à ce destin. L'accepter. Penser que l'on va enfin pouvoir rejoindre les « autres ». Ceux qui sont partis avant nous et qui nous manque tant. Si le jeune homme avait pensé mourir à cet âge et dans ce pays, il y aurait réfléchi à deux fois avant de venir. Il eut un rire nerveux. Les choses ne s'étaient vraiment pas déroulées comme il l'avait prévu. Vraiment pas. Il mit son visage dans ses mains, alors que le colt se secouait doucement d'impatience. Kwaïgon releva les yeux vers la personne qui le tenait, souriant désormais. Fou à lier ? Au fond de ses yeux, c'était bien de la démence qui y brillait...

Kwaïgon « Quoi encore ? »
Tamina « Tournes toi. »

Il rit. Plus jaune que de joie. Mais il ne savait pas quoi faire d'autre, et il n'avait aucune envie de pleurer.

Kwaïgon « Pourquoi ? Tu ne veux pas me tuer en face ? »

Il rit à gorge à déployée cette fois, levant les yeux vers le ciel, serein. La détonation claqua d'un coup sec, résonnant sur les parois du souterrain. Un courant d'air glacial finit de lui engourdir les os. C'était la mort qui passait, pour prendre un autre de ses tributs...

H-7 ; Nobu's House } Le déjeuner s'était divinement bien passé et Kwaïgon avait apprit moultes choses sur l'ex-mafieux. Première chose, désormais, il élevait des moutons. Drôle de reconversion mais le jeune coréen n'en avait pas fait la remarque. Nobu restait quand même l'un des hommes le plus dangereux du Japon. Et ayant aussi encore beaucoup de pouvoir. Deuxième chose bien plus importante, Nobu n'avait pas "prit sa retraite", il avait été poussé dehors par son fils. Ce dernier avait promis à son paternel de ne pas le tuer, à la condition qu'il passe le reste de ses jours hors de la vue de tous. Si la demeure de Nobu était si bien gardée, c'était surtout parce qu'il redoutait son fils, et non les étrangers comme lui. Et troisième chose, le vieil homme détestait Tamina au plus haut point et s'en méfiait comme de la peste. Pour lui, elle n'était pas nette. Là par contre, Kwaïgon avait défendu sa soeur. Il n'était pas du tout d'accord. Mais Nobu était un homme assez ouvert d'esprit, et il comprenait le point de vue de son hôte.

Mais après diverses explications, et preuves un peu troublantes concernant Tamina, mais que Kwaï' avait préféré ne pas entendre, ils en étaient venu aux "choses sérieuses". Nobu ne considérait pas que Kwaï avait une dette envers le clan. Même s'il faisait parti d'un trio, ce n'était pas à lui de payer les erreurs des autres. Mais Isato n'avait pas l'air de cet avis et il préférerait avoir Kwaï à son service et asservi, voir mort, qu'encore gambadant dans la campagne. Isato était donc un usurpateur, froid, tyrannique et sanguinaire, que Nobu avait prit grand soin de renier. Grand bien lui fasse. Mais avec tout ça, il y avait tout de même quelque chose qui le chagrinait. Malgré son côté pragmatique et très réaliste, c'était un citadin. Un citadin qui aimait le monde de la nuit. Un citadin qui déprimait dans sa campagne et qui avait des envies de suicides. Un citadin qui voulait rentrer chez lui.

Depuis tout jeune, il n'avait connu que la ville. Il était né à Tokyo, et malgré avoir fait un passage de quelques années à Kyoto, il ne connaissait que les centres ville. Passer ses journées dans ces froides montagnes le rendait fou. Et la seule solution qu'il avait trouver pour pouvoir rentrer chez lui, quitte à devoir reprendre la tête du clan -parce que ça, ça ne lui manquait pas- c'était tué son propre fils. Cette idée lui avait causé de grands soucis au début. Mais après deux tentatives de meurtre sur sa personne, loupé par son fils, il avait décidé qu'il n'était plus la chair de sa chair, et que ce démon devait mourir. Nobu avait demandé conseil à sa femme défunte -mère d'Isato- et à une poignée d'esprit familiaux et tous étaient à priori tombé d'accord. Quelle charmante famille !

Mais Nobu ne pouvait pas tué son fils lui-même et s'il envoyait un de ses hommes, ou s'il en commanditait un, ils étaient tous tués avant d'avoir franchi le seuil de son salon de campagne. Il ne pouvait même plus "jouer" tranquillement... Les mimiques de l'homme qui avait désormais passé les cinquante cinq ans avait beaucoup fait sourire Kwaï. A vrai dire, il ne l'avait pas tout à fait imaginer comme ça, même s'il avait toujours entendu beaucoup de bien sur lui. D'ailleurs, il se demandait comment un père et un fils pouvaient être aussi différent l'un de l'autre... Malgré tout, le coréen incarnait l'arme parfaite pour faire tomber Isato. Entraîné au combat, sachant tiré et insoupçonnable pour Isato. Il était parfait. Il pourrait s'en approcher sans craindre de se faire descendre à la seconde. Il aurait au moins une minute devant lui !

Kwaïgon avait accepté le deal. Surtout que s'il restait vivant malgré ça, il gagnait sa totale liberté, même s'il l'avait déjà. Une perspective qui enchantait le jeune coréen. Ainsi, il était dans la salle d'arme de Nobu, en compagnie de Calum et du maître de maison, à observer les diverses armes à disposition.

Calum « Tu veux un Berretta alors ? On en a des tout noir, mat, ça ne se voit pas trop dans un coin sombre... »
Kwaïgon « Je n'aime pas trop les flingues quand même... »
Nobu « Oui mais c'est bien pratique quand même... »

Il n'avait pas tord l'ancien. Le coréen prit ledit pistolet que lui tendait l'américain et l'observa. Il soupesa la bête et regarda le chargeur ; il était plein.

Kwaïgon « C'est vrai qu'il n'est pas trop lourd... »
Calum « Il fait à peine plus d'un kilo cinq chargé à fond. C'est raisonnable ! »
Nobu « C'est pas comme le DE qui fait presque deux kilos et demi ! »

Là encore, il n'avait pas tord. Le Desert Eagle était un monstre dans tout les sens du terme. Le coréen hocha la tête et posa l'arme sur une petite table vide.

Kwaïgon « Ok. Ensuite ? »
Calum « Arme blanche. J'ai plus que des grandes lames ou des petites... Et une grande tu te feras grillé. »

Sans compter qu'il ne savait pas s'en servir...

Calum « Tiens. »

L'américain lui tendit un poignard court. La lame était blanche alors que la garde en une matière carbonée grise foncée. Il était étrangement léger.

Kwaïgon « Il est bizarre... Il est en quoi ? »
Calum « Lame en céramique et manche en carbone. Impossible de prendre du métal, ils ont un portique. Ça au moins, ça ne sonne pas quand tu le garde sur toi. »

A moins de bien le cacher quand même... Mais vu le profil de l'arme, il était facile de la plaquer sur le côté d'une chaussure.

Kwaïgon « Ok. Mais c'est tout. »

Les deux hommes hochèrent la tête. Maintenant, il n'avait plus qu'à...

H-2 ; Tamina's House } Contre son gré, le jeune homme venait de passer un temps infini à convaincre Tamina de son entreprise. Mais la jeune femme était paniquée et dans une rage folle de ne pas pouvoir être aller avec lui voir Nobu. Elle faisait les cent pas dans son appartement, devant les baies vitrées. Dehors, le soleil se couchait et la ville commençait à s'illuminer. Un beau spectacle et le garçon comprenait maintenant pourquoi Nobu aimait ça. Le coréen soupira une énième fois en entendant sa soeur lui reprocher de vouloir sa mort en allant se jeter dans la gueule du loup. Mais il n'avait plus le choix...

Kwaïgon « Est-ce que tu crois que j'avais le choix ? »
Tamina « Oui ! Bien sûr que oui tu avait le choix ! »
Kwaïgon « Et lequel ? »
Tamina « Tu aurais pu exigé qu'il t'aide un peu mieux que ça ! Te donner un vulgaire flingue et une lame ! Il se croit où ? »

Et elle repartie dans une litanie sans fin. Le coréen, assit sur le canapé, mit la tête dans ses mains, les coudes sur les genoux, et plongea son regard dans la table basse aquarium. Les carpes Koï nageait paisiblement dans leur bocal, remontant à la surface de temps à autre pour prendre un peu d'air. Elles étaient si paisibles... Son téléphone émit un bip. Il était temps de partir. Il se leva, d'un bond décidé et prit les bras de sa soeur pour l'immobiliser.

Kwaïgon « J'y vais Tamina. Ça suffit maintenant. »

Elle avait seulement hoché la tête sans dire un mot de plus. Le coréen avait tourné les talons et était parti. Quand il avait fait volte face dans l'ascenseur, la demoiselle lui tournait le dos, et regardait en bas des baies vitrées. C'est au moment où les portes de l'ascenseur se sont refermées, que le jeune homme eut un mauvais pressentiment...

H-1 ; Isato's QG } Aller jusqu'à Isato Tanaka avait été la chose la plus simple qu'il eut à faire au monde. Comme par enchantement, il avait été traîné dans un bar et deux hommes de main -des armoires à glace sans la glace- l'avait emmené au sous-sol. Comme il l'avait prévu, on lui avait enlevé le Berretta, puis rendu sans chargeur. Par contre, il avait gardé sa lame et avait poursuivit son chemin. Après une succession de salles diverses et colorées, ils avaient traversés un bureau, puis un entrepôt et enfin, ils se retrouvaient dans une salle humide et sombre. Et à en jugé par la couleur du sol, elle avait déjà connu quelques cadavres.

Un frisson parcouru le corps du coréen à cette vision mais quand il releva les yeux, il rencontra le regard vicieux d'Isato. Le japonais avait des cheveux long et noir de jais. Une chemise s'ouvrait sur un torse nu et sans aucun poil, à la peau idéalement hâlée. Il tenait bien en main une arme et dans l'autre, un katana. Charmant accueil...

Isato « Bonsoir esclave. »

Ça commençait bien... Et un peu brutalement. Le jeune homme n'avait rien vu passé et venir. Il avait passer tellement de temps à faire une préparation express et à calmer Tamina que tout lui semblait maintenant iréel et trop rapide.

Isato « Je suis content de t'avoir devant moi. »

Il souriait. Ce type était un malade mental et Kwaï' comprenait mieux pourquoi Nobu n'en voulait plus...

Isato « Figure toi que j'ai fais les comptes. Et avec les intérêt, tu me dois un million trois cent mille dollars. Comment comptes tu mes les rendre ? »

Il ne perdait pas de temps le garçon.

Kwaïgon « Je n'y compte pas. »
Isato « C'est fâcheux. J'avais pourtant dis, pas d'argent, plus de soeur ! »

Un sourire sadique se dessina maintenant sur ses lèvres. Le coréen en était désormais sûr, ce mec était un psychopathe. Il tendit la main dans l'ombre derrière lui et la gorge de Kwaï se serra quand il vit sa soeur apparaître dans le filait de lumière qui entourait Isato. Mais la colère se mua en désespoir quand la soeur en question se mit à sourire...

Isato « Ah mais j'avais oublié ! Je l'ai déjà... »

Il partit dans un rire démoniaque et un frisson parcouru le corps du coréen. Nobu avait raison, Tamina n'était pas nette... Sauf qu'il s'en rendait compte au plus mauvais moment de la journée. Les deux armoires à glace avaient disparues. Et après avoir ressenti de la colère et de la peur, c'était maintenant une rage sourde qui s'emparait de lui. Il avait été trahie, et la pire manière qui soit. Il vit Tamina chuchoter quelque chose à l'oreille du garçon, serrant son bras comme une danseuse s'accrochant à sa barre de pole dance.

Isato « Oh mais ! J'apprends là que tu as un couteau de cuisine dans ta chaussure ? Haha ! Mais tu veux faire quoi ? Des sushis ? »

Il rit de sa propre blague, alors que le coréen restait concentré, le regard fixe. Il évitait soigneusement celui de Tamina. De toute façon, il était aussi dément que celui d'Isato, alors autant s'en passer.

Isato « Montres-moi. Que je vois à quel point mon père est naïf. »

A contre coeur, il enleva sa chaussure pour y ôter le couteau qu'il jeta devant lui. Une nouvelle crise de rire s'empara de l'homme et il commença à faire les cent pas, sans accorder un regard à Kwaï. Tamina s'assit sur une table contre le mur et n'avait d'yeux que pour le japonais. Une chance pour le coréen. Il avait une balle dans sa poche. Une seule et unique... S'il arrivait à la chambrée, il aurait une seule et unique chance d'abattre le japonais...

Tout se passa si vite qu'il fut très étonner de ce qui se passait. Il ne se savait pas capable d'une telle vitesse et les choses lui avait paru si simple. Abattre Isato s'était fait sans heurt, sans difficulté, sans bataille. Rien. Il avait chambré la balle, armé et dans le même temps, parce que le japonais tournait la tête vers lui, attiré par le bruit, il avait visé et tiré. En trente seconde, avec un sang froid qu'il ne se connaissait pas. Comment avait-il fait ? Il ne saurait même pas le dire lui-même. Il restait interdit, éberlué par ce geste. Mais il reprit vite ses esprit en voyant le colt chromé de Tamina pointé vers lui.

Tamina « Qu'est-ce que tu as fait ! »

Elle criait, paniquée presque.

Kwaïgon « J'ai sauvé ma peau. »

Il n'y avait plus de "nous", plus de "eux". Il était seul. Sa soeur l'avait trahi, elle était devenu folle. Il se sentait abandonné et étrangement vide. La folie qui le guette ? Dans ces moments, c'était sans doute le cas. Il se retrouva renvoyer des années en arrière lorsque sa maison brûlait, avec son père à l'intérieur. Les flammes dévoraient la baraque en bois, avec le cadavre de son père dedans... La même tristesse s'était emparé de lui alors.

Tamina « Je l'aimais ! »

Il releva les yeux. C'était un mauvais rêve, ça ne pouvait pas être autre chose. Il allait se réveiller, le cauchemar allait passer. Il rit, persuadé d'être au beau milieu d'un rêve de mauvais goût.

Tamina « Tu es fou ! »

C'était elle la folle. Il tenta de sonder son regard, mais en vain. Il n'y avait rien à l'intérieur qui pouvait lui dire quoi que se soit. Ni folie, ni tristesse, ni rage, ni colère... Sa voix était haineuse mais pas son regard. Il mit sa tête dans ses mains, étouffant un rire nerveux, avant de relever le regard, un sourire sur le visage. Ça ne pouvait être qu'un rêve.

Kwaïgon « Quoi encore ? »
Tamina « Tournes toi. »

De la froide détermination. Elle voulait le tuer, il n'y avait aucun doute. Mais qu'est-ce qui faisait qu'elle ne voulait pas le voir mourir en face ? Une once de culpabilité ? Il rit. Plus jaune que de joie. Mais il ne savait pas quoi faire d'autre, et il n'avait aucune envie de pleurer.

Kwaïgon « Pourquoi ? Tu ne veux pas me tuer en face ? »

Il rit à gorge à déployée cette fois, levant les yeux vers le ciel, serein. La détonation claqua d'un coup sec, résonnant sur les parois du souterrain. Un courant d'air glacial finit de lui engourdir les os. Quand il baissa les yeux, le corps sans vie de Tamina était au sol. Son rire passa et une larme roula sur sa joue. Ce serait la seule et l'unique. Dans son dos, une voix familière retentit, apaisante et calme.

Nobu « Tu es libre. »

[193 Lignes]

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